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✍️ Affirmer ses engagements de marque sur les réseaux sociaux, avec Emmanuelle Gardan

Notes de l’épisode 26 du pOD : pour ce vingt-sixième épisode, nous échangeons ensemble sur la question des marques engagées sur les réseaux sociaux. Retrouvez ci-dessous les principaux éléments abordés durant cet épisode (pour rappel, ce sont des notes 😉), ainsi que différents liens et ressources utiles pour approfondir votre réflexion.

Vignette de l'épisode 26 du pOD, le podcast qui décortique les problématiques des médias sociaux avec une dose de stratégie, proposé par l’agence Ouest Digital


Ecouter l’épisode

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Avant-propos

Pourquoi est-ce qu’on aborde ce sujet ?

Nous avons choisi ce sujet, car les marques engagées sont de plus en plus nombreuses. Et faire savoir qu’on est une marque engagée, ça passe aussi par la communication et donc les réseaux sociaux. Il faut savoir expliquer son engagement, le diffuser et le partager avec sa communauté. 

Quelle stratégie adopter et comment se démarquer des autres ? On vous explique tout ça avec notre invitée du jour.

Pour cet épisode, nous avons invité Emmanuelle Gardan qui gère notamment la communication de « J’aime mes dents », une marque qui propose des produits d’hygiène zéro déchet et produits en France et en Europe. Emmanuelle est freelance au nom de « Bonjour Midnight ». Elle accompagne les entreprises engagées dans le développement de leur présence sur les réseaux sociaux. Elle est également la fondatrice de l’association Babes Voices. Avec son expérience sur le sujet, nous avons forcément pensé à elle pour cet épisode 🙂

Les intervenants sur cet épisode de podcast sont donc :

  • Gwen, chef de projet social media Ouest Digital
  • Bryan, co-fondateur Ouest Digital
  • Emmanuelle, invitée

Axe 1 – Les marques engagées : les fondamentaux

Une marque engagée c’est une marque qui défend une cause. Autrement dit, c’est une marque qui a été créée avec une raison d’être liée à une volonté de changer un dysfonctionnement social, sociétal, écologique, etc. 

« Pour J’aime mes dents, leur raison d’être était de répondre à une problématique : diminuer le plastique dans les salles de bain. » – Emmanuelle 

Ne pas confondre :

  • les engagements de marque, par exemple une marque qui défend une cause. On parle donc de marque engagée. C’est ce dont il est question dans cet épisode.
  • les engagements à la marque, par exemple une marque qui génère de l’engagement, des interactions, sur les réseaux sociaux (likes, commentaires, partages).

« Une marque se comporte finalement comme une personne. Elle va avoir des causes qui lui tiennent à cœur et va les défendre. » – Bryan 

Finalement, c’est comme si la marque était une personne : il y a des sujets, des thèmes auxquels elle est sensible, pour lesquels elle souhaite s’engager et va vouloir le faire savoir pour faire bouger les choses.

« La ligne éditoriale d’une marque engagée doit aller dans le sens de ses engagements. » – Emmanuelle  

Une marque engagée dans sa communication va défendre un point de vue et le maintenir dans sa ligne éditoriale. 

« Surtout avec la crise sanitaire, à produit équivalent, les consommateurs préfèrent mettre un peu plus cher et avoir un produit de marque engagée et/ou locale. » – Bryan 

En effet, « 78% des Français, qu’ils soient salariés, consommateurs ou clients, attendent désormais que les entreprises contribuent au bien-être collectif et développent des pratiques plus sociales et environnementales, et qu’elles ne se contentent plus de maximiser leurs performances économiques » – étude Opinion Way (source : Le Figaro).

« Je pense qu’une marque engagée dans sa communication ne l’est pas forcément pour de vrai. C’est ce qu’on appelle le Greenwashing ! » – Emmanuelle 

Attention toutefois aux marques qui veulent suivre la tendance de l’engagement et des valeurs, sans l’être vraiment dans leurs actes. Nombreuses sont les marques qui défendent des causes sur les réseaux sociaux que leurs actes ne confirment pas.

💡  Exemple : prendre la parole sur les réseaux sociaux le 8 mars pour défendre les droits des femmes, mais ne pas pratiquer une égalité salariale.

La solution ? Se renseigner sur les marques avant de consommer. Car heureusement, elles ne sont pas toutes comme ça ! 😉 

« Il faut se renseigner et se concentrer sur les petites marques françaises qui valorisent leur engagement au quotidien ! » – Emmanuelle 

Axe 2 – Communiquer son engagement sur les réseaux sociaux

« Quand on est une marque engagée, au-delà de vendre des produits durables, on va aussi essayer de changer la façon de consommer des consommateurs. Il va falloir les éduquer. Et c’est hyper complexe à faire ! » – Emmanuelle 

4 étapes clés pour faire connaître ses engagements sur les réseaux sociaux

1️⃣ Définir ses objectifs et ses cibles

Comme pour tout projet, on va commencer par créer sa stratégie. Il faut bien identifier la raison d’être de l’entreprise et se le rappeler régulièrement pour ne pas s’en écarter. De plus, il est important d’avoir en tête les personnes à qui l’on s’adresse et de connaître leurs attentes et leurs freins.

2️⃣ Mettre en place des axes de contenus et des pratiques alignées sur ses engagements

Le cœur de la stratégie d’une marque engagée, c’est sa raison d’être : “pourquoi cette marque existe ?”. 

On va donc réfléchir à créer des contenus qui l’expliquent et la valorisent. Et au-delà des contenus, il est nécessaire d’adopter des pratiques en accord avec les causes que l’on défend.

💡 Exemple : Quand la raison d’être de son entreprise c’est réduire l’empreinte carbone, on ne va pas polluer ses abonnés de communication numérique. La question de la qualité des contenus avant la quantité va autant primer que les messages délivrés.

3️⃣ Choisir des influenceurs ou des marques partenaires engagés

Dans une stratégie de communication, pour amplifier la diffusion de son message, on peut faire appel à des influenceurs et à des marques partenaires avec qui organiser des concours par exemple. 

Comme pour le choix des contenus, on va choisir des influenceurs engagés et en accord avec les valeurs de la marque. De même pour les marques partenaires.

Pour aller plus loin sur le sujet relations influenceurs, nous vous recommandons d’écouter : « Développer des relations influenceurs pour promouvoir sa marque« 

4️⃣ Avoir conscience du marché et de son évolution 

Il est important d’avoir conscience qu’on ne va pas s’adresser à tout le monde quand on est une marque engagée. Tout le monde ne consomme pas de façon durable et il est difficile de convertir tout le monde. 

Exemples d’engagements de marque valorisés sur les réseaux sociaux

Voici quelques idées de formats pour valoriser son engagement sur les réseaux sociaux : 

Le saviez-vous – Valoriser des infos ou des chiffres pour faire prendre conscience de l’impact de nos choix. Un bon moyen d’éduquer sa cible (au sens noble du terme) et de la faire avancer dans sa réflexion.

Valo partenaire – Valoriser les partenaires revendeurs des produits. Un bon moyen de ne pas oublier l’humain et l’impact réel des choix de la marque.

Exemple de publication d'une marque engagée sur les réseaux sociaux ("J'aime mes dents") - format "partenaires"

Concours – Faire plaisir à sa communauté tout en valorisant une marque que l’on apprécie ou un partenaire. 

Exemple de publication d'une marque engagée sur les réseaux sociaux ("J'aime mes dents") - format "concours"

Valo équipe – Valoriser l’humain, les personnes qui font vivre la marque. C’est un très bon moyen de faire connaître celles et ceux qui défendent les causes de la marque.

Exemple de publication d'une marque engagée sur les réseaux sociaux ("J'aime mes dents") - format "valo équipe"

Valo client – Valoriser l’humain d’une autre façon en partageant les retours clients. Cela présente 2 avantages : 

  1. montrer celles et ceux qui vont évoluer leurs pratiques et leurs comportements.
  2. rassurer sur la qualité des produits

Exemple de publication d'une marque engagée sur les réseaux sociaux ("J'aime mes dents") - format "valo client"

Conseil – Partager des conseils à mettre en place dans son quotidien pour être plus engagé. Le plus : partager des conseils qui ne parlent pas de votre produit mais auront un écho pour vos cibles.

Exemple de publication d'une marque engagée sur les réseaux sociaux ("J'aime mes dents") - format "conseil"

Axe 3 – Conseils et astuces

Nos conseils pour partager les engagements de sa marque sur les réseaux sociaux :

Valoriser l’humain : on se répète un peu mais l’humain fait la force. On peut le valoriser en partageant d’autres marques engagées, des partenaires, l’équipe, les clients… 

Utiliser les marronniers de façon détournée pour faire passer un message important pour la marque.

💡  Exemple

Exemple de publication d'une marque engagée sur les réseaux sociaux ("J'aime mes dents") - format "marronnier"

Pour aller plus loin sur le sujet des marronniers, nous vous recommandons d’écouter : « Communiquer à l’occasion de temps forts ou de marronniers sur les réseaux sociaux« 

Choisir des marques et des partenaires qui vous ressemblent : que ce soit pour organiser des concours ou juste pour le plaisir de les valoriser, sélectionnez des marques qui vous ressemblent sera plus cohérent.

À l’inverse, voici les erreurs à ne pas commettre :

Oublier l’humain : évidemment, on l’a tellement répété dans les bonnes pratiques qu’à l’inverse l’oublier serait une erreur. 

Sous-estimer la modération : en effet, les sujets engagés sont parfois clivants. Ils peuvent ainsi provoquer plus de réactions (positive ou négative). Il ne faut donc pas négliger ce côté et avoir conscience qu’il faudra prendre le temps de répondre et d’expliquer aux personnes laissant des commentaires négatifs.

Pour conclure ce sujet

Les maîtres mots pour partager les engagements de sa marque sur les réseaux sociaux : 

  • Résilience : c’est le fait de s’adapter perpétuellement et en toute circonstance. Selon Emmanuelle, ce mot vaut autant pour les marques engagées que pour les CM et SMM qui subissent les changements rapides des réseaux sociaux. 
  • Pédagogie : se mettre à la place du client final, qui n’y connaît peut-être rien, et lui expliquer. Garder ainsi à l’esprit que ce que vous savez (importance d’une cause), d’autres ne le savent peut-être pas.
  • Humain (arrivé à la conclusion, ça ne vous étonne plus 😉) : c’est important de faire savoir qu’il y a des humains derrière une marque et de les mettre en avant. 

Transcription de l’épisode

[Gwen] Bonjour et bienvenue sur LePod, le podcast qui décortique les problématiques des métiers sociaux avec une dose de stratégie proposée par l’agence Ouest Digital. Pendant une demi-heure, parfois plus, nous échangeons ensemble sur les métiers liés à la communication digitale. Savoir-faire, conseils, bonnes ou même mauvaises pratiques du métier, on se dit tout.

Et on partage nos approches, nos trucs et astuces pour être le plus efficace au quotidien. Dans l’épisode d’aujourd’hui, je suis accompagnée de Bryan et de Emmanuel, notre invité. Et nous allons vous parler de marques engagées sur les réseaux sociaux, quelles stratégies adopter et comment se démarquer.

Un dernier mot, si ce podcast vous plaît, pensez à vous abonner sur votre plateforme d’écoute préférée pour être sûr de ne rater aucun épisode. Allez, je vous laisse, c’est parti ! Bonjour et bienvenue dans ce 26e épisode du Pod.

Alors aujourd’hui, nous allons parler des marques engagées sur les réseaux sociaux. Et pour aborder ce sujet, je suis avec Bryan. Bonjour Bryan.

[Bryan] Bonjour Gwen.

[Gwen] Mais également avec notre invité du jour, Emmanuel ou Emma, qui est directement concernée par ce sujet puisqu’elle gère la communication d’une marque qui s’appelle J’aime mes dents. Alors Emmanuel, est-ce que tu pourrais nous en dire un petit peu plus sur toi et sur ce que tu fais ?

[Emmanuelle] Avec plaisir, bonjour à tout le monde. Donc du coup, je m’appelle Emmanuel Gardin, je suis à mon compte en tant que Social Media Manager et Community Manager à Angers. Je travaille avec diverses entreprises, majoritairement dans une sensibilité écologique ou culturelle.

Et aujourd’hui, j’ai envie de vous parler d’une entreprise que j’accompagne depuis deux ans et demi maintenant déjà, qui est aussi, elle, basée à Angers et qui s’appelle J’aime mes dents. Donc vous allez rapidement comprendre ce que c’est comme entreprise puisque c’est une entreprise qui est née en 2017 en créant des abonnements de brosses à dents en bambou pour éviter le plastique dans les salles de bain. Et moi, je les ai rejoints en 2019 quand ils ont lancé la Maline, qui est une brosse à dents au bois français, à la tête interchangeable en plastique, mais fabriquée en Italie et qui maintenant propose des accessoires éco-responsables, zéro déchet, majoritairement fabriqués en France et 100% européens.

[Gwen] Super, merci pour ta petite présentation. Alors juste deux mots pour savoir pourquoi est-ce qu’on a choisi d’aborder ce sujet avec toi aujourd’hui. Donc on avait envie d’aborder ce sujet parce que les marques engagées, c’est vrai qu’elles sont de plus en plus nombreuses, et c’est tant mieux, j’ai envie de dire.

Et faire savoir qu’on est une marque engagée, ça passe aussi par la communication. Donc il faut savoir expliquer son ou ses engagements, le diffuser et le partager avec sa communauté. Mais du coup, ça peut ne pas toujours être évident de savoir quelle stratégie adopter, comment se démarquer face à toutes les autres marques qui mettent en avant un engagement quelconque.

Donc aujourd’hui, on voulait expliquer tout ça à nos auditeurs avec toi dans l’épisode du jour. C’est parti ?

[Emmanuelle] Oui, c’est parti.

[Gwen] Alors, dans l’introduction, je parlais de marques engagées, et ce n’était pas clair pour tout le monde, ce que c’est qu’un engagement ou une marque engagée. Est-ce que tu pourrais préciser un petit peu ce sujet ? Ce que c’est pour toi une marque engagée ?

[Emmanuelle] Avec plaisir. Pour moi, je pense qu’une marque engagée, c’est une marque qui défend une cause. Je pense que c’est une marque qui a été créée déjà avec une raison d’être qui était en rapport avec une volonté de changer, on va dire, un dysfonctionnement social, écologique.

Et du coup, c’est potentiellement la création de produits ou de services qui veulent répondre à une problématique qui était pour Jean-Médand, trop de plastique dans la salle de bain, et du coup, une surconsommation de plastique. Du coup, une marque engagée dans sa communication aussi, c’est une marque qui va défendre un point de vue, le maintenir dans sa ligne éditoriale, et comme tu le disais un petit peu, utiliser les réseaux sociaux pour les utiliser comme un levier de prise de parole et de mise en avant de l’engagement quel qu’il soit. Est-ce que ça vous parle ?

[Bryan] Oui, en fait, moi ce que je trouve intéressant, c’est que finalement, c’est un peu comme si la marque se comporte comme une personne. On a tous et toutes individuellement des choses qui nous tiennent à cœur, des sujets, des thèmes auxquels on est très sensible, parfois même dans lesquels on s’engage, et on aime bien aussi le faire savoir pour faire bouger les choses. Finalement, la marque, c’est un peu la même chose.

Elle va se comporter totalement comme une personne. C’est un peu ça, finalement, si je résume, Emma.

[Emmanuelle] Moi, je trouve que c’est une bonne image. Je pense que c’est s’identifier à répondre à quelque chose. Ça marche avec le fait de personnaliser un petit peu la chose.

Moi, je suis d’accord.

[Gwen] Moi, je me demandais, quand je préparais ce sujet, j’ai pensé à quelque chose et je me suis dit, est-ce qu’une marque qui est engagée, est-ce qu’elle l’est forcément dans sa communication ? Moi, je pense que oui, forcément.

[Emmanuelle] Je pense qu’après, il y a toujours des dérapages. Je pense qu’il y a des marques qui se disent engagées et qui ne le sont pas toujours. Mais bon, ça, c’est un autre sujet.

Je pense que si la marque est engagée, si l’entreprise est engagée, il faut aller jusqu’au bout des choses. Même l’entreprise, en elle-même, doit être engagée sur sa façon de consommer, sur son bureau, sur son électricité, sur la façon dont elle accompagne ses salariés. Du coup, la communication, elle rentre clairement dans un axe où on utilise l’engagement et la…

Mince, je ne vais pas y arriver. La ligne éditoriale doit aller dans ce sens-là aussi.

[Bryan] Oui, surtout, ce que je trouve intéressant aussi dans tout ça, c’est qu’en fait, j’ai la sensation qu’avec la crise sanitaire qu’on vient de passer, les consommateurs, les internautes, on est comme on veut, sont de plus en plus sensibles aussi aux marques qui vont avoir des engagements. Alors, il y a différents types d’engagements, il y a différents niveaux. Mais en tout cas, j’ai quand même la sensation aujourd’hui qu’il y a une attente très forte de la part des Français aussi d’avoir des marques, des entreprises qui soient responsables.

Ça, c’est déjà le cas depuis plusieurs années. Enfin, en tout cas, de plus en plus. Mais respectueuses, qui portent certaines valeurs.

Enfin, on voit les thèmes autour de la mixité du Made in France, tout ça, c’est quand même des choses dont on parle de plus en plus. Mais aujourd’hui, ça devient aussi un axe de différenciation pour certaines marques et aussi un argument pour beaucoup de consommateurs de dire franchement, moi, un produit équivalent, je préfère mettre un peu plus et acheter des produits de cette marque-là parce qu’elle correspond aussi à ce qui résonne en moi. Donc, je pense que la crise a dû accélérer quand même beaucoup de choses.

[Emmanuelle] Moi, je pense qu’il y avait déjà quelque chose qui était en train de se passer. Déjà avec toutes les… Enfin, là, je pense, d’un point de vue écologie, même avec MeToo, il y a eu beaucoup de choses qui ont changé.

Moi, depuis que je suis arrivée en France en 2016, j’ai l’impression qu’il y a une prise de conscience sur notre consommation, notre fonction, notre façon de se comporter. Et oui, effectivement, les marques doivent aller dans ce sens-là. Déjà, elles le doivent parce que c’est pour réussir à proposer des produits et des services qui sont les plus en axe avec la façon de consommer des Français puisque le monde entier n’est pas totalement concerné par tout ça.

J’ai pu voyager dernièrement un petit peu et on n’est pas au même niveau de développement du VRAC, par exemple, ou de la conscience du fabriqué local ou de la consommation locale. Moi, c’est quelque chose, en habitant en Irlande, que je connaissais très peu. Et en arrivant à Angers, j’ai eu l’impression que c’était hyper intéressant et c’était mieux de consommer en achetant des produits aux gens que je connaissais.

Moi, j’ai appris qu’il y avait des brosses à dents ou des produits accessoires qui étaient commercialisés où l’entreprise était à Angers. C’était une raison de plus aussi de soutenir cette marque-là quand ils ont fait après moi.

[Bryan] D’ailleurs, il y a quelque chose qui est intéressant aussi parce que tu parles beaucoup d’Angers, du local. Nous, ça nous va très bien parce qu’on est voisins finalement. Ce qui est intéressant aussi, c’est qu’il y a plusieurs années, la question justement de l’engagement social, sociétal des entreprises, j’ai l’impression que c’était quand même réservé aux grandes entreprises alors qu’aujourd’hui, ça touche vraiment des TPE, des PME, des startups qui sont…

Ce n’est plus l’apanage des grands groupes. Ce qu’on vivait il y a encore une dizaine d’années. Là, ça touche vraiment tous les types d’entreprises, toutes les tailles d’entreprises.

[Emmanuelle] Je suis d’accord. Je pense que même pour les plus grosses entreprises, c’est plus compliqué d’aller vers une transition comme ça quand elle n’a pas été faite depuis le début non plus aussi.

[Bryan] Oui. Tu veux dire que ce n’est pas dans l’ADN même de la marque dont ça a l’air d’être ?

[Gwen] Exactement. Justement, très belle transition pour moi. Tout à l’heure, je te demandais si une marque engagée, elle était forcément dans sa communication, mais justement, à l’inverse…

J’avais intentionnellement envie de mettre le doigt sur quelque chose. À l’inverse, est-ce que une marque engagée dans sa communication l’est forcément dans ses valeurs ?

[Emmanuelle] Dans ses actes.

[Gwen] Dans ses actes, oui.

[Emmanuelle] Je pense que toutes ne le sont pas. C’est ce qu’on appellera le greenwashing. Mais je pense qu’il y a plein d’entreprises qui se saisissent du côté…

Les gens, justement, comme tu disais aussi, Bryan, ont une sensibilité qui est plus importante envers le made in France, l’écologie, l’éco-responsable, fabriqué, co-conçu, etc. Et que finalement, ça ne l’est pas forcément jusqu’au bout. Il y a des produits qui sont labellisés made in France, mais finalement, quand on gratte un petit peu, il y a de l’assemblage en France.

Je pense à une marque de lunettes. Moi, je pensais que je les ai achetées parce que c’était fabriqué en France. Et en grattant un petit peu, ce qu’on m’a dit aussi, c’est que c’est potentiellement la dernière vis qui est mise en France et pas le reste.

Je pense que c’est vraiment quelque chose… Il faut se questionner à ce niveau-là, au niveau des marques. C’est dommage.

Moi, je trouve ça dommage pour elles. Il vaut mieux regarder les petites marques qui communiquent pour de vrai. Mais je suis d’accord.

Il faut se poser la question.

[Bryan] Bon.

[Gwen] Tu avais une question, Bryan ?

[Bryan] Non, du coup, c’est très bien. On va se concentrer sur celles qui le sont réellement et qui ont des promesses fortes, qui ont même construit un produit autour de valeur. C’est celles-là qui sont les plus intéressantes.

[Gwen] Oui, c’est celles-là qui nous intéressent aujourd’hui. Du coup, moi, je voulais avoir tes conseils. Quand on est une marque engagée qui souhaite se lancer sur les réseaux sociaux ou qui est déjà présente sur les réseaux sociaux, mais qui souhaiterait améliorer cette partie-là, par quoi est-ce qu’il faudrait commencer ?

[Emmanuelle] Je pense que vous savez comme moi que c’est important de définir ses cibles et ses objectifs, déjà, dans un premier temps. C’est vrai que pour une marque engagée, il faut savoir à qui on s’adresse. Et je trouve que la différence, comparée à la majorité des marques que je connais aussi, c’est qu’il faut, justement, comme je le disais au début, bien identifier la raison d’être de l’entreprise et les problématiques auxquelles on répond et revenir dessus hyper régulièrement.

Le pourquoi du Made in France, le pourquoi de l’Europe. C’est bien de faire un produit Made in France, mais pourquoi on le fait, en fait ? C’est parce qu’on veut diminuer l’empreinte carbone, parce qu’on veut diminuer la pollution, parce que ça nous évite des sur-emballages.

Pourquoi vraiment axer au plus près de la problématique la plus importante, et aussi définir des axes de contenu en accord avec le marché ? Pour moi, c’est-à-dire, le cœur de la stratégie, c’est l’humain, puisque la raison pour laquelle on essaye de répondre à ces problématiques, c’est pour préserver l’humain et pour que la planète aille mieux et que les êtres humains aillent mieux aussi. Ça, je pense que c’est important.

Après, je pense qu’il faut vraiment avoir conscience du marché aussi et de la façon dont ça évolue. Et au niveau des bonnes pratiques sur les réseaux sociaux aussi, c’est vraiment se remettre en question par rapport à certaines habitudes des réseaux sociaux et essayer de les appliquer au plus près de la façon dont on communique. C’est jamais évident aussi, je prends un peu de pied une question, mais moi, je me pose des questions aussi parfois sur la pollution des réseaux sociaux et me dire, on communique, on est une marque écoresponsable, on continue à communiquer sur les réseaux sociaux, on ne sait pas comment on pollue d’un point de vue global.

Je ne sais pas si vous vous êtes déjà posé la question, mais parfois, c’est compliqué de ne pas avoir les réponses à ce niveau-là et de se dire comment on continue à communiquer. Bon, j’ai un peu dévié la question, excuse-moi Gwen, mais ça inquiète.

[Bryan] Il y a quelque chose qui est intéressant, c’est qu’au-delà de la chose très classique, définir ses cibles, ses messages, etc., dont tu as parlé, et qui sont effectivement essentiels, il y a aussi, je pense, quelque chose que tu dis que je trouve hyper intéressant, c’est est-ce que finalement, notre manière de communiquer sur les réseaux sociaux, elle est cohérente avec les valeurs qu’on défend ? Parce que finalement, quand on est une marque en VG, par exemple sur la réduction de son empreinte écologique, est-ce que le fait de publier trois fois par jour sur les réseaux sociaux et de faire 15 stories sur Instagram, c’est cohérent avec aussi ce qu’on défend ? Ce n’est pas du tout une attaque pour celles qui le font, mais je pense que ça peut être intéressant, effectivement, quand on est une marque en VG, de se dire OK, il y a nos produits qui montrent finalement notre engagement, il y a l’histoire de nos produits, il y a l’histoire de l’équipe des fondateurs, des fondatrices, etc., mais il y a aussi notre manière de communiquer, qui est de dire tout ça doit être en accord.

[Emmanuelle] Je pense que c’est vraiment important, et j’avais noté aussi, parce qu’il y a une réflexion que je me suis faite depuis que j’accompagne J’aime mes dents, où j’ai été contactée par pas mal d’agences en marketing d’influence, et là, il y a quelque chose qui vient de me revenir, il y a une agence d’influence qui m’avait envoyé un book avec des profils de personnes qui avaient un grand nombre d’abonnés, et moi, ça m’a toujours titillée, parce que oui, c’est dans les mœurs, oui, c’est dans les leviers qui peuvent permettre un meilleur engagement, une meilleure visibilité, etc., mais j’étais là, en fait, je vois le nombre d’abonnés, mais je ne sais pas pourquoi vous avez choisi de me présenter ces personnes, est-ce qu’elles sont engagées ?

Parce que moi, j’ai besoin d’engagement, enfin, je ne peux pas proposer d’envoyer des produits qui sont éco-responsables et zéro déchet à des personnes qui communiquent sur de la fast fashion, enfin, vous voyez ce que je veux dire, et en fait, il y a eu plein de fois où j’ai dit, bah non, en fait, on ne va pas faire ça, parce que ça ne va pas dans l’éthique de notre marque, et là, on est en train de mettre en place plutôt un système d’ambassadeurs qui sont ambassadeurs, ambassadrices, qui sont nos clients, donc, en fait, on laisse un peu de côté l’influence marketing, et on a envie que les vraies personnes qui parlent de nos marques, même s’ils ont 50 abonnés sur Instagram, ce soit des personnes qui connaissent nos produits et qui y croient, mais bon, je trouvais ça important de le dire aussi, c’est essayer de contredire un peu les stratégies un peu globales, classiques, pour se dire, en fait, ça, on ne peut pas le faire, parce que ça ne rentre pas dans notre éthique.

[Bryan] Je trouve ça totalement intéressant, parce que, effectivement, je pense qu’il faut absolument voir la marque engagée dans son ensemble, et vraiment se dire, ça doit aller, ça doit même transparaître au-delà de nos messages, ça doit transparaître dans notre manière de communiquer, et donc, ça rejoint les pratiques, ça rejoint, effectivement, le système d’ambassadeurs que vous réfléchissez, il doit y avoir vraiment une forme d’adéquation auprès de chacune des actions, parce que sinon, effectivement, on peut avoir la sensation qu’à un moment donné, finalement, cette marque, elle défend une cause, mais pas tout à fait, pas à 100%, à 80, 90%, et l’idée, c’est vraiment d’être certain que tout soit aligné avec les valeurs qu’on défend, et ça, ça doit vraiment se ressentir dans les messages et dans la manière de faire.

[Emmanuelle] C’est ça, et puis, finalement, notre objectif commercial qui pourrait être de vendre plus de produits, c’est le cas, indirectement, puisqu’on a envie que les gens soient convaincus par les produits qui sont créés, enfin, qui sont vendus par Jamaisdans, mais en fait, c’est au-delà de ça, c’est changer la consommation des gens, c’est changer la consommation des Français. Donc, c’est hyper complexe, c’est-à-dire qu’on va leur demander de… Enfin, on va essayer, on ne va pas leur demander, mais on va communiquer de façon à éduquer, en fait.

On va au-delà de faire passer nos messages. Ils sont très dans la pédagogie, dans comment utiliser tel produit, parce qu’en fait, changer sa tête de sa brosse à dents, on n’a pas évolué comme ça, on n’a pas grandi en faisant ça, en fait, et on n’est pas habitués à acheter une brosse à dents à 10 euros, mais potentiellement, c’est une brosse à dents qu’on garde tout le temps et quand elle est cassée ou elle ne nous convient plus, on peut s’en servir autrement, on peut la mettre dans sa cheminée, c’est intéressant aussi, quoi. Mais bon, c’est un autre débat.

[Bryan] Oui, mais ça aussi, je trouve intéressant, parce qu’on a justement le système dans son ensemble, mais il y a aussi, dans les messages, d’avoir conscience qu’il va y avoir besoin d’avoir beaucoup de messages pédagogiques, parce qu’en fait, c’est un peu comme si on allait sur un nouveau marché où il y a des marques, des fois, qui font ça, qui vont lancer un produit sur un marché totalement nouveau où il n’y a pas ou peu de besoins, et donc, du coup, il va falloir d’abord expliquer à quel besoin il répond, on inventait un, d’ailleurs, parfois, ce qui est discutable, mais il y a vraiment, enfin, il y a un peu la même logique, je ne dis pas que vous faites la même chose, mais finalement, vous allez quand même

[Gwen] parler à des personnes

[Bryan] qui ne connaissent pas du tout le produit, pour qui, en fait, c’est une nouvelle manière de faire, et donc, il y a besoin d’éduquer, d’expliquer comment le produit fonctionne, à quoi il sert, etc. Et puis, je trouve qu’il y a un autre aspect pour une marque engagée qui veut être plus présente sur les réseaux sociaux, c’est de partir du principe que, de toute façon, les cibles auxquelles elle s’adresse sont beaucoup plus petites en taille que d’autres entreprises, parce que, il y a quand même ça aussi, souvent, des marques vont se lancer en disant, voilà, moi, je vais essayer de m’adresser au grand public, enfin, le grand public, ok, mais, on ne peut pas parler aux 67 millions de Français, et donc, je crois qu’il y a, dans ce que tu dis, il y a un élément qui est important aussi, c’est d’accepter de lâcher prise sur le fait qu’on ne va pas s’adresser à tout le monde, et du coup, on va forcément s’adresser à un marché qui est de base plus petit, mais auprès duquel on va avoir besoin vraiment d’avoir des contenus suffisamment éducatifs pour qu’à terme, aussi, ces personnes-là deviennent des ambassadeurs.

[Emmanuelle] Exactement. Moi, je suis d’accord, et en même temps, tu vois, j’ai aujourd’hui, à partir d’aujourd’hui, c’est le mois du VRAC, et donc, c’est lancé par une association à laquelle Viamedan a adhéré en 2017, et qui dit que 62% des Français souhaitent plus de produits VRAC en VRAC, et là, je fais une relation, au fait, que moi, quand je suis arrivé dans l’équipe Viamedan, il y avait 150 points en revendeur, et là, on est quasiment à 700. Donc, en fait, il y a une évolution aussi, mais effectivement, je suis d’accord, c’est quand même une petite communauté que sont les consommateurs du VRAC.

Enfin, ce n’est pas tout le monde, c’est un peu, c’est aussi pareil si on avait dû parler de VIAMEDAN, de végétariens, de véganes, etc., il y a du monde, mais c’est encore une minorité.

[Gwen] Du coup, tu parlais d’influence, notamment, là, sur comment valoriser ses engagements quand on est une marque engagée. Est-ce que tu aurais d’autres exemples de publications pour parler très concret à faire sur les réseaux sociaux pour valoriser son engagement pour ne pas avoir à faire la même publication continue continuellement pour dire on produit made in France. Qu’est-ce qu’on peut faire d’autre pour valoriser son engagement sur les réseaux sociaux ?

[Emmanuelle] C’est une bonne question. Non, je pense qu’après, nous, ce qu’on fait aussi pas mal, c’est partager les avis, par exemple, de nos consommateurs directs qui, eux, mettent sans se rendre compte en avant le fait que ce soit fabriqué en France et qu’ils sont fiers en fait de consommer, d’avoir une brosse à dents qui soit qui vient qui a un manche au bois français ou alors on a une alternative sans la tête interchangeable avec une brosse à dents suisse. Le porte-savon, il est français aussi.

Le fait qu’on soit aussi présents au salon du Made in France, ça, indirectement, ça veut dire qu’on a la majorité de nos produits qui sont français. Après, on a eu, là, on est en train de développer on diffuse des photos de photographes de partout en France un peu pour dire on est bien basé en France, ça c’est en France, est-ce que vous connaissez ? Et l’idée, ce serait potentiellement de dire de ce lieu-là jusqu’à chez nous, d’où partent vos produits et ça prend tant de kilomètres alors que si vous aviez commandé une brosse à dents classique, potentiellement, il faut rajouter quelques milliers de kilomètres.

Il y a un autre axe à développer à ce niveau-là qu’on avait déjà fait et qu’on est en train de redévelopper actuellement parce qu’on s’est rendu compte qu’il fallait qu’on revienne sur nos problématiques de base et qu’on recommunique sur le Média de France. Après, je n’ai pas d’exemple là directement en tête, on est pas mal sur l’utilisation des produits parce qu’ils sont assez différents de ce qu’on utilise tous les jours. Je pense aux portes-savons, c’est assez différent de tout ce qu’on a pu voir comme portes-savons tout au fil du temps.

Il faut qu’on éduque aussi au niveau de ce point de vue-là, on est dans la pédagogie. Mais je réfléchis à d’autres choses. Moi, j’avais vu que vous partagez des Le Saviez-Vous.

Oui, aussi. C’est vrai. Merci, Gwen.

[Gwen] J’avais trouvé ça vachement intéressant, justement, ce côté où on passe une info. Ça ne concerne pas directement la marque, mais ça apporte justement un côté engagé.

[Emmanuelle] Oui, je ne sais pas comment vous imaginez aussi vos contenus, mais c’est vrai que c’est toujours agréable de parler d’autres choses. C’est toujours bien, je trouve, pour la communauté de se dire qu’on ne va pas que parler de nous et pas que parler de nos produits. C’est vrai que parler de global et de la consommation globale, surtout en salle de bain en général, mais c’est vrai que c’est important à nos yeux de mettre ça en avant.

Parler du zéro déchet aussi, directement, je repense à une publication où on parlait des résolutions zéro déchet, essayer d’utiliser des bocaux, composter, recycler, ça n’a rien à voir avec nous directement. Essayer d’aller dans des magasins de proximité, choisir la seconde main, c’est vrai que c’est des données qui, pour nous, nous paraissent logiques parce qu’on est en plein dedans, mais finalement, en parler à notre communauté, ça peut aussi leur parler.

[Bryan] En fait, c’est ça, c’est d’ailleurs souvent une difficulté qu’ont beaucoup de marques, c’est d’arriver à se décentrer. C’est-à-dire que souvent, on pense que quand on est dedans, en fait, tout le monde le sait, c’est pas du tout le cas, en fait. Et il y a quelque chose qui est intéressant dans ce que tu disais sur l’histoire finalement de la brosse à dents, justement, qui va bouger de ville en ville pour être livrée, il y a cet aspect de raconter l’histoire du produit.

Il y a beaucoup de storytelling, mais effectivement, je pense que quand on est une marque engagée aussi, on a vraiment besoin d’aller vraiment sur du storytelling pour raconter comment on vit le produit avant d’arriver chez le consommateur. Et ça, c’est un axe qui est important. on a parlé des contenus éducatifs.

Est-ce que… Alors, les contenus éducatifs aujourd’hui, on regardait un petit peu… Enfin, moi aussi, j’ai regardé ce que vous faisiez, c’est hyper intéressant sur la manière dont on utilise les produits, le voir en action aussi, ça, c’est vraiment un élément d’assurance fort.

Est-ce que on peut aussi imaginer avoir des contenus qui vont jamais parler du produit ? Nous, on est un peu sous ce taxe-là. Généralement, on vient du client, maximum 25% de contenus qui parlent du produit et le reste, ça ne doit pas en parler.

Est-ce que vous avez aussi des contenus qui vont intéresser la cible à laquelle vous vous adressez ? C’est-à-dire qui n’ont rien à voir avec une brosse à dents, mais tu vois, moi, je suis sensible à l’écologie, ça me ferait assez plaisir aussi d’apprendre, justement, des tips sur comment réduire mes déchets, comment réduire mon carbone, des choses, des actions de la vie de tous les jours. Est-ce que ça, vous en avez aussi qui sortent un peu du produit et qui vont vraiment plutôt raisonner pour le cœur de cible ?

[Emmanuelle] Oui, on en a un petit peu. Ça dépend aussi des actions, mais là, par exemple, le mois de mars avec le mois du vrac, c’est sûr qu’on va parler du vrac en général et pas que des produits qui sont disponibles en vrac dans les magasins. Après, c’est sûr qu’on fait aussi parfois des clins d’œil à notre stratégie, à nous, à la façon dont on actionne des leviers dans l’entreprise, mais il y a eu aussi Make Friday Green Again, je ne sais pas si ça vous parle, du coup, c’est au mois de novembre si je ne me trompe pas.

oui, c’est ça. Et là, il y a plein de contenus qui sont créés par ce mouvement-là et où on diffuse de l’info qui n’est pas du tout pour… Enfin, on ne parle pas directement de J’aime mes dents, mais par contre, on a redéfini comment décider si vous avez vraiment besoin de ce produit.

Donc, c’est assez marrant parce que finalement, on va potentiellement leur donner des réponses à est-ce que vous avez vraiment besoin de nos produits aussi parfois. Et en fait, on est là. En fait, nous, le but, c’est de communiquer sur des produits qui sont certes zéro déchet et co-responsables et en soi durables parce que finalement, la brosse à dents, on la garde longtemps.

Le porte-savon, on le garde longtemps. Les brosses à cheveux, etc., elles sont fabriquées en France, elles sont de bonne qualité. Potentiellement, on les garde longtemps.

Donc finalement, on est dans un aspect un peu… On va vous expliquer aussi comment nous, on aime consommer en dehors de nos produits de la salle de bain. Je ne sais pas si ça répond complètement à ta question, mais j’essaie de repenser à ça et je sais qu’on parlait aussi de la consommation en CO2.

On fait pas mal de clins d’œil aussi à la consommation de vêtements ou aux dons qu’on fait à des associations aussi sur la précarité d’hygiène pour certaines personnes. On fait des dons assez régulièrement de produits à des associations. On communique dessus, pas forcément pour parler nous, mais pour dire qu’il y a telle association qui existe, bravo, en fait.

C’est top. Et c’est des choses qu’on avait fait aussi pendant le confinement à juste dire tel magasin est ouvert. Nous, on livre plus.

Nous, on avait arrêté de livrer pendant le premier confinement, mais par contre, il y a tel magasin VRAC, bravo. Bravo de continuer à être ouvert. On est à fond derrière vous.

Et ça, c’était aussi des axes où on ne parlait pas forcément de nos produits et bon, c’était différent à cette époque.

[Bryan] mais c’est bien aussi dans ça parce qu’en fait, ce qu’il faut retenir les directrices, c’est que en fait, ce qui va alimenter les réseaux, ce n’est pas uniquement le produit. Finalement, le produit, je suis allé voir vos réseaux et ce que je trouve hyper intéressant et ce dont pourraient s’inspirer beaucoup de marques, qu’elles soient engagées ou non, c’est que le produit a sa place, mais qu’il n’est pas majoritaire. On va voir le produit 20-30% du temps et le reste, on va vraiment être dans un univers autour des valeurs qui sont défendues par Gmail.

Et ça, je pense que c’est vraiment quelque chose, une bonne leçon à retenir aussi de la manière dont on va alimenter ces réseaux sociaux et garder un lien durable avec ces sites.

[Emmanuelle] Oui, c’est vrai que c’est important et puis on essaye d’avoir aussi des retours. On essaye là de prendre aussi pas mal les retours du SAV. Il n’y en a pas non plus 36 000, mais c’est vrai que quand on a des questions, en fait, on y répondait, on trouvait des solutions s’il n’y a pas de problème, mais on ne les injectait pas forcément dans notre planning de com, mais maintenant, on a décidé de réinjecter en se disant, là, oui, effectivement, il y a des gens qui nous disent que le savon ne tient pas avec le porte-savon, mais en fait, c’est normal parce qu’en fait, on ne leur a jamais dit que sur des surfaces qui ne sont pas lisses, ça ne tient pas. Donc, en fait, il faut qu’on explique aussi indirectement qu’il y a des choses à expliquer qui sont au-delà du fait que ce produit soit super bien.

On va parler aussi des trucs qui sont pas négatifs, mais qui sont aussi existants dans l’utilisation des produits. Et ça, je trouve que c’est un peu différent aussi comme communication.

[Bryan] Mais ça, c’est… Enfin, nous, on dit souvent ça à nos clients quand on nous demande mais où est-ce que vous trouvez toutes les idées pour animer les réseaux sociaux ? La mine d’or, c’est des questions fréquentes des clients.

Je veux dire, dès que tu passes une journée dans un service client, tu as déjà toute ta strafe de contenu. C’est ça qu’il faut privilégier et c’est ça qui est intéressant dans ce que vous faites.

[Gwen] Écoute, je mettrais des exemples qu’il y a sur les réseaux sociaux de J’aime mes dents. Pour chaque épisode, on rédige des notes de podcast. Et du coup, pour tous les petits exemples que tu nous as donnés, je mettrais des exemples de publications pour que ce soit assez visuellement concret et qu’on voit du coup ce que vous faites.

Trop chouette.

[Emmanuelle] Et je repense à ça aussi tant que je n’oublie pas. Il y a aussi les marronniers, mais un peu différents. On utilise un marronnier.

Du coup, vous utilisez certainement ça aussi régulièrement. Et là, on va plutôt s’axer sur justement des journées qui sont dans la thématique Journée mondiale du recyclage, Journée mondiale de l’eau et tout ça, Journée mondiale des forêts. Et on va parler de choses même si, sans forcément, là, au mois de mars, Journée mondiale des forêts, en fait, on a des photos de l’entreprise où sont faits les manches de nos brosses à dents et ça vient des forêts qui sont et j’ai réussi à récupérer, labelliser, FSC qui sont dans une éthique qui est vraiment chouette et c’est pour ça qu’on travaille avec eux.

Donc, on va vraiment au bout du produit. Et c’est là où le bambou, c’était une bonne idée de base sauf que quand tout le monde s’y est mis, c’est devenu un plastique. C’est devenu quasiment du plastique.

c’est un… Voilà.

[Bryan] Ça, c’est intéressant aussi parce qu’effectivement, les marronniers, on les utilise beaucoup. Enfin, tout le monde les utilise beaucoup. Et puis, à côté de ça, vous pourriez très bien parler des…

Enfin, de l’origine, les forêts, etc. en dehors d’un temps fort. Et là, vous arrivez vraiment à le relier et c’est…

Finalement, c’est très cohérent avec le positionnement de la marque. Donc, ça, c’est bien aussi de l’avoir à l’esprit, le côté… Oui, les marronniers, oui, c’est précieux, mais il faut qu’il y ait une forme de cohérence avec le discours de la marque, ce qui est votre cas.

[Gwen] Et je trouve ça intéressant aussi, ce côté… T’en parlais tout à l’heure de dire, ben, on produit made in France, mais c’est bien d’expliquer pourquoi est-ce qu’on fait ça. Moi, je trouve ça bien aussi d’expliquer pourquoi parce que, tu vois, avec ton exemple de la brosse à dents en bambou versus la brosse à dents en bois, moi, j’étais la première il y a quelques années à acheter ma brosse à dents en bambou en étant toute contente et finalement, en me renseignant un petit peu, je me suis rendue compte que ce n’était plus une brosse à dents si éthique que ça et que, ben, finalement, le meilleur choix se tournait, finalement, vers des brosses à dents en bois français produites en France, etc.

Et je pense que c’est bien aussi d’expliquer ça, ben, de dire pourquoi est-ce que c’est mieux de partir plutôt sur ce choix-là que sur ce choix-là parce que, finalement, toute personne engagée ou en cours ou quoi que ce soit a besoin de comprendre pourquoi est-ce qu’elle fait un choix.

[Emmanuelle] Et tout le monde ne le sait pas, et je trouve que c’est aussi la force des cofondateurs de se remettre en question tout le temps aussi parce que, finalement, quand le bambou est arrivé, c’était une super alternative au plastique et c’était une… C’était logique, c’était… C’était éthiquement, c’était bien, mais c’est vrai que au bout de deux ans, on se remet en question et se dire, ben, en fait, le bambou, est-ce que vraiment, c’est…

ça vient de Chine quand même, c’est dommage. Et je trouve ça hyper fort et je pense que c’est là où il y a une logique entreprenariale et d’entreprise globale qui va plus loin, qui va plus loin derrière, quoi. Après, il y a eu de la commercialisation du bambou jusqu’à…

Il n’y a pas… Il y a encore… Enfin, ça fait…

C’était septembre dernier parce qu’il y avait du stock et que c’était comme ça et que ça avait été l’identité de l’entreprise à un moment et que la production française aussi, ça a un coût, mais… Mais c’est intéressant de se remettre en question et justement, on va être dans ce sens-là. Quand on a annoncé qu’on arrêtait le bambou, c’était…

C’était bien, quoi. Enfin, on était hyper contents d’en arriver là et la communauté, elle a répondu en disant, bah, merci de le faire et trop bien et on continue à vous suivre et merci d’exister et ça, c’est trop chouette.

[Bryan] Ça, c’est un aspect intéressant quand même aussi qui concerne bien notre sujet, c’est de… C’est de bien avoir à l’esprit en fait que l’audience potentielle de ces marques-là, des marques engagées, elles cherchent à comprendre. C’est-à-dire que…

Oui. Enfin… Et elles cherchent à comprendre et elles ne savent pas forcément.

C’est-à-dire que souvent, en tant que marque, et nous aussi, on le vit en tant qu’agence, on pense que ce qu’on sait, tout le monde le sait. On en a parlé tout à l’heure mais en fait, il faut vraiment casser ce mythe-là et se dire, les gens qui s’intéressent à la marque, un, ils ne savent pas forcément les dessous, les coulisses, les choix qui sont faits et deux, ils cherchent à comprendre. Ils sont…

Ils veulent donner du sens et donc, ils ont besoin qu’on leur explique sans forcément les prendre pour des idiots mais, voilà, qui comprennent les choix de l’entreprise. Ça ne veut pas dire que, demain, tout le monde doit avoir voix au chapitre et décider des orientations d’entreprise mais, en tout cas, quand l’entreprise prend une décision et surtout si l’entreprise est fortement engagée, c’est bien, effectivement, de donner du sens à cette décision comme ce qu’on a même parlé.

[Emmanuelle] Je vous l’enverrai, la publication. Ça a été… Ouais, on l’avait publiée.

C’est une CALE plus engagée, en fait, parce qu’on explique, genre… Comment ça marche ? C’est la fin des brosses à dents en bambou chez J’aime mes dents et, en fait, on raconte l’histoire.

Pourquoi on change ? Parce qu’elles sont fabriquées en Asie. La transparence.

Ça nous manquait d’informations. Enfin, en fait, on est allés… Enfin, c’est…

Il faut oser. Il y a certaines entreprises qui ne sont pas prêtes non plus à être transparents à ce point-là. Moi, j’ai travaillé avec des entreprises où on ne pouvait pas tout dire.

On ne pouvait pas… On ne pouvait pas… On ne pouvait pas être vraiment transparents et il y en a des millions d’entreprises où on ne peut pas voir l’envers du décor, vraiment la provenance des produits, etc.

[Bryan] Oui. Bon. En général, ce sont déjà, de toute façon, des entreprises qui ne sont pas forcément engagées de même.

Donc… Oui. Mais effectivement, cette notion de transparence, elle est à vos comptes aussi, je pense.

T’as raison de le souligner.

[Gwen] Est-ce qu’on pourrait passer à la partie sur les… sur tes bons petits conseils ? Est-ce que tu aurais des…

Donc… Toujours, pour s’adresser aux marques engagées, est-ce que tu aurais des conseils ou des astuces toutes simples, trois, quatre, à nous partager ?

[Emmanuelle] C’est… Je crois que j’ai déjà dit un petit peu ce que j’avais un peu en tête, mais je pense qu’il faut vraiment établir un lien avec le SAV et même le B2B, parce qu’il y a plein d’entreprises qui ont des liens. Nous, on travaille pas mal de magasins revendeurs et je trouve ça hyper important de les mettre en avant aussi, parce qu’eux aussi sont sur les réseaux sociaux.

Donc, s’il y a des marques engagées qui travaillent avec des points de vente, etc., pour moi, c’est une force d’avoir des relations solides avec les personnes qui revendent vos produits. Et en général, c’est ce que je trouve important aussi, c’est que nous, par exemple, les… les personnes qui ont des épiceries VRAC, des camions itinérants, etc., il y a beaucoup de gens que j’ai rencontrées qui étaient en fait en reconversion professionnelle parce qu’il y avait une prise de conscience au niveau de la crise écologique et du coup, elles ont plein de choses à dire. Là, on est en train de lancer des interviews, etc., des personnes qui revendent nos produits et qui savent pourquoi ils ont choisi JAMAIDAN aussi. Donc, ça, petit tip, je pense, c’est de parler aussi des clients directs. Ça, c’est toujours intéressant.

Être transparent aussi sur l’utilisation, mais aussi les points négatifs. Par exemple, nous, justement, le porte-savon qui ne tient pas trop. Enfin, qui ne tient pas trop.

Il tient très, très bien, ce porte-savon, mais c’est sûr qu’il faut une surface lisse. Ça ne marche pas sur du bois. Il ne faut pas que le savon soit trop lourd, mais voilà.

Parler vraiment des choses qui anticipaient, en fait. Je pense que les réseaux sociaux, c’est le meilleur endroit pour être hyper empathique. Donc, il faut vraiment écouter ce qu’on nous dit et ne pas les ignorer et y répondre, en fait, à travers des publications.

C’est le plus logique. Être réactif aux commentaires et aux messages privés aussi, justement, ça va avec. Et ce que je disais tout à l’heure, je trouve qu’utiliser le marronnier un peu plus côté éco-responsable, c’est quelque chose qui parle à tout le monde.

Moi, je dis toujours que sur les réseaux sociaux, quand on communique, on veut créer des émotions. Enfin, la communication, globalement, c’est ça. Et je trouve que parler de journée mondiale, de journée internationale et mettre en avant des actions qui sont faites par l’entreprise, ça parle toujours, ça crée de l’émotion et les gens, ils se disent c’est vrai que c’est bien de le savoir parce que je trouve que c’est comme ça que nous aussi, on a envie d’être inspirés un peu dans nos actions du quotidien et c’est comme ça qu’eux, ils font peut-être que nous aussi, on peut le faire. C’était des bonnes pratiques un peu globales. Et si, je pensais à autre chose aussi, c’était de faire des collaborations et des concours, mais avec des marques qui vous ressemblent.

C’est-à-dire que nous, en mettant, un, deux, trois, on met vraiment un point d’honneur à faire, on fait des collaborations, des concours chouettes, mais on fait, en général, c’est des marques qu’on rencontre sur des salons ou avec lesquelles on a des liens ou on fait partie de réseaux VRAC et c’est important à nos yeux de déjà les mettre en avant parce que c’est super bien ce qu’ils et elles font et c’est ne pas mentir à sa communauté aussi, donc c’est important à nos yeux.

[Gwen] Super. Et à l’inverse, est-ce que tu aurais des erreurs à ne pas commettre, à partager ?

[Emmanuelle] Il y en a une en particulier dont je n’ai pas encore parlé, c’est oublier l’humain. Je pense que c’est assez facile de rentrer dans une boucle où on met vraiment les produits en avant que les produits et en fait, je trouve qu’il y a des statistiques aussi qui sortent que c’est toujours important d’avoir des visages sur les contenus, ça engage plus mais il y a une raison à tout ça, c’est qu’au-delà des écrans, on a envie de voir des visages, on a envie de savoir qui sont les personnes qui font telle ou telle action dans l’entreprise et ce n’est pas toujours facile quand on ne produit pas toujours en interne mais je trouve ça hyper important de valoriser les personnes qui s’activent tous les jours dans la boîte et l’humain, je trouve que c’est quelque chose qu’on oublie parfois quand on communique globalement pas que sur les réseaux sociaux encore une fois mais c’est important, je trouve, ça marche.

[Bryan] J’avais une question par rapport, moi je le vois un peu comme une erreur mais peut-être que je me trompe, est-ce que le fait d’être une marque engagée, ça génère un peu plus de clivages et donc de commentaires et est-ce que du coup, sous-estimer le volume de commentaires à modérer, ça serait une erreur ? C’est une question très naïve mais moi, j’ai la sensation quand même, quand on est engagé, on porte des messages qui ne font pas toujours consensus même si beaucoup le sont mais il y en a certains qui sont peut-être plus discutables que d’autres. Est-ce qu’une erreur, ça serait aussi de sous-estimer l’impact des commentaires ?

[Emmanuelle] Moi, je trouve que c’est hyper intéressant ce que tu dis et tu le relèves bien. C’est vrai que ça arrive d’avoir des commentaires. Nous, ça va encore mais je pense qu’il faut pas le sous-estimer.

On le voit un peu plus sur certaines publicités où des personnes disent oui, ça revient. C’est assez régulier qu’on nous parle du prix. Là, on a eu pas mal de commentaires sur chez AliExpress, c’est moins cher.

[Bryan] Oui, tout à fait. Bon, ça, c’est pas tes cibles.

[Emmanuelle] Non, on le sait mais indirectement, si on n’y répond pas, du coup, nous, il faut que notre positionnement au niveau de la réponse ce soit certes, oui, mais c’est pas fait en France. Mais nous, on tient vraiment à proposer des accessoires éco-responsables, zéro déchet, etc. Et en fait, il faut ré-argumenter.

Et ça, on en a eu pas mal dernièrement des personnes qui commentent en disant ouais, mais bon, on n’y voit pas trop l’intérêt. Donc, on se rend compte qu’effectivement, comme tu disais tout à l’heure, on n’est pas dans une niche parce que je pense que c’est de plus en plus global mais on a quand même pas mal de gens qui ne captent pas du tout cet aspect-là au niveau du prix et de la conception. Et c’est vrai qu’on a eu pas mal de commentaires et ça peut arriver de plus en plus.

Donc, oui, je suis d’accord avec toi. Il ne faut pas sous-estimer la modération. C’est important.

[Gwen] Ça marche. Est-ce que tu aurais une anecdote professionnelle à nous raconter en lien avec le sujet du jour ?

[Emmanuelle] J’en ai pensé à une, mais je ne sais pas si vous avez regardé qui va être mon associé dernièrement. J’en ai regardé certains mais moi, ça me stresse parce que je me dis que je n’aimerais pas être à leur place en majorité. Mais je découvre aussi des super marques et ça, j’adore.

Il y a pas mal de marques qui sont éthiques et il y en a une qu’on connaît un petit peu, qu’on a découvert avec J’aime mes dents et qu’on a rencontrée dans un salon qui s’appelle Unbottle et qui font des super savons et des shampoings qui sentent bons et qui fonctionnent très bien. Et en fait, quand ils sont passés, ça m’a assez surpris parce que les entrepreneurs qui étaient face à eux, qui étaient des personnes qui pouvaient potentiellement investir dans leur société, ont été assez intransigeants sur parfois le prix, sur… C’est un shampoing.

Il y en a partout dans les magasins, des shampoings, des savons. Et j’étais un peu bouche bée à me dire « Ok ». Donc en fait, même certaines personnes qui sont quand même assez curieuses pour avoir été plusieurs fois chef d’entreprise questionnent sur l’intérêt d’avoir une marque engagée qui crée un produit qui est déjà existant.

Donc indirectement, c’est ce qu’on fait avec J’aime mes dents. Et du coup, je me suis dit « Ok ». Donc même si la personne, la cofondatrice, elle sortait de chez L’Oréal, elle a bien dit que elle voulait combattre la diminution des déchets, faire des produits clean, etc.

C’était encore dur de se battre contre ces arguments de marché, de prix, etc. Et je me suis dit « Ok ». Donc il faut encore remettre une couche sur le fait qu’on est encore dans une…

On est toujours dans une surconsommation de plastique et c’est important d’avoir des produits qui sont fabriqués en France, etc. Donc en fait, je pense que c’est une petite anecdote où je me suis dit « Ok, nos produits sont bien et ils sont très chouettes, » mais il faut remettre un storytelling qui est bien plus axé sur vraiment la conception, pourquoi ce prix-là, vraiment aller au cœur des questionnements qui pourraient freiner l’achat.

[Bryan] Olivier Roland Je vois très bien à quoi tu fais allusion parce que je l’ai regardé et je me suis fait un peu la même remarque et je pense qu’une des erreurs qui a été faite et que pourraient commettre aussi du coup les marques sur les réseaux sociaux, c’est qu’en fait dans le pitch, tout a été fondé sur le produit et en fait, ce n’est pas le produit qui est le plus important, c’est la raison d’être du produit et ça, en fait, ils en ont en parlé avec les questions, plus au niveau

[Gwen] des questions

[Bryan] et je pense que ça, c’est un travers aussi qu’on peut avoir sur les réseaux sociaux, c’est de se dire « Bon, moi j’ai un produit, je vais en parler, mais en fait, c’est pas ça qu’attendent les gens, c’est pourquoi ce produit existe ? » et après, d’ailleurs, tu peux parler du prix, etc., mais tu vois, c’est peut-être dans l’angle qui a été choisi, l’angle d’attaque qui est peut-être pas le bon. Alors après, moi, je ne suis pas spécialiste, je ne suis pas à la place des investisseurs, mais peut-être qu’en se concentrant moins sur le produit et plus sur la raison d’être, l’écho aurait été différent.

[Emmanuelle] Je pense que tu as raison et c’est quelque chose qui, je pense, ça m’a donné une petite décharge à me dire « Franchement, c’est hyper important qu’on communique à ce niveau-là. Là, on est en train de développer pas mal l’emailing aussi qui est en lien aussi avec les réseaux sociaux pas mal et c’est vrai qu’on revient vraiment à la base du « Pourquoi rejoindre notre équipe pour le combat contre le plastique ? » On est vraiment dans un storytelling qui est vraiment très très éthique.

Mais je suis d’accord avec toi, c’est important de le dire en fait. Parfois, ça paraît tellement évident pourtant, mais c’est important.

[Bryan] C’est ça, exactement.

[Gwen] Super, merci pour ton anecdote que moi, je ne connaissais pas pour le coup, mais qui m’a bien étonnée aussi à t’écouter la raconter. Est-ce que tu pourrais conclure cet épisode du coup, en trois mois ou en trois phrases à retenir pour ce sujet ?

[Emmanuelle] J’ai, j’ai, j’ai. Les trois mois, du coup, il y en a un que j’aime particulièrement depuis 2020 qui est la résilience. C’est vraiment s’adapter à tout, dans tous les cas.

Mais je trouve que ce n’est pas que à la vie, c’est aux réseaux sociaux, à l’évolution des réseaux sociaux, mais aussi au marché, au monde, à l’économie, Moi, j’ai quand même travaillé dans des multinationales et maintenant, ça me paraîtrait impensable de pouvoir suivre leur, leur, leur façon de fonctionner, mais après, c’est propre à chacun. Mais je pense que ça convient bien à J’aime Edan, il faut s’adapter à ce qui se passe, à l’évolution, la pédagogie, donc je pense qu’il faut toujours se mettre à la place du client final qui n’y connaît rien, toujours se dire, enfin, j’essaye de me dire parfois, et avec Pauline qui est CM aussi chez J’aime Edan, on s’adresse à un enfant de 5 ans qui ne connaît rien et on essaye de le convaincre que ça va changer des choses, de choisir ça parce que c’est le cas, on ne va pas se mentir, et le côté humain, vraiment, ce que je disais tout à l’heure, se recentrer, le troisième mot, c’est humain, c’est important de voir qu’il y a des humains derrière les écrans et que elle et eux aussi, les clients, les agents, c’est des humains, les responsables d’épicerie, de camions, c’est des humains, les fabricants de brosses à dents, c’est des humains, donc c’est important, je trouve que c’est un mot qui est important dans l’image d’une marque, surtout engagée.

[Gwen] Super. Merci beaucoup à toi.

[Bryan] Merci beaucoup Emma, c’était top, c’était hyper intéressant.

[Gwen] Et du coup, je vais conclure cet épisode à mon tour en vous disant à tous les deux à bientôt. Peut-être qu’on aura le plaisir de te recevoir à nouveau pour un nouveau sujet. Avec plaisir.

Bonne journée, bonne fin de journée à tous les deux.

[Bryan] Bonne journée.

[Gwen] Bonne journée. Et à bientôt au micro du Pod.

[Bryan] À bientôt.

[Gwen] Quelques mots avant de se quitter. Tout d’abord, vous pouvez retrouver cet épisode sur le blog de l’agence www.keepitsimple.fr rubrique podcast ou sur nos réseaux sociaux. Ensuite, n’hésitez pas à nous faire vos retours sur le Pod en nous écrivant à l’adresse podcast arrobasouest.digital Nous serions ravis de savoir ce que vous aimez, ce que nous pourrions améliorer, les thématiques qui vous intéressent ou les invités que vous voudriez entendre. Merci beaucoup pour cet échange. Je vous dis à très bientôt pour un nouvel épisode du Pod.

À propos Gwendoline Moreau

Je conseille et accompagne les clients de l’agence Ouest Digital (entreprises, collectivités et associations) dans le développement de leur présence sur les médias sociaux. Je contribue également à la stratégie de communication social media de l'agence et à la création de nouveaux projets internes.

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