Notes de lâĂ©pisode 9 du pOD : pour ce neuviĂšme Ă©pisode, nous Ă©changeons avec RĂ©my Marrone sur la question du numĂ©rique responsable. Retrouvez ci-dessous les principaux Ă©lĂ©ments abordĂ©s durant cet Ă©pisode (pour rappel, ce sont des notes ?), ainsi que diffĂ©rents liens et ressources utiles pour approfondir votre rĂ©flexion.
Sommaire
Ecouter lâĂ©pisode
Avant propos
Pourquoi est-ce que lâon a choisi dâaborder ce sujet ? Ă lâheure actuelle, on en entend de plus en plus parler : comment ĂȘtre plus Ă©thique, plus responsable dans la vie de tous les jours et cela vaut aussi pour le numĂ©rique et le social media. Cependant, câest un sujet qui reste trĂšs obscur, pour la plupart dâentre nous. Quâest ce que lâon entend par « social media Ă©coresponsable » ? Quâest-ce que je fais si je veux ĂȘtre plus responsable en tant que Community Manager ? On vous dit tout dans cet Ă©pisode.
Pour cet Ă©pisode, nous avons proposĂ© Ă RĂ©my Marrone, spĂ©cialiste du sujet, dâintervenir. Directeur de projets Ă lâInstitut du NumĂ©rique Responsable, il est Ă©galement enseignant en Marketing Digital (Audencia, UniversitĂ© Paris 1 PanthĂ©on-Sorbonne, etc.) et co-auteur du Grand Livre du Marketing Digital, vĂ©ritable rĂ©fĂ©rence pour les spĂ©cialistes du numĂ©rique.
Les intervenants sur cet Ă©pisode de podcast sont donc :
- Gwen, chef de projet social media Ouest Digital
- Bryan, co-fondateur Ouest Digital
- Rémy Marrone (invité), que vous pouvez retrouver sur :
Axe 1 â Les fondamentaux du numĂ©rique responsable
« On parle dâĂ©coresponsabilitĂ© et de responsabilitĂ© au sens large. Je pense que câest important de prendre le terme dans son ensemble, parce que ça se rejoint. » â RĂ©myÂ
Quand une entreprise fait la dĂ©marche dâĂȘtre plus responsable, elle peut :
- faire attention à son impact énergétique
- donner aux internautes plus de contrÎle sur leurs données
- Ă©viter dâĂȘtre trop intrusive dans la vie des internautes
- rendre le numérique accessible à tous.
« On est encore en train dâĂ©valuer beaucoup de choses au niveau du numĂ©rique. Quelle est lâempreinte rĂ©elle ? Quels Ă©quipements sont les plus Ă©nergivores ? » â RĂ©myÂ
En effet, aujourdâhui ce nâest pas moins de 4% des gaz Ă effet de serre qui proviennent du numĂ©rique (source : ADEME). Câest pourquoi il est important de revoir notre consommation et la consommation des entreprises.
« Les entreprises nâont pas forcĂ©ment conscience que le fait de dĂ©matĂ©rialiser est aussi trĂšs Ă©nergivore. » â BryanÂ
Le fait dâaccumuler des donnĂ©es stockĂ©es sur un Ă©quipement va le ralentir et accĂ©lĂ©rer son obsolescence. De mĂȘme pour le stockage sur le cloud, puisque lâon va participer Ă la multiplication des serveurs pour sauvegarder toutes ces donnĂ©es.
« CĂŽtĂ© environnemental, le point de dĂ©part, câest les Ă©quipements. Il faut penser Ă leur seconde vie. Un Ă©quipement qui nâest plus adaptĂ© pour une personne peut encore lâĂȘtre pour quelquâun dâautre. » â RĂ©myÂ
Une entreprise qui souhaite ĂȘtre plus responsable au quotidien peut commencer par :
- choisir ses Ă©quipements consciencieusement, en pensant Ă leur seconde vie quand le moment est venu de les changer ;Â
- revoir ses usages concernant lâĂ©change de donnĂ©es (mail, image, vidĂ©oâŠ).Â
« Il faut se rendre compte quâun email a un impact bien moindre quâune vidĂ©o. Il faut visualiser lâĂ©chelle de chaque fichier. » â RĂ©my
Axe 2 â Le numĂ©rique responsable au quotidien
« Envoyer un email ou envoyer un message via une messagerie instantanĂ©e, avec seulement du texte, ça a un impact qui est faible. » â RĂ©my
En tant que Social Media Manager, pour ĂȘtre plus responsable au quotidien, on peut commencer par :
- Faire attention Ă son empreinte carbone, en tĂ©lĂ©chargeant sur les rĂ©seaux sociaux des visuels ou des vidĂ©os en basse dĂ©finition (en les compressant). Cela nâest pas utile dâutiliser des mĂ©dias en trĂšs haute dĂ©finition, sâils sont vus en majoritĂ© via un smartphone, sur un petit Ă©cran.
- Penser « Ă©thique », en Ă©vitant de recibler trop souvent les mĂȘmes personnes via des publicitĂ©s. Cela peut en effet ĂȘtre assez intrusif pour les internautes.
- Ătre sensible Ă lâaccessibilitĂ©, en ajoutant des sous-titres sur les vidĂ©os, des textes alternatifs sur les photos⊠Lâobjectif Ă©tant de rendre son contenu accessible Ă toutes personnes.
- Ăcrire de maniĂšre plus inclusive, afin que toutes et tous soient justement reprĂ©sentĂ©s. Sur ce point dâailleurs, RĂ©my revient durant lâĂ©pisode sur le sujet de lâĂ©criture inclusive et des problĂ©matiques que cela soulĂšve.
« Il faut que lâon arrive Ă prendre en compte ces problĂ©matiques-lĂ , si on veut tendre vers une sociĂ©tĂ© plus Ă©galitaire. Ce qui est encore loin dâĂȘtre le cas. » â RĂ©my
Pour vous aider à mettre en place une démarche numérique responsable, voici quelques outils utiles : https://institutnr.org/liste-doutils-numerique-responsable
Une difficulté réguliÚrement rencontré aussi consiste à connaitre la taille des images sur son smartphone. Voici quelques astuces :
[Le savez-vous]Comment connaĂźtre la taille de vos photos sous iPhone ? Ce n'est pas natif ! 3 solutions sont possibles mais aucune n'est parfaite. #thread (1/5) pic.twitter.com/mcpR0f5d8d
â Digital Cleanup Day France (@digitcleanup_fr) September 2, 2020
Pour conclure ce sujet
Les 3 maĂźtres mots pour adopter une communication plus responsable sur les rĂ©seaux sociaux :Â
- Empreinte environnementale : Faire attention au quotidien par des gestes simples, comme privilĂ©gier lâĂ©change de fichiers de petite taille par exemple.
- Inclusion : Penser Ă rendre vos contenus accessibles et Ă vous adresser Ă toutes et Ă tous.
- Ăthique : Respecter la vie des internautes en ne les martelant pas de publicitĂ©s.
Ressources utiles
Rémy nous a partagé plusieurs contenus utiles sur le sujet du numérique responsable :
- 5 applications pour nettoyer son smartphone Android ;
- Comment vider la mémoire et le cache de son iPhone ? ;
- Smart Cleaner, une application pour nettoyer les fichiers inutiles sur son iPhone.
Enfin, voici un mĂ©mo fort utile Ă garder sous le coude pour adopter une comâ plus responsable sur les rĂ©seaux sociaux đ
Infographie â Adopter une communication plus responsable sur les rĂ©seaux sociaux â © Agence Ouest Digital
Cette infographie vous plait ? Vous pouvez la partager sur votre site Ă lâaide de lâembed code au format html ci-dessous (celui-ci inclus naturellement la source en lĂ©gende) :
<img src="https://www.keepitsimple.fr/wp-content/uploads/2020/08/infographie-communication-responsable-reseaux-sociaux-683x1024.jpg" alt="Infographie - Adopter une communication plus responsable sur les rĂ©seaux sociaux - © Agence Ouest Digital" /> Source: <a href="https://www.keepitsimple.fr/communication-responsable-reseaux-sociaux-remy-marrone-974645">Keep it Simple - Adopter une communication plus responsable sur les rĂ©seaux sociaux â avec RĂ©my Marrone (Le pOD, Ă©pisode #9)</a>
Sâabonner au podcast « Le pOD »
A chaque sortie dâun Ă©pisode, nous ajouterons dans la rubrique Podcast de Keep it Simple un article intĂ©grant le lecteur pour Ă©couter le podcast, ainsi que les notes et les ressources citĂ©es dans lâĂ©pisode.
Vous pouvez aussi vous abonner sur votre plateforme dâĂ©coute prĂ©fĂ©rĂ©e pour ne rater aucun Ă©pisode :
Si vous souhaitez nous suggĂ©rer des idĂ©es de sujets Ă traiter ou encore si vous ĂȘtes intĂ©ressĂ©s pour ĂȘtre notre future invitĂ©(e), nâhĂ©sitez pas Ă commenter cet article ou Ă nous contacter : podcast@ouest.digital ?
Transcription de lâĂ©pisode
[Gwen] Bonjour et bienvenue sur Le pOD, le podcast qui dĂ©cortique les problĂ©matiques des mĂ©dias sociaux avec une dose de stratĂ©gie proposĂ©e par lâagence spĂ©cialisĂ©e rĂ©seaux sociaux Ouest Digital. Durant une vingtaine de minutes, nous Ă©changeons ensemble sur les mĂ©tiers liĂ©s Ă la communication digitale. Savoir-faire, conseils, bonnes ou mĂȘme mauvaises pratiques du mĂ©tier, on se dit tout.Et on partage nos approches, nos trucs et astuces pour ĂȘtre le plus efficace au quotidien. Dans lâĂ©pisode dâaujourdâhui, je suis accompagnĂ©e de RĂ©mi et de Bryan, et nous allons vous parler dâĂ©coresponsabilitĂ© numĂ©rique, et plus prĂ©cisĂ©ment, comment ĂȘtre plus responsable quand on travaille dans le social media. Câest parti !
Bonjour et bienvenue dans ce neuviĂšme Ă©pisode du pOD. Aujourdâhui, nous allons parler social media Ă©coresponsable, et pour cela, nous avons un invitĂ© aujourdâhui. RĂ©mi, je vais te laisser te prĂ©senter, câest Ă toi.
[RĂ©mi] Bonjour, merci pour lâinvitation. Je suis RĂ©mi Maronne, et je suis directeur de projet de lâInstitut du numĂ©rique responsable. Jâai aussi plusieurs fonctions, parce que je navigue dans diffĂ©rents univers, mais je suis Ă©galement enseignant en marketing digital, et marketing digital le plus responsable possible, en Ă©cole supĂ©rieure, notamment sur Nantes, Ă Audencia et Ă lâuniversitĂ© de Nantes, et lâIAE Paris 1 Ă la Sorbonne, et je suis co-auteur du grand livre du marketing digital, qui, la deuxiĂšme Ă©dition, paraĂźtra en septembre prochain. [Gwen] TrĂšs bien, merci Ă toi pour cette prĂ©sentation rapide. Je suis aussi accompagnĂ©e de Bryan, comme toujours. Bonjour Bryan. [Bryan] Bonjour Gwen, bonjour RĂ©mi, merci de nous avoir rejoint aujourdâhui. [Gwen] Alors, tout dâabord, pourquoi est-ce que nous avons choisi dâaborder ce sujet aujourdâhui ? Nous lâavons choisi, puisquâĂ lâheure actuelle, on en entend de plus en plus parler, comment ĂȘtre plus Ă©thique, plus Ă©co-responsable dans la vie de tous les jours, et cela vaut aussi pour le numĂ©rique et le social media. Cependant, câest un sujet qui reste un peu obscur, je pense, pour la plupart dâentre nous.Quâest-ce que lâon entend par social media Ă©co-responsable ? Quâest-ce que je fais si jâai envie de mây mettre ? Et est-ce que câest simple ?
Est-ce que câest compliquĂ© ? Par oĂč commencer, etc. Mais pas de panique, RĂ©mi est un spĂ©cialiste du sujet.
Il est venu nous expliquer tout ça, nous partager ses petites astuces et son expĂ©rience. Alors, commençons ensemble Ă dĂ©couvrir ce sujet. La premiĂšre question que jâavais envie de te poser, RĂ©mi, câest Ă partir de quel moment est-ce quâon peut parler dâune entreprise Ă©co-responsable dans le domaine du digital, bien entendu ?
[RĂ©mi] Câest une assez vaste question. Il y a plusieurs choses. Aujourdâhui, une entreprise, elle a cet impĂ©ratif, cette nĂ©cessitĂ©, si elle en a envie, si elle voit effectivement le contexte dans lequel on Ă©volue, dâaller se transformer et prendre en compte, effectivement, que chaque chose que lâon entreprend a une empreinte environnementale.Je ne mâarrĂȘterai pas uniquement sur lâempreinte environnementale. Ce qui est intĂ©ressant, on va parler dâĂ©co-responsabilitĂ©. On peut parler aussi de responsabilitĂ© au sens large.
Et je pense que câest important de prendre le terme dans son ensemble parce que ça se rejoint. Et pour moi, plus on va chercher Ă diminuer son empreinte environnementale et plus finalement aussi, on va tendre vers des pratiques qui sont Ă©thiques et qui sont inclusives. Câest souvent des choses qui se rejoignent.
Et donc, si aujourdâhui, une entreprise comprend le contexte dans lequel on Ă©volue, effectivement, elle va tendre Ă prendre en compte ses problĂ©matiques. Donc, je dirais quâĂ partir du moment oĂč on fait la dĂ©marche, on a compris que le numĂ©rique a une empreinte environnementale qui est certaine, qui est palpable. Effectivement, câest difficile de se rendre compte de ça, mais elle est bien lĂ , elle est existante.
DĂ©jĂ , si on dit quâon a conscience de ça, quâon a conscience Ă©galement quâil y a des enjeux Ă©thiques qui sont forts, de permettre aux utilisatrices et utilisateurs dâavoir un meilleur contrĂŽle de leurs donnĂ©es, dâĂ©viter dâĂȘtre invasif, dâĂȘtre trop intrusif dans la vie des internautes. Et puis Ă©galement, de comprendre quâon doit faire en sorte que le numĂ©rique soit accessible Ă toutes et Ă tous. Je dirais quâĂ partir du moment oĂč on dĂ©clare quâon a pris en compte ces enjeux-lĂ et quâon va chercher Ă transformer ces pratiques, dĂ©jĂ , en fait, on est dans une bonne dĂ©marche et on peut dĂ©clarer quâon va attendre Ă faire des choses.
Aujourdâhui, prĂ©tendre quâon est Ă©co-responsable dâune maniĂšre ou dâune autre, câest difficile parce quâon est encore en train dâĂ©valuer beaucoup de choses au niveau du numĂ©rique. Quelle est lâempreinte rĂ©elle ? On a encore beaucoup de doutes sur ce qui cause le plus dâempreintes.
On sait que les Ă©quipements sont quelque chose qui pĂšse Ă©normĂ©ment. On sait quâil y a des pratiques qui sont plus Ă©nergivores que dâautres, comme la vidĂ©o, comme les photos, etc. Mais je dirais quâon est encore aussi dans une phase dâĂ©valuation de ces impacts.
Donc, il y a des pratiques quâon peut mettre en place doucement, mais il y a aussi de se rendre compte que, pour lâinstant, on est aux prĂ©mices de ce numĂ©rique responsable.
[Bryan] Câest vrai quâaujourdâhui, il y a beaucoup dâutilisateurs, mĂȘme dâentreprises, qui nâont pas conscience que le fait de dĂ©matĂ©rialiser, câest aussi Ă©nergivore, que ce soit pour la fabrication des objets, mais mĂȘme aussi pour le stockage des donnĂ©es, pour la transmission des donnĂ©es. Tout ça, câest des choses qui sont parfois un peu nĂ©gligĂ©es. Je lisais justement une Ă©tude de lâADEME, que tu connais peut-ĂȘtre, qui disait quâaujourdâhui, le numĂ©rique, câest Ă peu prĂšs 4% des Ă©missions de gaz Ă effet de serre.Dâici 2025, ça sera peut-ĂȘtre doublĂ©. Donc, câest vrai quâaujourdâhui, tout ça, ça prend une place assez importante. On pense souvent Ă lâaspect environnemental, mais finalement, toi, ce que tu dis, câest quâil nây a pas que lâenvironnement.
Ăa en fait partie. Il y a aussi toutes les questions dâaccessibilitĂ©, dâinclusion, etc.
[RĂ©mi] Oui, parce quâon voit quâon aura lâoccasion dâen parler, mais on verra sur le⊠Effectivement, sur tout ce qui est social mĂ©dia, mais de maniĂšre gĂ©nĂ©rale, sur le numĂ©rique, on a tendance Ă concevoir des logiciels, des publications qui vont sâadresser Ă 80% de la population, ou les 90 peut-ĂȘtre. Mais on va oublier les autres personnes.Et notamment, en fait, ce quâon sait aujourdâhui, câest quâil y a 14 millions de Français qui se dĂ©clarent Ă©loignĂ©s du numĂ©rique. Alors, Ă©loignĂ©s du numĂ©rique, ça veut dire beaucoup de choses. Câest-Ă -dire que câest de lâĂ©lectronisme pur, mais câest aussi simplement des difficultĂ©s Ă accĂ©der Ă Internet, des difficultĂ©s Ă comprendre tous les environnements qui sont autour.
Ăa peut aller, ça peut ĂȘtre assez large. Mais en tout cas, il y a 14 millions de Français qui, aujourdâhui, disent « Moi, ce numĂ©rique, ce monde-lĂ , il nâest pas si simple que ça pour moi Ă aborder ». Donc, on se doit effectivement de repenser nos pratiques et nos maniĂšres dont on agit avec le numĂ©rique.
Et aprĂšs, pour revenir sur lâempreinte environnementale, donc effectivement, aujourdâhui, on parle de 4% environ des Ă©missions de gaz Ă effet de serre liĂ©es au numĂ©rique. On sait que beaucoup de ces Ă©missions proviennent de nos Ă©quipements. Donc, Ă titre dâexemple, on change le smartphone environ tous les deux ans en France.
Les smartphones, mais Ă©galement plein dâautres Ă©quipements numĂ©riques. LĂ aussi, câest intĂ©ressant aussi de se dire quâil y a effectivement de lâempreinte environnementale, de la production, de la fabrication de ces Ă©quipements. Mais il faut voir aussi ce que ça cause en termes de sur les populations qui sont amenĂ©es Ă concevoir, Ă produire plutĂŽt ces objets.
On parle Ă©videmment de mines en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo, oĂč du coup, on va crĂ©er Ă la fois des conflits armĂ©s, on va financer des conflits armĂ©s. On va Ă©galement crĂ©er des dĂ©placements de population. On va Ă©galement faire travailler des enfants.
Vous pouvez retrouver sur le site de lâInstitut du numĂ©rique responsable un article qui parle de ce problĂšme. Aujourdâhui, il y a encore 40 000 enfants qui travaillent dans les mines pour nos Ă©quipements numĂ©riques. Donc, on voit quâil y a Ă la fois lâempreinte environnementale.
Elle est indĂ©niable parce quâeffectivement, il faut aller trouver des matiĂšres, des matiĂšres rares. Ce nâest pas forcĂ©ment si simple de les extraire. Et puis, juste produire un objet, câest trĂšs lourd en termes de consommation dâĂ©nergie.
Et de fait, il y a cette empreinte environnementale, mais il y a aussi plein de choses au niveau Ă©thique derriĂšre. On connaĂźt les conditions de travail aussi, comme Ă©tait largement Ă©voquĂ©, peut ĂȘtre sans doute pas assez, mais dans les productions, dans les ateliers, dans diffĂ©rents pays dâAsie oĂč les choses se font Ă la chaĂźne et dans des conditions qui ne sont pas forcĂ©ment toujours trĂšs faciles pour les personnes qui sont amenĂ©es Ă travailler et Ă monter, Ă assembler ces diffĂ©rents Ă©quipements numĂ©riques quâon utilise. Donc, il y a un vrai enjeu autour de ça.
Et ça, câest une partie des empreintes de lâempreinte environnementale. Lâautre partie, câest Ă©videmment nos usages, nos usages, le stockage que lâon fait, lâaccumulation de donnĂ©es quâon peut avoir sur nos Ă©quipements qui font quâĂ un moment donnĂ©, on va accumuler tellement de choses sur nos Ă©quipements numĂ©riques quâon va les ralentir et que de fait, on va accĂ©lĂ©rer leur obsolescence. Puis Ă©galement, tout ce quâon stocke dans le cloud, qui nâest pas non plus une chose trĂšs bonne, parce quâon va multiplier les serveurs qui sont derriĂšre.
On pourra revenir sur ces questions de data center qui, parfois, sont un peu mal comprises et parfois, on entend beaucoup de choses qui ne sont pas forcément tout à fait juste par rapport à ça.
[Gwen] Alors justement, est-ce que tu aurais 2-3 petits conseils ou bonnes pratiques ? Parce quâon se demandait, ça a lâair assez compliquĂ©, justement, de se rendre compte, de mettre des choses en place, de savoir par oĂč commencer. On se demandait un petit peu si câĂ©tait Ă la portĂ©e de tout le monde, de toutes les entreprises et sâil y avait des choses simples Ă faire justement Ă la portĂ©e de tous. [RĂ©mi] DĂ©jĂ , le point de dĂ©part, et on en revient souvent Ă ce point de dĂ©part, câest les Ă©quipements. DĂ©jĂ , en fait, câest penser, quand on achĂšte des Ă©quipements numĂ©riques, câest penser une seconde vie. Quâest-ce que je fais dâun ordinateur qui va, au bout de trois ans, peut-ĂȘtre ne plus convenir Ă quelquâun qui fait du graphisme parce quâil a besoin peut-ĂȘtre de ressources qui sont trĂšs importantes ?Quâest-ce que je peux faire de cet Ă©quipement ? Parce quâil va servir encore Ă beaucoup de personnes potentiellement pour faire de la bureautique, peut-ĂȘtre plus simple, etc. Enfin, des choses qui demandent moins de ressources.
Donc, comment est-ce que je pense une seconde vie de mon matĂ©riel ? Si il arrive en bout de vie, Ă un moment donnĂ©, au bout de trois Ă cinq ans, comment est-ce que je peux faciliter son reconditionnement, son recyclage ? Et donc, mettre en place dĂ©jĂ une chaĂźne logistique avec diffĂ©rents acteurs pour sâassurer que mes Ă©quipements numĂ©riques vont ĂȘtre pris dans un cycle qui auront un minimum dâimpact.
Toujours un impact quand mĂȘme assez important. Mais en tout cas, dĂ©jĂ sâassurer de ce cycle-lĂ . Donc ça, câest sur les Ă©quipements.
Et Ă©galement, arriver aussi Ă revoir sa politique de gestion des Ă©quipements. Comment est-ce quâon fait pour moins renouveler ? Pour proposer aux collaboratrices et collaborateurs des smartphones avec une double carte SIM pour Ă©viter de multiplier le nombre de smartphones que les collaboratrices et collaborateurs ont, etc.
Donc ça, câest pour la partie Ă©quipement. Qui nâest pas forcĂ©ment toujours facile Ă gĂ©rer parce quâil y a une profusion dâĂ©quipements, qui a un appel de la nouveautĂ© aussi. Le souci de la performance aussi quâon peut avoir en agence ou en entreprise aussi de maniĂšre gĂ©nĂ©rale et qui parfois va pousser au mauvais choix.
Par souci dâune performance, dâune recherche absolue de la performance, on va prĂ©fĂ©rer changer de matĂ©riel plus rapidement. Alors que parfois, le matĂ©riel est encore tout Ă fait valable. Et puis aprĂšs, il y a la partie usage, pratique.
Quâest-ce que je fais effectivement dans mon mĂ©tier pour que je puisse un petit peu diminuer mon empreinte ? Et lĂ , effectivement, ce nâest pas toujours forcĂ©ment facile de se repĂ©rer. Alors, il y a plusieurs choses que je peux Ă©voquer.
Si on regarde les usages qui, effectivement, sont les plus Ă©nergivores et qui vont coĂ»ter le plus, on va dire, Ă la planĂšte, il y a la vidĂ©o et les photos dans les usages. Globalement, effectivement, on se doute que quand on regarde une vidĂ©o, ça consomme une certaine quantitĂ© de donnĂ©es et que du coup, effectivement, ce nâest pas forcĂ©ment la meilleure pratique. Quand on compare un fichier Excel Ă une vidĂ©o, effectivement, ce nâest pas tout Ă fait la mĂȘme chose.
Donc, ce que je peux faire dĂ©jĂ , câest effectivement me rendre compte dâoĂč sont les plus gros impacts. Comprendre quâun email, effectivement, un email qui ne contient pas de piĂšces jointes, a un impact bien moindre quâune vidĂ©o quand je la consulte. Ăa, câest dĂ©jĂ pour se repĂ©rer, effectivement, vidĂ©o, photo, email.
Comprendre que lâĂ©chelle, elle est dâabord sur la vidĂ©o, ensuite les photos, ensuite les emails. Il y a beaucoup dâĂ©ducation, Ă mon sens aussi, Ă faire. Aujourdâhui, on se rend de moins en moins compte de la taille dâune photo.
Quand je prends une photo avec un smartphone, elle fait quoi ? 1 mĂ©ga, 3 mĂ©ga, 500 kilo-octets ? FOLF fait mĂȘme 10 mĂ©ga sur le smartphone.
Mais qui le dit ? Quel smartphone le dit aujourdâhui ? Câest ça le problĂšme, câest quâaujourdâhui, quel smartphone dit le poids de ce fait dâune photo ?
On se rend compte du poids de la photo au moment oĂč on la tĂ©lĂ©charge sur lâordinateur, et encore, quand mĂȘme. Mais du coup, on a ce problĂšme, ce rapport-lĂ . Et aujourdâhui, on va dire que sur des gĂ©nĂ©rations qui ont connu MS-DOS et Windows 95, et des disquettes et des clĂ©s USB qui faisaient 64 mĂ©ga, on est conscient du poids.
On se rend compte quâeffectivement, quand on avait 64 mĂ©ga sur une clĂ© USB, tu te dis, comment est-ce que je fais pour faire rentrer tout ce que jâai Ă faire rentrer ? Aujourdâhui, quand tu as une clĂ© USB qui fait 1 tĂ©ra, peut-ĂȘtre pas une clĂ©, mais un disque dur qui fait 1 tĂ©ra, ta photo fait 1 mĂ©ga, 3 mĂ©ga, 5 mĂ©ga. On ne se pose pas la question.
Donc, il y a vraiment beaucoup dâĂ©ducation Ă faire par rapport à ça, et de se rendre compte quand je vais mettre une photo, par exemple, si on parle social media, quand je vais mettre une photo en ligne, Facebook ne va pas vous restreindre, trĂšs peu. Facebook et les autres, Facebook Twitter et compagnie, vous ĂȘtes trĂšs peu restreints en termes de poids dâimage. Donc, de fait, si ce nâest pas vous qui ĂȘtes responsable par rapport à ça, vous laissez en fait, je veux que ma photo soit magnifique, je vais mettre une photo avec une dĂ©finition incroyable qui va peser 5 mĂ©ga Ă lâupload, mais ce qui en est est complĂštement inutile.
Donc, câest Ă moi de me rendre compte quâune photo qui va peser 200 kilo-octets, elle sera tout aussi belle publiĂ©e sur Facebook quâune photo qui fait 5 mĂ©ga. Parce quâaujourdâhui, les plateformes ne sont pas responsables par rapport à ça. On pourrait aussi imaginer que les plateformes, demain, quand vous ĂȘtes sur YouTube et que vous uploadez une vidĂ©o de 2 minutes et quâelle fait 2 gigas, que YouTube vous dise, bon lĂ , câest peut-ĂȘtre pas trĂšs raisonnable, mais en fait, 2 minutes, 2 gigas, câest pas normal.
Ce serait la responsabilitĂ© de la plateforme. Aujourdâhui, on voit que les plateformes sont peu responsables par rapport à ça parce quâelles prennent peu en compte cet aspect-lĂ . Donc, câest Ă lâutilisateur de faire attention.
Et en tant que social media manager, on peut dire que quand on publie des photos sur les rĂ©seaux sociaux, on fait en sorte quâelles ne dĂ©passent pas 300 kilo-octets. HonnĂȘtement, une photo qui fait plus de 300 kilo-octets sur Internet, Ă moins dâavoir un Ă©cran vraiment gĂ©ant pour la voir, on verra pas la diffĂ©rence de qualitĂ©.
[Bryan] Oui, câest clair. Du coup, il y a une vraie question de la compression aussi du fichier qui peut avoir un impact vraiment direct. Effectivement, câest vrai quâon a beaucoup de clients qui veulent que les photos quâon publie ou les vidĂ©os quâon publie soient en HD, quâelles soient magnifiques.Et je dirais mĂȘme quâaujourdâhui, il y a une consommation des contenus qui est tellement forte depuis Smartphone qui fait que finalement, est-ce quâon a vraiment besoin de mettre une vidĂ©o en HD quand on sait quâelle va ĂȘtre consommĂ©e sur un tĂ©lĂ©phone avec un Ă©cran plus petit ?
[RĂ©mi] Et dâailleurs, dans la mĂȘme logique, si je travaille avec mon Smartphone en situation de mobilitĂ© en tant que social media manager, comment je fais pour contrĂŽler la qualitĂ© de la photo ? Pour uploader une photo qui ne va pas peser justement 3 mĂ©gas. Ă un moment donnĂ©, si vous prenez une photo parce que vous ĂȘtes sur un Ă©vĂ©nement, vous publiez la photo sur Twitter, Ă lâupload, si vous prenez le fichier original, il va peser 3 mĂ©gas.Quâest-ce que je peux faire sur mon Smartphone ? Quâest-ce que je peux installer pour permettre de rĂ©duire avant upload la qualitĂ© de mon image ? Pour complĂ©ter aussi, ce qui coĂ»te aujourdâhui, souvent on dit hĂ©berger des vidĂ©os, des photos, etc.
sur le cloud, câest une catastrophe environnementale. Et on va dire que les data centers sont une catastrophe environnementale. Câest ça comme rĂ©flexion quâon a.
En rĂ©alitĂ©, les data centers, une donnĂ©e qui est hĂ©bergĂ©e, câest un poids pour lâenvironnement, mais aujourdâhui on nâobserve pas une rĂ©elle augmentation de la consommation de donnĂ©es liĂ©es aux data centers eux-mĂȘmes. MĂȘme sâil y a une quantitĂ© de donnĂ©es astronomique qui sâaccumule. On va arriver Ă un point oĂč on ne pourra plus absorber tout ça parce quâon est pour lâinstant sur une miniaturisation des serveurs, et peu Ă peu on arrive Ă diminuer leur taille et leur consommation, mais on va arriver Ă un point de saturation, ça câest une chose.
Mais aujourdâhui, on ne peut pas accuser les data centers dâĂȘtre une catastrophe environnementale. En revanche, ce qui coĂ»te cher, câest parce que nous on fait appel Ă ces Ă©lĂ©ments sur nos terminaux Ă la fin, et Ă chaque fois quâon va faire jouer les rĂ©seaux et appeler sur nos terminaux, lĂ on va consommer Ă©normĂ©ment dâĂ©nergie. Et donc Ă ce moment-lĂ , ce qui est stockĂ© sur les serveurs, lĂ effectivement câest une empreinte.
Câest la bande. Câest nos terminaux en tant que personnes qui coĂ»tent fortement. Câest aussi liĂ© Ă ce qui est stockĂ© au dĂ©but.
Si on stocke une photo qui fait 3M et quâon la tĂ©lĂ©charge, câest trĂšs diffĂ©rent que tĂ©lĂ©charger une photo qui fait 300KB. Et justement, sur son tĂ©lĂ©phone, est-ce quâon a des applis qui sont utiles ? Câest une rĂ©flexion que je me faisais en mĂȘme temps quâon en parlait.
Peut-ĂȘtre quâon pourra mettre des liens avec le podcast, parce que câest certain que ça doit exister. Jâaurais plaisir Ă mettre des liens.
[Gwen] Alors moi jâaimerais bien quâon creuse le sujet cĂŽtĂ© social media justement. Nous câest ce qui nous intĂ©resse. Et alors, de quoi est-ce quâon parle quand on parle dâĂ©co-responsabilitĂ©, mais dans le social media justement ?Est-ce que tu pourrais nous dire un petit peu ?
[RĂ©mi] Il y a cet aspect que jâĂ©voquais sur effectivement ma problĂ©matique en tant que social media manager, câest que je suis amenĂ© Ă publier du contenu visuel, et on sait que câest le contenu visuel qui plaĂźt. Si je nâĂ©tais amenĂ© Ă faire que des tweets avec du texte et des posts de maniĂšre gĂ©nĂ©rale sur les rĂ©seaux sociaux avec du texte, je ne dis pas quâon pourrait en faire autant quâon veut, mais enfin un texte publiĂ©, câest quand mĂȘme assez lĂ©ger en termes dâimpact. Encore une fois, câest des choses qui sont en Ă©valuation, mais envoyer un email avec seulement du texte, envoyer un message sur les messageries instantanĂ©es avec que du texte, etc., câest un impact qui est faible, en tout cas extrĂȘmement faible, comparĂ© au moment oĂč je vais publier une photo ou une vidĂ©o. Donc mon enjeu en fait, il est quand mĂȘme de se dire comment je peux essayer de limiter le nombre de contenus visuels que je produis. Câest un peu un leurre, parce quâon est quand mĂȘme dans une Ă©poque qui pousse Ă cela. Instagram a un succĂšs qui nâest pasâŠSâil est lĂ , câest bien parce quâil y a ce contenu visuel quâon pousse. En revanche, ma responsabilitĂ© peut quand mĂȘme dâores et dĂ©jĂ sâexercer, comme je le disais. Quand je suis Ă lâupload, quand je suis au moment de tĂ©lĂ©verser une image sur le rĂ©seau social, quâest-ce que je fais pour Ă©viter de balancer une image qui fait 3 mĂ©gas ou 5 mĂ©gas ?
Parce que je peux envoyer une photo qui fait 200 kiloptels, lâutilisateur final ne verra pas la diffĂ©rence. Donc de la mĂȘme façon, quand je fais une vidĂ©o, comment est-ce que je fais pour la compresser au maximum ? Est-ce que jâai besoin en fait sur YouTube de proposer le 720, le 400, le machin ?
Peut-ĂȘtre quâune qualitĂ© Ă 480, ça peut suffire. Donc dĂ©jĂ , câest lĂ ma premiĂšre responsabilitĂ© que je peux exercer en tant que social media manager, câest avoir cette capacitĂ© Ă me dire attention, quand je clĂŽne, dĂ©jĂ je cherche Ă rĂ©duire. Et lĂ dĂ©jĂ , je viens proposer quelque chose qui va diminuer mon empreinte environnementale.
Donc câest un premier point, et câest sur lâempreinte environnementale. Et aprĂšs, les autres points sur lesquels on peut parler dâĂ©coresponsabilitĂ© ou de responsabilitĂ© encore une fois, de maniĂšre gĂ©nĂ©rale, il y a ma pratique aussi au niveau Ă©thique et inclusif. Sur la pratique Ă©thique, je vais prendre un exemple simple, si on fait de la publicitĂ© avec les rĂ©seaux sociaux, comment est-ce que je peux Ă©viter de reproduire un retargeting qui martĂšle mes utilisatrices et utilisateurs ?
Aujourdâhui, on sait que le retargeting est quand mĂȘme un flĂ©au parce quâĂ un moment donnĂ©, ça devient beaucoup trop intrusif. Câest un outil qui est intĂ©ressant, mais qui est encore trop mal utilisĂ© parce quâon va utiliser le retargeting Ă tout va, et de fait, on va bombarder les publicitĂ©s retargetĂ©es en masse. Ă un moment donnĂ©, ça produit aussi un contre-effet sur la personne.
Donc ça, câest un premier point quâon peut voir.
[Bryan] On a des garde-fous aujourdâhui sur notamment les indicateurs que nous donne la plateforme, comme le taux de rĂ©pĂ©tition. LĂ , on peut commencer Ă se dire que la rĂ©pĂ©tition, elle est supĂ©rieure Ă 2,5, voire 3. [RĂ©mi] Mais ça dĂ©pend du client aprĂšs peut-ĂȘtre ? Ăa dĂ©pend de lâagence et du client ? Câest-Ă -dire que ça dĂ©pend de la capacitĂ© de lâagence Ă apporter le conseil et Ă raisonner le client aussi, jâimagine ? [Bryan] AprĂšs, de toute façon, ce qui est sĂ»r, câest que plus un message est rĂ©pĂ©tĂ© sous le mĂȘme format, plus ça va avoir un impact nĂ©gatif sur lâimage de marque. Donc au final, câest aussi Ă lâagence ou aux frĂ©quences ou Ă la personne qui va gĂ©rer la publicitĂ© de vraiment recommander aussi Ă son client peut-ĂȘtre de diversifier les formats ou mĂȘme totalement de limiter lâusage du retargeting juste pour des campagnes vraiment qui sont stratĂ©giques. Parce que câest vrai que souvent, on fait du retargeting pour des choses qui sont totalement inutiles. [RĂ©mi] Et puis aprĂšs, il y a un autre sujet qui est globalement lâaccessibilitĂ© de ce que lâon fait. Alors, il y a trois choses. Aujourdâhui, les sous-titres sont produits sur les vidĂ©os, pas pour des questions dâaccessibilitĂ© mais finalement plutĂŽt parce que les personnes, les utilisateurs et les utilisatrices ont pris lâhabitude de ne pas regarder les vidĂ©os avec du son. [Bryan] Et donc, câest une bonne chose pour lâaccessibilitĂ© donc ce nâest pas trĂšs grave, tant mieux. Surtout pour les vidĂ©os qui sont trĂšs techniques parce que souvent, on se dit que lâutilisateur va regarder sur le son. Mais parfois, nous-mĂȘmes, des vidĂ©os, quand on les Ă©coute, au moment oĂč on voit les sous-titres on se rend compte que câest hyper technique comme sujet et que câest plus facile Ă comprendre en lisant des sous-titres quâen Ă©coutant la personne parler. [RĂ©mi] Il y a autre chose en revanche câest beaucoup dans les photos des choses qui sont faisables notamment sur Twitter. On peut ajouter, donc Ă la maniĂšre de ce quâon fait quand on publie une photo sur un site internet, on peut ajouter un texte alternatif. Câest quelque chose qui est assez essentiel et quâon fait encore trop peu.Je peux, il y a une fonction qui est texte alternatif sur les photos quand je les publie. Je ne sais pas si vous, vous prenez lâhabitude de le faire. Mais câest une pratique qui est trĂšs bien.
Permettre aux personnes notamment qui sont en situation de dĂ©ficience visuelle de pouvoir avoir accĂšs au contenu de la photo avec un texte explicatif. Ce qui est intĂ©ressant, câest quâavec Twitter, on est Ă plus de 1000 caractĂšres, on peut mettre un texte descriptif qui est assez complet pour permettre aux personnes de comprendre ce qui est dans la photo quâon a publiĂ©e liĂ©e au tweet quâon a fait.
[Bryan] Sur LinkedIn, on peut aussi le faire depuis pas trĂšs longtemps. AprĂšs, câest vrai que câest difficile souvent de le systĂ©matiser notamment quand on va utiliser des outils tiers pour publier sur les plateformes. Parce quâon programme beaucoup les contenus et on ne peut pas toujours ajouter un texte alternatif.Par contre, si on est en natif sur la plateforme, câest une bonne pratique.
[RĂ©mi] Donc, il y avait ces deux choses. La troisiĂšme chose, oui, lâĂ©criture inclusive. LâĂ©criture inclusive, câest assez intĂ©ressant parce que câest un outil que jâaime bien parce que je trouve que câest extrĂȘmement important quâon puisse dire, quâon puisse se rendre compte quâon a une langue aujourdâhui qui est quand mĂȘme compliquĂ©e parce quâelle oublie 50% de la population, mĂȘme 51% de la population.Donc, notre langue a quand mĂȘme cette particularitĂ© de faire ça. Quand on compare ça Ă lâanglais, ça nâexiste pas. Du coup, il faut quâon trouve une solution.
Et lâĂ©criture inclusive, malheureusement, nâest peut-ĂȘtre pas la solution la meilleure. Aujourdâhui, lâĂ©criture inclusive, et moi je lâai fait par expĂ©rience, câest quâĂ un moment donnĂ©, moi je tweetais beaucoup en Ă©criture inclusive, et on me lâa reprochĂ© en me disant que ce que vous faites nâest pas accessible. Le problĂ©matique de lâĂ©criture inclusive, câest que sâil y a une personne qui est en situation de dĂ©ficience visuelle, quand elle va, du coup, son navigateur va lui lire, du coup, de maniĂšre audio, le retranscrire de maniĂšre audio le contenu de la publication, Ă©videmment, avec lâĂ©criture inclusive, les abonnĂ©s.e.s sont acceptĂ©s.e.s ça devient quelque chose dâassez inaudible. Je vous conseille dâaller regarder un peu sur internet pour voir ce quâil se passe. Et donc, de fait, malheureusement, câest pas une solution qui est la meilleure. La solution, moi, quâaujourdâhui, jâaime bien utiliser, mais qui est carnivore en termes de caractĂšre, câest de mettre les deux les collaboratrices et collaborateurs, par exemple.
Mais aprĂšs, câest difficilement conciliable, parfois, avec un tweeter qui vous dit quâil y a 280 caractĂšres, il faut sâarrĂȘter.
[Bryan] Câest ça, avec lâimpĂ©ratif de taille, câest vrai que câest⊠Mais par contre, si on a la possibilitĂ© de le faire, toi, tu recommandes vraiment dâessayer de mettre les deux formats. [RĂ©mi] Je pense quâaujourdâhui, vraiment, on a ce devoir de quand mĂȘme avoir ça en tĂȘte, que notre Ă©criture oublie 51% de la population, quâon manque de reprĂ©sentation des femmes de maniĂšre gĂ©nĂ©rale, quand mĂȘme, dans beaucoup de mĂ©tiers, beaucoup de fonctions Ă haute responsabilitĂ©, quâon se doit, du coup, de montrer des modĂšles de femmes qui rĂ©ussissent et aussi, particuliĂšrement, dans les mĂ©tiers du numĂ©rique oĂč, aujourdâhui, on est entre 25 et 30% de femmes dans les mĂ©tiers du numĂ©rique.Donc, on se doit, du coup, de vĂ©ritablement bien rendre compte que cette population-lĂ , câest pas une minoritĂ©, loin de lĂ , puisque câest 51% de la population et que notre langue, de fait, a tendance à ⊠Câest pas un directeur de communication. Si câest une femme, câest une directrice de communication.
Câest pas un dĂ©veloppeur web, câest une dĂ©veloppeuse web, etc. Et aussi, parfois, je dis dĂ©veloppeuse parce quâon entend des personnes qui vont vous dire dĂ©veloppeuse, câest moche. Ăa, vous en avez.
Câest aussi des choses quâil faut quâon brise. Câest pas parce que câest moche que⊠Oui, puis câest pas moche.
Câest aussi parce quâon nâa pas lâhabitude dâentendre. Et ça, câest la problĂ©matique. Câest quâon sâest habituĂ© Ă entendre des termes aussi avec un terme masculin.
Et donc, on lâentend pas au fĂ©minin. Et donc, de fait, on dĂ©crĂšte que⊠Mais non.
Et donc, il faut quâon impose ces termes-lĂ aussi. Et quâon choisisse. Alors, câest aussi sâarranger.
Est-ce quâon fait des accords de proximitĂ© aprĂšs-derriĂšre ? Est-ce que câest de lâĂ©criture inclusive, parfois ? Câest pas Ă©vident.
Mais je pense quâil faut vraiment quâon arrive Ă prendre en compte ces problĂ©matiques-lĂ . Si on veut tendre vers une sociĂ©tĂ© qui est le plus paritaire possible, le plus Ă©galitaire possible. Ce qui est encore loin dâĂȘtre le cas.
[Gwen] TrĂšs bien. Et justement, par rapport Ă tout ça, ces choses Ă faire au quotidien que tu nous conseilles, est-ce que tu connais des outils pour mesurer son impact au quotidien ? Vous parliez tout Ă lâheure sur smartphone pour les photos, mais est-ce quâil existe dâautres outils ? [RĂ©mi] Je vais vous renvoyer au site de lâInstitut du numĂ©rique responsable. Câest institutnr.org. On a une page qui est dĂ©diĂ©e qui liste diffĂ©rents outils qui permettent de mesurer.On est bien sur les trois pans environnemental, Ă©thique et inclusive. A la fois mesurer son empreinte environnementale, dâune part, mais Ă©galement mesurer son niveau dâaccessibilitĂ©. On parle surtout au niveau web, niveau site.
Au niveau social media, câest plus difficile dâĂ©valuer exactement son empreinte. Câest difficile Ă faire parce que on nâest pas les concepteurs, pas les dĂ©veloppeurs dâun Twitter, dâun Facebook, etc. DĂ©terminer lâempreinte exacte dâune publication, pour lâinstant, on nây est pas encore.
Câest ça qui est intĂ©ressant dans le numĂ©rique. Ce qui est bien aussi, câest quâon voit que le numĂ©rique commence Ă se remettre en question assez rapidement par rapport Ă plein dâautres secteurs. Si on prend le secteur de lâautomobile, il a mis un peu plus de 100 ans avant de se dire peut-ĂȘtre quâon nâest pas sur la bonne voie.
NumĂ©rique, on nâest pas si loin que ça, du dĂ©but, notamment par rapport Ă Internet. Câest bien quâon voit quâil y a une vraie remise en question et de voir comment on peut changer les pratiques. On est toujours dans des phases dâĂ©valuation.
Il y a des outils qui nâĂ©valuent pas encore tout, mais il y a des choses qui arrivent.
[Gwen] Une question vraiment une rĂ©ponse toute simple. Si nous, demain, on a envie de se lancer dans le virage de la communication Ă©co-responsable, selon toi, par quoi est-ce quâon commence ? [RĂ©mi] Pour moi, le point de dĂ©part, il y a toujours trois points de dĂ©part. Si je systĂ©matise la compression de mes fichiers avant de les mettre en ligne, et ça, je pense quâon a beau y penser peut-ĂȘtre souvent, le systĂ©matiser 100% du temps, câest peut-ĂȘtre loin dâĂȘtre gagnĂ©. [Bryan] Ăa, câest un premier point. Quand on va produire des contenus pour un site Internet, nos images, on y poste systĂ©matiquement parce que ça a un impact sur le rĂ©fĂ©rencement naturel. Câest mĂȘme pas une incitation.On est obligĂ© de le faire. Mais câest vrai quâon ne le fait pas systĂ©matiquement pour les rĂ©seaux sociaux. On nâexige cette partie-lĂ .
[RĂ©mi] Ăa, câest le premier point. Le deuxiĂšme point, câest lâaccessibilitĂ© qui me semble ĂȘtre indĂ©niable. Câest systĂ©matiser aussi le cĂŽtĂ© accessible de mes publications.Et puis aussi, un dernier point qui me semble important, câest travailler sur⊠Je ne suis plus en tĂȘte. DĂ©jĂ , ces deux points-lĂ , câest important.
Et sur le cĂŽtĂ© inclusif, une derniĂšre chose aussi, on a parlĂ© de la problĂ©matique de la place des femmes de maniĂšre gĂ©nĂ©rale, dâune Ă©criture qui peut ĂȘtre inclusive dâune maniĂšre ou dâune autre. Il y a aussi autre chose, câest la question de la reprĂ©sentation et des stĂ©rĂ©otypes. LĂ aussi, câest trĂšs difficile quand on est dans la publication sur les rĂ©seaux sociaux, mĂȘme de maniĂšre gĂ©nĂ©rale, mais en tout cas sur les rĂ©seaux sociaux, de ne pas tomber dans les stĂ©rĂ©otypes.
Comment est-ce que je fais pour reprĂ©senter ? On va reprĂ©senter des personnages quand on va publier des choses. Si on prend les banques dâimages, par exemple.
Si je prends les banques de photos, gratuites, libres de droit, ou mĂȘme les banques dâicĂŽnes, on va se rendre compte trĂšs rapidement quâils sont stĂ©rĂ©otypĂ©s. Et donc, comment je fais pour ne pas forcĂ©ment reprĂ©senter une femme en jupe, un homme en cravateâŠ
[Bryan] Et puis Bill derriĂšre son bureau, et Madame qui porte les dossiers⊠[RĂ©mi] Câest exactement ça. Il y a un vrai enjeu par rapport à ça pour Ă©viter ces stĂ©rĂ©otypes. [Bryan] Câest dans le choix dâillustration quâon a un rĂŽle Ă jouer. [RĂ©mi] Et dâailleurs, je vous invite aussi pour voir quâon est vraiment dans des problĂ©matiques fortes de stĂ©rĂ©otypes, de taper « jouets pour filles » sur Google et « jouets pour garçons ». Vous allez voir lâenfer dans lequel on est. [Bryan] Oui, je le vis au quotidien en ce moment. [Gwen] Ăa marche. Merci. Avant de terminer, jâaimerais te poser une question.Câest une question que jâaime bien poser quand on arrive Ă la fin du podcast. Est-ce que tu aurais une anecdote professionnelle Ă nous raconter qui tâa fait prendre conscience de lâimportance de ce sujet ?
[RĂ©mi] Oui⊠Il y a eu plusieurs dĂ©clics. Il y a eu plusieurs dĂ©clics, maisâŠEn fait, Ă certains moments, quand vous vous rendez compte, notamment en cours, que la proposition dâaller faire du marketing digital va pousser Ă certaines pratiques qui ne vous correspondent plus. LĂ , il y a quelque chose par rapport Ă lâenvironnement. Par exemple, sur le Black Friday, câest quelque chose qui mâa beaucoup marquĂ©.
Je me suis toujours questionnĂ© par rapport au Black Friday. En mĂȘme temps, il y a une vraie opportunitĂ© pour beaucoup dâentreprises. Si on regarde beaucoup dâentreprises, il y a certaines entreprises traditionnelles qui se positionnent sur le Black Friday parce quâelles ont un impĂ©ratif de sauvegarder les emplois, de prĂ©server un Ă©quilibre dâentreprises.
En mĂȘme temps, aujourdâhui, le Black Friday, on sait que câest une forte problĂ©matique environnementale. Par rapport à ça, quand vous faites du marketing digital, quâest-ce que vous dites aux Ă©tudiants ? Est-ce quâil faut y aller ou pas y aller ?
LĂ , on se rend compte que le conseil, par rapport Ă ce quâon observe, on se dit quâil y a peut-ĂȘtre un hiatus. Câest peut-ĂȘtre temps de revoir notre façon de faire du e-commerce et notamment lâe-commerce. Câest surtout dans ces moments-lĂ oĂč on parle e-commerce.
Il y a un calendrier aujourdâhui avec tous les marronniers, toutes les opĂ©rations Ă pas louper, la fĂȘte des mĂšres, la fĂȘte des pĂšres, et puis le Black Friday. Est-ce quâil faut prendre chacun de ces moments du calendrier et en faire une opĂ©ration commerciale obligatoirement ? Quand vous dites quâil y a ce calendrier et allez-y, piochez dedans, vous vous dites peut-ĂȘtre oui, regardez, mais regardez ce qui est vraiment en accord avec vos valeurs, ce qui a du sens.
Je ne vais pas citer la marque, mais il y a une marque dâenceinte qui proposait des produits et je crois que cette annĂ©e, ils ne lâont pas fait dâailleurs, mais spĂ©cifiques pour la fĂȘte des mĂšres et pour la fĂȘte des pĂšres. On parle dâenceinte. Quâest-ce qui fait quâil y a des produits qui sont plus pour les femmes et plus pour les hommes ?
Donc peut-ĂȘtre que lâopĂ©ration commerciale, il faut peut-ĂȘtre quâelle se porte diffĂ©remment. En tout cas, on peut trouver des moyens de dire que chaque moment de fĂȘte nâest pas forcĂ©ment une opĂ©ration commerciale Ă rĂ©aliser et on doit prendre en compte quel impact ça a derriĂšre. Je crois que ça, câest aussi un moment oĂč on se rend compte quâon a envie de promouvoir autre chose.
Notamment quand on enseigne auprĂšs dâĂ©tudiants et dâĂ©tudiantes qui sont demandeurs et demandeuses de changements.
[Bryan] Câest plutĂŽt sur lâenseignement que ça abat trĂšs bien. Oui, tout Ă fait. [Gwen] TrĂšs bien. Je pense connaĂźtre la rĂ©ponse, mais est-ce que, comme Ă chaque fois, tu pourrais conclure ce sujet en trois mots ? Du coup, je pense que tu nous les as pas mal rĂ©pĂ©tĂ©s dĂ©jĂ . [RĂ©mi] Effectivement, oui. Lâempreinte environnementale, inclusion et Ă©thique. [Gwen] TrĂšs bien. Merci beaucoup Ă toi dâĂȘtre venu discuter avec nous des co-responsabilitĂ©s. [RĂ©mi] Avec grand plaisir. [Gwen] Peut-ĂȘtre quâon aura lâoccasion de tâavoir Ă nouveau derriĂšre le micro du pOD un de ces quatre. [Bryan] Avec grand plaisir. Merci RĂ©mi. Merci RĂ©mi.Bon retour Ă Paris. Merci beaucoup.
[Gwen] Bonne journĂ©e Ă tous et Ă trĂšs bientĂŽt pour un prochain Ă©pisode du pOD. Quelques mots avant de se quitter. Tout dâabord, vous pouvez retrouver cet Ă©pisode sur le blog de lâagence www.keepitsimple.fr rubrique podcast ou sur nos rĂ©seaux sociaux. Ensuite, nâhĂ©sitez pas Ă nous faire part de vos conseils, vos impressions, nous poser vos questions ou faire une suggestion. Vos retours pourraient nous donner plein de belles idĂ©es pour la suite. Je vous dis merci pour cet Ă©change et Ă trĂšs bientĂŽt pour un prochain Ă©pisode du pOD.