Notes de l’épisode 23 du pOD : pour ce vingt-troisième épisode, nous échangeons ensemble sur la question du droit à la déconnexion sur les réseaux sociaux. Retrouvez ci-dessous les principaux éléments abordés durant cet épisode (pour rappel, ce sont des notes 😉), ainsi que différents liens et ressources utiles pour approfondir votre réflexion.
Sommaire
Ecouter l’épisode
Avant-propos
Pourquoi est-ce qu’on aborde ce sujet ? L’idée de ce sujet nous vient d’échanges au sein de l’agence que l’on a eu suite à un post Linkedin de Bryan. Le sujet : l’idée reçue que les Social Media Manager et les Community Manager ne déconnectent jamais. En effet, de nombreux CM disent ne jamais couper. D’autres pensent qu’il n’y a aucun souci à couper, et que ceux qui n’y arrivent pas ne mettent juste pas de bonne volonté.
Ce sujet a même empiré avec le télétravail, car la frontière vie pro – vie perso est devenue de plus en plus poreuse. Pourtant, « couper » c’est l’assurance d’être serein, épanoui et créatif au travail.
Dit comme cela, ça parait simple. Le problème, c’est que pour certains métiers c’est plus difficile. Sur ce point, les Community Managers et les Social Media Manager ne sont pas en reste.
Heureusement, des solutions existent. Notre invité Alexandre Cherré, Social Media Manager de la Ville de Nantes et de Nantes Métropole nous partage son retour d’expérience sur le sujet.
Alors comment fait-on pour arriver à déconnecter ? Comment peut-on s’organiser ? C’est ce que nous allons voir dans ce nouvel épisode de podcast.
Les intervenants sur cet épisode de podcast sont donc :
Axe 1 – Le droit à la déconnexion : les fondamentaux
Le droit à la déconnexion est directement inscrit dans la fameuse Loi Travail de 2016, en vigueur depuis le 1er janvier 2017 :
« En dehors de ses heures de travail, tout salarié n’est pas tenu d’être en permanence joignable par son employeur pour des motifs liés à l’exécution de son travail. Dans le cadre du télétravail, mis en place de façon exceptionnelle ou non, le droit à la déconnexion s’applique également ».
📌 Source : Service Public, site officiel de l’administration française
Mais dans les faits, le droit à la déconnexion n’est souvent qu’une déclaration de bonnes intentions :
- plus des 2/3 des cadres français utiliseraient leurs outils numériques professionnels le soir et le week-end (source : sondage Opinion way pour le cabinet Eléas, 2018)
- 67 % des Français n’arrivent pas à décrocher de leur travail pendant leurs vacances (source : Qapa, 2019)
Mais pourquoi alors que c’est inscrit dans la Loi ? Parce que les entreprises sont censées organiser la déconnexion, mais elles ne peuvent pas être sanctionnées.
D’ailleurs, tout cela a même empiré avec le télétravail.
Axe 2 – Organiser sa déconnexion des réseaux sociaux
« La notion d’équipe est importante. On compte beaucoup les uns sur les autres pour pouvoir couper. » – Alexandre
C’est d’abord la mise en place d’une équipe qui favorise la déconnexion. L’organisation interne va ainsi permettre à tout le monde de pouvoir souffler et couper.
Et peu importe la taille de votre structure, vous devez pouvoir compter sur votre équipe pour vous épauler.
Quand on parle d’équipe, on parle de toutes les personnes qui vous entourent au quotidien. Cette notion d’équipe ne doit pas s’arrêter aux personnes qui font le même métier que vous.
En effet, peut-être que vous êtes seul·e dans votre entreprise à faire le métier que vous faites. C’est pourquoi, tentez de créer une organisation où vous impliquez le reste de l’équipe, même s’ils ne sont pas spécialistes des réseaux sociaux.
« Pour les week-end, on a un système d’astreinte avec des Community Managers et des journalistes qui se succèdent pour pouvoir communiquer en cas de crise. » – Alexandre
Ce système permet à toute l’équipe de pouvoir souffler et couper. De même, qu’il permet à la hiérarchie de pouvoir compter sur quelqu’un en cas de crise et/ou d’urgence.
Bien évidemment, pour que cela fonctionne il est nécessaire que les personnes soient formées et à l’aise, pour pouvoir prendre la main et agir en autonomie si besoin.
« L’astreinte est déclenchée en cas de crise ou de communication urgente. » – Alexandre
Mais attention : le système d’astreinte doit être cadré et rémunéré. Il doit servir uniquement en cas de crise ou d’urgence. Ce cas de figure doit rester de l’ordre de l’exceptionnel.
« Cela peut vite déborder et on peut rapidement avoir envie de rattraper notre retard ou d’anticiper le travail de la semaine à venir. C’est pourquoi, un cadre a été mis en place. » – Alexandre
Il est donc important de fixer des limites.
Par exemple : Faire la modération des commentaires uniquement sur les heures de travail.
« Une fois de plus, le travail d’équipe fait tout. En cas de crise, n’importe qui peut prendre la chose en main grâce à notre organisation, nos process, nos formations etc. » – Alexandre
L’union fait la force. Et tout est une question d’organisation.
Il est préférable d’avoir un processus mis en place, une marche à suivre, qui servira de ligne de conduite à la personne qui devra gérer la crise. Cela permet d’être plus efficace et de rassurer la personne.
N’oublions pas que les personnes qui interviennent en cas d’astreinte ne sont pas forcément des CM, ce sont juste des personnes formées. Il faut donc les accompagner.
Une fois le processus mis en place, vous pouvez vous aider d’outils comme :
- Agorapulse pour programmer ses publications à l’avance, publier et optimiser le processus de modération ;
- Asana pour s’organiser et attribuer des tâches à d’autres personnes.
« Pour faire patienter les internautes, on a mis en place un système de réponse automatique pour leur signaler quand ils auront une réponse. » – Alexandre
De plus, l’internaute comprend de mieux en mieux que les CM coupent le soir ou le week-end. Le métier se démocratise.
Il est de plus en plus facile de faire comprendre aux internautes que cela fonctionne comme pour un magasin : on respecte les horaires d’ouvertures. Sur les réseaux sociaux, c’est pareil 😉
« La position de la hiérarchie est également très importante. » – Alexandre
La hiérarchie joue un rôle important également dans la déconnexion des collaborateurs.
En effet, si vos managers poussent dans ce sens, les équipes prendront l’habitude de déconnecter après leurs heures de travail. Il est également nécessaire que ces derniers montrent l’exemple.
À l’inverse, les personnes auront tendance à rester disponibles “au cas où”.
Axe 3 – Conseils et astuces
Nos conseils pour réussir à se déconnecter des réseaux sociaux quand on est Community Manager ou Social Media Manager :
✅ Couper ses notifications. Ça paraît bête et pourtant, nombreux sont ceux qui ne le font pas. Le fait de ne plus les voir incite beaucoup moins à aller voir ce qu’il se passe. Ainsi, vous reprenez le contrôle : c’est vous qui choisissez de vous rendre sur vos réseaux sociaux (et non l’inverse).
✅ Ranger son téléphone et/ou son ordinateur professionnel. Si jamais vous n’arrivez pas à éviter d’« aller jeter un petit coup d’œil histoire de… », rangez vos outils de travail dans un tiroir. Ainsi, vous serez beaucoup moins tenté de regarder 😉
✅ Avoir un lieu dédié pour travailler. Avec la démocratisation du télétravail, il est devenu d’autant plus important de cloisonner sa vie pro et sa vie perso à la maison. Le fait d’avoir un lieu (peu importe la taille) dédié à votre travail vous aidera à déconnecter une fois votre journée terminée.
✅ Cloisonner les réseaux sociaux en fonction de vos besoins. Par exemple, vous pouvez décider que LinkedIn et Twitter ne vous servent que pour le pro. Donc, on laisse les applications fermées en dehors de ses heures de travail ou au moins le week-end.
✅ S’échapper de son travail. Dans le cas de notre invité, le fait de partir de Nantes le temps d’un week-end ou de vacances l’aide à s’évader de son travail. Tout ce qu’il se passe dans sa ville le ramène forcément à son travail, donc pas simple de couper !
À l’inverse, voici les erreurs à ne pas commettre :
❌ Administrer les comptes de ses clients avec ses comptes personnels. Là, vous êtes sûrs de ne pas couper car votre veille va se mêler à votre fil d’actualités personnel, ainsi que les notifications.
❌ Suivre les comptes de ses clients avec ses comptes personnels. C’est une fausse bonne idée. Même si cela part d’un bon sentiment de vouloir les suivre, les publications de vos clients vont se mêler à vos intérêts personnels.
Pour conclure ce sujet
Les maîtres mots pour bien déconnecter des réseaux sociaux :
- Équilibre pour trouver un juste milieu entre vie pro et vie perso sur les réseaux sociaux. Mais également un équilibre entre les charges de travail qui vous sont attribuées ainsi qu’à vos collègues ;
- Respiration pour trouver des moments afin de respirer en dehors des réseaux (la “digital détox” vous connaissez ? 😉) et laisser le travail de côté ;
- Équipe : partagez avec vos collègues les enjeux, les contraintes et la charge de travail que vous avez. Ils vous le rendront bien !
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Transcription de l’épisode
[Gwen] Bonjour et bienvenue sur LePod, le podcast qui décortique les problématiques des médias sociaux avec une dose de stratégie proposée par l’agence social media Ouest Digital. Pendant une demi-heure, parfois plus, nous échangeons ensemble sur les métiers liés à la communication digitale. Savoir-faire, conseils, bonnes ou même mauvaises pratiques du métier, on se dit tout.Et on partage nos approches, nos trucs et astuces pour être le plus efficace au quotidien. Dans l’épisode d’aujourd’hui, je suis accompagnée de Bryan et d’Alexandre, notre invité du jour. Et nous allons vous parler du droit à la déconnexion sur les réseaux sociaux.
Ça paraît simple et pourtant, dans notre métier, la frontière est mince. En effet, dans un contexte d’hyperconnectivité, comment s’organiser pour pouvoir déconnecter et comment faire accepter ce droit à la déconnexion par les autres ? Un dernier mot, si ce podcast vous plaît, pensez à vous abonner sur votre plateforme d’écoute préférée pour être sûr de ne rater aucun épisode.
Allez, je vous laisse, c’est parti ! Bonjour et bienvenue dans ce 23ème épisode du Pod. Aujourd’hui, nous allons parler du droit à la déconnexion sur les réseaux sociaux quand on gère des comptes sur les réseaux sociaux pour une structure.
Pour aborder ce sujet, je suis avec Bryan. Bonjour Bryan.
[Bryan] Bonjour Bryan. [Gwen] Mais également avec notre invité du jour, Alexandre, qui est directement concerné par ce sujet puisqu’il est le social media manager de la ville de Nantes. Avant de poursuivre, Alexandre, je vais te laisser te présenter si tu veux bien. [Alexandre] Bonjour à toutes et à tous. Je suis Alexandre Chéret. Je suis social media manager de la ville de Nantes et de Nantes Métropole.Ça fait bientôt 10 ans que je suis à la ville et à la métropole. Je suis en charge de la coordination, de la stratégie, de la réflexion autour des réseaux sociaux des deux collectivités. Je suis avec deux community managers au quotidien pour animer, modérer et définir toutes les stratégies réseaux sociaux des deux collectivités.
[Gwen] Merci à toi. Pour vous en dire un peu plus sur pourquoi est-ce qu’on a choisi d’aborder ce sujet aujourd’hui, je vais laisser Bryan nous l’expliquer puisque c’était son idée. [Bryan] Merci Gwen. L’idée de ce sujet nous vient des échanges qu’on a eu en interne à l’agence lorsque j’ai fait une publication sur mon profil LinkedIn à propos d’une idée reçue sur le fait que les personnes qui travaillent dans le social media ne déconnectent jamais. C’est un poste qui a fait réagir en interne, réagir dans le bon sens d’ailleurs puisqu’on a eu des échanges très constructifs.En gros, ce que je disais, c’est qu’on rencontre beaucoup dans nos métiers des personnes qui travaillent dans le social media qui disent qu’ils ne coupent pas parce que ce n’est pas possible de couper quand on fait ce métier-là. Pourtant, le droit à la déconnexion, le fait de pouvoir couper, c’est légal. D’ailleurs, c’est même dans la loi travail de 2016, cette loi travail que vous connaissez forcément qui dit qu’en dehors de ses heures de travail, un salarié n’est pas tenu d’être en permanence joignable.
A priori, un social media manager, un community manager est un peu concerné par le sujet parce que ça veut dire qu’en dehors de ses heures de travail, on n’est pas censé travailler et donc pas censé faire de modération ou de diffusion de contenu. Sauf qu’en fait, dans les faits, c’est souvent juste une déclaration de bonne intention. On se rend compte que concrètement, il y a souvent des débordements.
Il y a beaucoup d’études qui montrent que la majorité des Français n’arrive pas à couper en dehors des heures de travail. Ça s’est même empiré avec le télétravail, avec la crise qu’on a connue. Et en fait, pourquoi il y a beaucoup de dérives, c’est aussi que les entreprises doivent le faire.
Dans le cadre de la loi travail, on est censé le mettre en œuvre, mais on n’a pas de sanctions possibles. Ce qui fait qu’effectivement, il y a beaucoup de dérives. Pourtant, le fait de couper, ça permet quand même d’avoir des personnes qui sont sereines, qui sont épanouies au travail, qui ont un cerveau qui se régénère, puis qui sont frais aussi au quotidien.
Donc c’est quand même essentiel, ce n’est même pas qu’une question de droit. Et en fait, dans ma tête, au moment où je fais ce poste, ça paraissait très simple. Il suffit juste d’organiser le travail pour que les personnes puissent déconnecter quand on fait du social media.
Sauf qu’en fait, on a bien vu en interne dans nos débats que ce n’est pas aussi simple que ça de pouvoir déconnecter. Et on s’est dit, il y a bien un secteur qui est quand même directement concerné par cette problématique de déconnexion, c’est quand même le secteur public, surtout quand il y a des relations avec les usagers, qui posent des questions souvent quand eux sont disponibles, c’est-à-dire le soir, les week-ends. Donc voilà, on s’est dit que ce serait peut-être bien de faire témoigner une personne qui travaille dans le sujet.
C’est pour ça qu’on a sollicité l’extent pour qu’on puisse échanger un petit peu sur la manière dont est organisée justement cette déconnexion. Et puis en fait, les choses auxquelles il faut penser pour l’organiser, parce qu’on va voir, ce n’est pas forcément si simple que ça. Voilà, voilà pour l’introduction et le contexte.
[Gwen] Merci. Justement, rentrons tout de suite dans le vif du sujet. Alexandre, est-ce que tu pourrais nous en dire un petit peu plus, vous à la Ville de Nantes et à la Métropole, comment est-ce que vous vous organisez pour rester réactif, mais tout en vous déconnectant, tout en gardant ce côté vie privée le soir, le week-end.Comment est-ce que vous vous organisez ?
[Alexandre] Déjà, il y a la notion d’équipe, en fait. Je pense que dans beaucoup de collectivités, c’est vraiment assez différent. Mais pour nous, l’important, c’est vraiment le travail d’équipe.On est au sein d’une direction. Et donc nous, on a une direction à la formation avec des métiers complémentaires, des métiers qui sont différents. Et on compte aussi beaucoup les uns sur les autres pour pouvoir déconnecter et avoir tout le temps quelqu’un qui puisse agir, prévoir, anticiper, voir de manière opérationnelle directement communiquer sur les réseaux.
Et donc plus particulièrement sur l’exemple du week-end, on a un système d’astreinte avec une équipe de commit managers, de journalistes et qui se succède chaque week-end pour communiquer éventuellement s’ils sont appelés pour d’éventuelles communications sur les sites internet ou les réseaux sociaux. Et donc c’est ce système qui permet au reste de l’équipe aussi de pouvoir se souffler, ne pas être appelé et aussi à notre hiérarchie d’avoir une personne référente pour pouvoir avoir quelqu’un, un interlocuteur privilégié. Et donc c’est vraiment la notion d’équipe qui nous permet vraiment de souffler, d’avoir aussi confiance en laissant véritablement le travail au travail et ne pas penser à travailler à la maison.
Parce que forcément quand on a une tâche, quand on a des choses à faire au quotidien et qu’on doit les déléguer, on a toujours potentiellement peur que ça soit mal fait parce qu’il y a toute une réflexion en amont. Sur les réseaux sociaux c’est très bien qu’un poste ça se réfléchit en amont, il y a des formats, des choses à faire. Et donc la personne qui doit potentiellement publier, il faut qu’elle soit formée, il faut qu’elle soit aussi à l’aise pour prendre la main.
Il y a tout un système à organiser dans l’équipe pour pouvoir être autonome, que chacun puisse agir de manière autonome. Là, l’exemple du week-end, il y a une personne qui est référente. Qui est identifiée, qui tourne chaque week-end.
C’est ça. Après, chacun a été formé. Nous, au sein de l’équipe réseaux sociaux, social manager, committee manager, forcément les réseaux sociaux, c’était notre domaine.
Mais il y avait la question de la mise à jour des sites. Nous, c’est notre cœur de métier au quotidien. Donc on a été formés aussi à la mise à jour des sites internet.
Et à l’inverse, les journalistes qui sont le plus sur les sites internet, eux ont été formés aux réseaux sociaux et à l’outil qui nous permet de publier sur les réseaux le week-end. Et dans cette équipe, vous êtes combien ? Sur l’équipe d’Astreinte, on est 8.
Avec 3 personnes d’équipe réseaux sociaux, 4 journalistes et une responsable des éditions numériques, des contenus numériques des sites.
[Gwen] Et dans quel cas l’Astreinte va être déclenchée pour ces équipes le week-end ? [Alexandre] Alors il y a deux cas de figure. Il y a la communication de crise potentiellement, où il y a une information urgente à mettre en ligne pour pouvoir informer le plus rapidement possible les habitants. Et donc cette information-là va être sur les sites et sur les réseaux.Et après, il y a l’information plus usagée, une fermeture de parc par exemple, ou d’un problème lié au transport ou autre. Quelque chose qui ne sera pas de l’ordre de la crise véritablement, mais qui est important à signaler. Et donc là effectivement, on va avoir un système d’information qui va nous être transmis soit par mail, soit on a un service dédié en interne qui centralise toutes les informations essentielles autour soit de la crise, soit des informations un peu usagées durant le week-end.
Et donc la personne qui est d’Astreinte est en lien avec ce service-là et donc peut être appelée par ce service-là pour passer une information sur les réseaux, s’il juge ça utile aussi. Parce qu’après, il y a aussi la question un peu de l’éditorial derrière, de la pertinence. Toutes les informations ne sont pas forcément bonnes à être transmises à l’instant T.
Donc la personne d’Astreinte est aussi responsable des contenus qu’elle publie. Donc elle est en lien avec ce service-là. Et après, pour les sujets les plus touchy, on va dire, ça peut être aussi le cabinet de la maire présidente qui peut activer la personne.
[Gwen] Donc qui est indépendant de votre équipe. [Alexandre] Oui, exactement. [Bryan] Et depuis combien de temps le système d’Astreinte existe ? [Alexandre] Eh bien, c’était véritablement mis en place, là ça fait bientôt deux ans. Et alors, avant l’Astreinte, comment vous y êtes ? Eh bien, avant l’Astreinte, en général, on était appelé un peu en fonction de nos compétences.Donc ce qui fait qu’effectivement, il pouvait y avoir plusieurs personnes d’appelées pour essayer de trouver quelqu’un qui puisse agir sur les différents médias. En général, c’est un peu les personnes en responsabilité qui étaient appelées en première. C’est un système un peu pyramidal.
Donc forcément, les personnes en charge des sites internet ou des réseaux sociaux étaient appelées en premier. Et puis après, en fonction de qui était disponible, il y avait une délégation qui était faite. Mais effectivement, c’était moins organisé.
[Bryan] Du coup, le système d’Astreinte a permis vraiment d’organiser cette déconnexion aussi des équipes, pour être plus serein. [Alexandre] Oui, tout à fait. Après, c’est sûr qu’en nombre de week-ends, véritablement, il y a une action. Ce n’est pas forcément énorme.Mais ce qui est souvent le cas dans la commune de crise, c’est qu’il vaut mieux se préparer à être vraiment hyper entraîné, hyper rodé dans une organisation. Parce que c’est le jour où ça arrive qu’on se rend compte des problèmes d’organisation, de transmission d’informations. Et donc, c’est vrai que le conseil, véritablement, c’est d’organiser au mieux les tâches et le système d’information pour, véritablement, être opérationnel le jour J.
[Gwen] Et alors, les Astreintes, c’est vraiment fait que pour la commune de crise, où les informations urgentes ou importantes, ça ne sert pas, par exemple, pour apporter des réponses à des commentaires de citoyens nantais ? [Alexandre] Oui, tout à fait. On a mis en place cette Astreinte, effectivement, surtout pour la commune de crise et la commune d’informations usagées importantes. On a aussi eu des retours en interne, en gros des services qui pilotent un peu la qualité de vie au travail chez nous et qui avaient vraiment des remarques sur le fait de ne pas continuer nos missions de la semaine, le week-end, avec ce système d’Astreinte.Parce que ça peut vite déborder, on peut vite, tout d’un coup, essayer de rattraper le retard éventuel ou même d’anticiper sur la semaine à venir et de travailler beaucoup plus qu’on ne devrait. Et du coup, il y a un cadre qui a été posé, qui est très clair sur ce qu’on ne fait pas durant l’Astreinte. Et effectivement, on ne modère pas, on ne répond pas aux usagers, à part si, véritablement, c’est une commune de crise importante et qu’il y a véritablement besoin.
Mais sinon, effectivement, ce n’est pas dans le cadre de l’Astreinte.
[Bryan] OK. Donc, la modération se fait uniquement sur les heures de travail. [Alexandre] Oui. [Bryan] Parce que c’est un parti pris. [Alexandre] C’est un parti pris. C’est une règle pour nous, clairement. On l’applique aussi en interne.Les équipes sont claires là-dessus. Et les comités ménageurs chez nous, je le pousse en tout cas pour que ce soit le cas, c’est qu’après, une fois qu’on est parti du bureau ou qu’on a déconnecté de son poste de travail, même en télétravail, on ne modère pas un commentaire à 22h. Voilà.
Même si, effectivement, c’est tentant.
[Bryan] Oui, c’est ça. [Alexandre] Parce qu’on peut potentiellement le voir. Mais c’est vrai que c’est compliqué parce que c’est des médias qui sont vivants, des médias sur lesquels on est tout le temps. Et c’est des choses qu’on suit, qui, quelque part, nous appartiennent un peu. [Bryan] Oui. Du coup, c’est très simple. Ça veut dire qu’on ne va pas vous reprocher à un moment donné de ne pas avoir modéré un commentaire le soir ou le week-end.Finalement, c’est un peu comme la gestion de téléphone quand on est en mairie. Il y a quelqu’un qui répond au téléphone. Il y a la réponse directement à l’usager.
Et sinon, la personne rappellera au moment où la mairie est ouverte, finalement. Il y a vraiment cette capacité à organiser et à dire à quel moment on est disponible pour vous répondre. Et pas cette obligation d’immédiateté et de 24-24 comme on l’entend un peu trop souvent.
[Alexandre] C’est vrai qu’on n’a pas d’engagement. On n’a jamais communiqué dessus. En tout cas, on n’a pas d’engagement sur le fait de répondre véritablement aux usagers dans un certain nombre d’heures ou même des minutes.Je ne sais pas. Il n’y a pas d’engagement véritable. Par contre, effectivement, c’est notre mission de service public de répondre aux usagers.
Et on l’assume et on le fait. Effectivement, on a imposé un cadre pour éviter, même si les réseaux vivent 24-24 quasiment, on sait très bien que ce serait attenable en termes d’équilibre de vie privée et de vie pro.
[Gwen] Moi, je me demandais justement… Aujourd’hui, on est vraiment dans un contexte d’hyperconnectivité et dans une culture de l’immédiateté. Est-ce que c’est facile à faire accepter aux usagers ce côté de ne pas avoir de réponse forcément instantanée dans la soirée ou le week-end ?Est-ce que des fois, vous avez des mauvais retours pour ça, des gens qui ne comprennent pas ?
[Alexandre] Du coup, on a mis en système sur Facebook et Instagram, on a du coup un message automatique qui explique que la réponse sera apportée les jours suivants. Et après, on a globalement, quand même, vu l’activité qu’on a dans la semaine, on a globalement une bonne perception, je pense, une bonne réputation, à mon avis, sur les messages apportés, les réponses apportées. Après, effectivement, il y en a qui ne comprennent pas, il y en a qui caricaturent forcément, ils disent qu’ils devraient être partis à 16h le vendredi.Donc du coup, si ils partent à cette heure-là, jamais ils ne travailleront le week-end. Donc effectivement, il y en a toujours qui râleront. Mais globalement, quand même, je trouve que ce n’est pas le week-end où on a le plus de questions.
Je pense que les gens ont un peu l’habitude aussi, ils sont assez compréhensifs sur le fait qu’on ne soit pas connectés 24h sur 24, le week-end aussi. Donc ils savent nous solliciter après, durant la semaine. En tout cas, je n’ai pas ressenti de bad news ou de remarques très négatives sur le fait qu’on soit absent le week-end.
[Bryan] On vous pardonne de prendre du repos. [Alexandre] C’est vrai qu’il y a une certaine empathie avec les community managers, parce que, mine de rien, le métier est un peu reconnu aujourd’hui, et on sait que les community managers sont que l’interface. Ils ne sont pas les décisionnaires non plus, et ce ne sont pas ceux qui sont à l’origine forcément des éléments de langage, derrière des réponses apportées. Et donc que les community managers prennent du repos le week-end, en soi, c’est un peu normal aussi. [Gwen] Tout à fait. Je repose un peu la même question, mais au niveau de la hiérarchie des supérieurs, ça c’est pareil, c’est quelque chose qui est normal pour tout le monde, ici, que vous puissiez avoir ce droit à des connexions ? [Alexandre] Oui, c’est normal. On a même eu vraiment des remarques, des directives, puisqu’on en faisait trop par moments. Forcément, il y a des périodes où on avait envie de couvrir tel événement le week-end, de travailler un peu plus le week-end, parce que, mine de rien, le week-end, c’est aussi des moments où on crée de l’engagement avec une communauté, où on est vraiment, on va dire, beaucoup plus visible.Donc il y avait aussi une volonté de notre part, à un moment donné, de communiquer un peu plus le week-end, de couvrir plus d’événements et tout, et on a eu véritablement un frein et une demande si besoin de communiquer, d’externaliser. Et après, sur la modération, concrètement, ça a été clair de ne pas répondre, parce que qui dit répondre, dit engager une conversation. Et en fait, quand on commence à répondre, ce n’est pas une réponse qu’on apporte en général, c’est plusieurs réponses à suivre.
C’est véritablement une conversation qui est engagée avec l’internaute, et l’internaute, si on lui répond à 15h, qui n’est plus personne à 15h10, parce qu’on a déjà transmis une réponse, il ne va pas le comprendre. Il va dire qu’il y a quelqu’un derrière, donc je peux le solliciter. Donc il faut que le service soit aussi sur la durée, ça, c’était intenable, en termes de ressources humaines aussi.
Pour aussi, par rapport à nos semaines qui sont très chargées.
[Bryan] Effectivement, il y a l’aspect externe où l’internaute doit comprendre, il arrive de plus en plus à comprendre que le community manager coupe, ça c’est le premier point. Et puis après, il y a aussi l’accompagnement en interne et l’exemplarité même aussi du management en disant attention, ça concerne tout le monde, le droit à des connexions, donc en fait, on s’envoie des mails et on discute sur les heures de travail et en dehors, par contre, on doit pouvoir couper. [Alexandre] Et effectivement, l’importance de la hiérarchie à se faire ressentir dans ce droit à des connexions, parce que si la hiérarchie pousse, ou en tout cas a des réflexes de solliciter même pour des petites choses, ça raccroche le community manager, l’agent à son travail, mine de rien, et puis il va forcément s’organiser un peu en fonction de ça, il faut que je laisse mon téléphone allumé, on ne sait jamais, au cas où, même si ça arrive 2-3 fois par an, je ne sais pas, et du coup, effectivement, nous, le fait qu’on ait l’instruct le week-end et une hiérarchie qui nous a dit clairement des choses sur les heures de travail et les sollicitations qui sont vraiment exceptionnelles sur des besoins de corriger potentiellement un poste qui avait été programmé ou quelque chose de ce style-là, une action sur nos réseaux, honnêtement, c’est primordial. [Gwen] Ça marche. Moi, je voulais juste revenir au niveau de votre organisation. Est-ce que vous utilisez, alors je ne sais pas si tu peux en parler ou quoi, mais dans votre organisation, est-ce que vous vous aidez d’outils ?Parce qu’on a parlé du côté humain, l’organisation de l’équipe, etc. Est-ce que vous vous aidez d’outils, justement, pour ça ?
[Alexandre] Ouais, enfin, du coup, on a plusieurs outils. Alors l’outil vraiment qu’on utilise pour la strainte et qui nous sert à programmer les contenus ou à publier les contenus en direct si besoin, c’est Agora Pulse. Voilà, c’est un…qui se sont récemment implantés à Nantes, en plus, à la L6. Je vous profite pour un petit clin d’œil. Et c’est, ouais, c’est un outil qui nous sert beaucoup à programmer et à publier.
On l’a pris à la base pour la modération, mais en fait, effectivement, on l’utilise pas mal pour le week-end. Et après, pour anticiper les potentiels sujets, on utilise la Zana, qui est un peu un concurrent de Trello, on va dire, et qui est un outil très complet, du coup, pour aussi s’attribuer des tâches et pouvoir chacun contribuer sur la planification, sur l’anticipation des sujets, les éléments de langage potentiels et tout. Donc ça, ça nous aide aussi à anticiper les sujets, par exemple, du week-end.
[Bryan] Je reviens sur Agora Pulse et la gestion des commentaires, justement, en période d’astreinte, puisqu’on a parlé tout à l’heure de la notion d’équipe. Ce qui est difficile, parfois, dans une équipe, c’est d’avoir la même façon de travailler, de s’aligner, en fait, sur la façon dont on va gérer, notamment, les commentaires, et avoir aussi l’historique d’un dialogue avec un internaute. Est-ce qu’aujourd’hui, vous arrivez à l’organiser, ça, avec les outils que vous avez à disposition ? [Alexandre] Oui, du coup, on utilise Agora Pulse, effectivement, sous cet angle-là, c’est-à-dire qu’on est véritablement une équipe dans l’outil, et du coup, on s’assigne des commentaires, des sujets, des publications, et on partage, en fait, les éléments. On a entré aussi, par exemple, des réponses un peu prédéfinies, qu’on ajuste à chaque fois, et donc ça, c’est partagé aussi au sein de l’équipe, pour qu’il y ait, en gros, le même type de réponses apportées, pour que, d’un community manager à l’autre, la voix de la collectivité soit un peu similaire, parce qu’effectivement, quand on s’approprie un sujet, on va forcément communiquer avec ses propres mots, et si on veut le vulgariser un peu, pour essayer de l’expliquer sur Twitter en réponse à un internaute, le risque, effectivement, c’est qu’on ait une voix qui soit un peu différente d’un community manager à l’autre. Donc là, effectivement, on partage un peu des contenus, et puis des pratiques, on va dire, au sein de l’outil.Et après, sur la publication, c’est aussi important d’avoir un peu les mêmes guidelines, parce que là, je parlais de l’équipe d’Astreinte, il y a des journalistes et des community managers, donc c’est aussi important qu’on ait les mêmes réflexes sur l’outil. Les mêmes tons… D’accord.
Ok.
[Gwen] Je me demandais, parce que tout à l’heure, tu en as un petit peu parlé, mais on n’est pas trop rentré dans le sujet de la prise de parole en cas de crise. Est-ce que vous avez des processus différents en cas de crise pour votre organisation ? [Alexandre] Alors, en cas de crise, en fait, on a… Là, il y a des nouvelles personnes qui peuvent rentrer un peu dans l’équipe, on va dire, parce que là, ça se joue vraiment à l’échelle de la collectivité, donc il va y avoir déjà le cabinet de la maire-présidente qui va être beaucoup plus présent, les services aussi, et puis après, il va y avoir souvent un groupe WhatsApp qui va être créé, et donc, notre hiérarchie va solliciter aussi les personnes compétentes. On a des chargées de communication, par exemple, qui sont thématisées chez nous, et donc, le chargé de com’ thématique va être sollicité, le journaliste potentiellement aussi, parce qu’il va y avoir un suivi sur le site, par exemple, si c’est une crise au long cours, il va y avoir une actualité qui va certainement être mise à jour régulièrement, et puis sur les réseaux sociaux, pour le coup, là, on va activer la modération, on va activer la veille aussi, pour savoir aussi comment la crise s’étend, comment on la gère, est-ce qu’il va falloir communiquer sur d’autres canaux que sur nos canaux officiels, pour aller peut-être commenter d’autres publications où ça parle de la crise, où il y a beaucoup d’engagement, et donc, il y a un travail de veille, de modération, et du coup d’animation du committee major qui est beaucoup plus conséquent que sur de l’info usagée habituelle, et donc, en fait, cette petite équipe se constitue assez rapidement, elle est constituée par notre hiérarchie, avec la personne d’astreinte, forcément, mais du coup, effectivement, ça peut s’étendre, c’est un dispositif qui est différent de ce que nous on a l’habitude sur le week-end. [Gwen] Mais du coup, c’est un dispositif qui a été établi, n’importe qui peut prendre la chose en main, vous avez un process à suivre. [Alexandre] Oui, tout à fait. Mais après, la commune de crise, en général, c’est toujours… là, les personnes qui vont être sollicitées ne vont peut-être pas forcément s’y attendre.Après, l’avantage, c’est encore une fois le travail d’équipe, c’est que le chargé de communication qui est thématisé, le jour où il y a une crise sur l’eau ou autre, s’il n’est pas disponible, il y a un autre chargé de communication qui va prendre la main et son expertise de chargé de communication va lui permettre quand même d’avoir les bons réflexes, de travailler avec l’attaché de presse, de travailler avec nous sur les éléments de langage. Après, effectivement, en général, sur la commune de crise, la personne d’astreinte ne peut pas être seule, c’est un peu compliqué, donc il va falloir trouver des personnes. C’est au bon vouloir aussi, la disponibilité des agents, heureusement, c’est très, très rare.
[Gwen] Oui, c’est sûr. Mais c’est important de le prévoir. [Bryan] Oui, c’est ça. Alors, on parle beaucoup de la ville de Nantes, de Nantes Métropole. Il y a des enjeux quand même qui sont assez importants et du coup, des moyens aussi pour organiser toute cette déconnexion.Est-ce que toi, tu as des retours de comment ça se passe dans des villes un peu plus modestes de la métropole où parfois, on a des personnes qui sont seules ? Parce que je pense que les personnes qui nous écoutent vont se rendre compte que ce qu’on dit là, ce n’était pas toujours adapté à des petites structures. Est-ce que tu sais un peu comment ça se passe ?
[Alexandre] Je ne sais pas forcément véritablement comment ça se passe, mais je sais au moins qu’effectivement, le côté couteau suisse des communicants dans les petites collectivités fait qu’ils sont quand même beaucoup plus… Enfin, en tout cas, ils ont, je pense, beaucoup plus de mal à déconnecter. Ils sont aussi souvent plus proches du cabinet de la maire et donc ce qui fait que ça crée une proximité qui se joue aussi sur les médias pour communiquer assez rapidement.Donc, il y a tout un… Je pense à tout un dispositif qui est forcément je pense moins cadré, moins régulé que nous. Mais après, je sais que dans d’autres structures, je pense par exemple au CHU ou dans des structures où il y a des réseaux sociaux, où il y a des médias sociaux qui sont quand même assez suivis et tout, je sais effectivement que ça peut être compliqué de couper parce qu’il y a un besoin de communiquer potentiellement.
Là, pour le coup, la commune de Chris, par exemple, peut être n’importe quand et c’est pas des grosses équipes du tout. Donc, c’est un peu plus compliqué, je pense, sur ce type de structure ou dans des petites communes où les agents font tout. Et ça, c’est effectivement…
Je n’ai pas d’exemple comme ça, mais j’en ai rencontré quelques-uns qui envient un peu, effectivement, nous, notre côté vraiment structuré.
[Bryan] Je pense que dans les débats qu’on avait justement sur ce sujet-là en interne, ce qui revenait beaucoup, c’était le secteur public, c’est quand même difficile de déconnecter, même si on voit que finalement, c’est possible. Et l’autre argument, c’est les toutes petites boîtes, les petites structures, c’est quand même très difficile quand tu as une seule personne, par exemple, qui gère les réseaux sociaux ou une personne qui gère toute la commune, dont les réseaux sociaux. Parce que tout repose sur une seule et même personne, et c’est vrai que je pense que la taille joue beaucoup aussi sur la capacité à organiser cette déconnexion.Il y a quelque chose qui est intéressant dans ce que vous faites, c’est que finalement, les personnes qui vont intervenir en cas d’astreinte, ce ne sont pas forcément les personnes qui travaillent sur les réseaux sociaux tout au long de la semaine. Ce sont les personnes qui ont été sensibilisées à la question, qui savent utiliser les outils, qui comprennent comment on les utilise. Ce n’est pas forcément leur métier initial, ils ont une fibre, mais ils peuvent intervenir en cas de problème.
Et du coup, il y a cette notion d’équipe et de formation qui est assez intéressante. Ça montre aussi, d’une certaine manière, qu’une petite entreprise, où on a une personne qui a la communication, on peut très bien avoir une personne qui est contributeur, qui est commercial, ou même la direction, qui peut intervenir en cas de problème.
[Alexandre] Et nous, c’était le groupe de travail, parce que pendant longtemps, j’étais tout seul, et donc j’étais un peu dans le modèle d’équipe et de collectivité. Du coup, je pouvais solliciter le week-end régulièrement, et surtout, en étant seul, il y a une responsabilité qui est forte, qui n’est pas partagée, et donc il y a derrière aussi la connexion permanente pour suivre tout ce qu’on a produit, parce que dès qu’on programme le week-end, même si on a vérifié 4-5 fois nos données de poste, c’est jamais, on a publié le vendredi soir, on est fatigué, la semaine, et il y a une coquille qui est passée, et puis au-delà de ça, il y a toute l’activité de la collectivité et là, pour le cas de la ville de Nantes et de Nantes-Pétropole, c’est Nantes, c’est une ville dynamique, il se passe toujours quelque chose, et donc le week-end, nos centres d’intérêt, notre vie, nous ramène aussi forcément au quotidien de la semaine et de la collectivité, et du coup moi quand j’étais tout seul, la déconnexion était beaucoup plus difficile véritablement, mais pas par rapport à la hiérarchie qui m’imposait, mais par rapport au fait que la responsabilité n’était pas partagée, c’est vrai que effectivement, la question des contributeurs et de jouer collectif sur ce service public numérique, elle est essentielle, c’est clair. [Bryan] C’est un témoignage, un retour qui est assez intéressant, justement, de se dire oui, il peut y avoir une personne qui est responsable des réseaux sociaux, dans une entreprise, et s’il y a besoin, si on se rend compte que parfois, il y a besoin d’avoir quelqu’un le week-end en restreinte, parce que c’est un secteur où il y a besoin d’une réponse rapide, c’est bien d’avoir justement cette vision collective, de faire intervenir des contributeurs dont ce n’est pas forcément le métier, mais qui ont un peu la fibre sur ces sujets-là. En tout cas, ce qui est important, c’est que ça soit organisé avec un système d’astreinte, qu’il soit mis en place aussi, il y a la question aussi des ressources humaines qui doivent intervenir, du juridique, de la remunération. Oui, parce que c’est quand même important aussi pour les personnes qui nous écoutent.Moi, dans ma tête, c’est logique, en tant que chef d’entreprise, pour Alexandre, ça l’est aussi sûrement, à la Ville de Nantes, on s’est bien cadré, mais une astreinte, c’est rémunéré, ce n’est pas sur la base du volontariat. Et ça aussi, c’est très important à avoir à l’esprit, parce que mine de rien, quand on est d’astreinte, même si on n’est pas déclenché, on est censé pouvoir être disponible, et donc on est toujours un petit peu connecté d’une certaine manière au travail, même si on ne travaille pas de manière effective. Ça, c’est quand même un point qui est non négligeable.
[Gwen] Je ne sais pas si tu as d’autres questions, Bryan, avant qu’on passe à la partie conseils et astuces. [Bryan] Vas-y. [Gwen] Est-ce que, alors du coup, tu disais que quand tu es arrivé il y a dix ans, tu étais tout seul, l’équipe s’est construite autour de toi, à tes côtés. Est-ce que tu aurais des bons conseils ou des bonnes astuces à nous transmettre pour justement réussir cette déconnexion ? [Alexandre] Alors, déjà, couper ses notifs, en général. Il y a pas mal de committee managers actifs de notification toujours sur tous les réseaux. Je pense qu’en tout cas, couper ses notifs, ne plus les voir, ça incite déjà moins à aller sur les réseaux, à aller voir ce qui se passe.Et puis, c’est toi qui es dans l’action.
[Bryan] C’est toi qui as choisi d’aller voir le contenu. Et ça, c’est quand même, je pense, ça fait du bien aussi. [Alexandre] C’est vrai. Et après, une fois que les notifs sont coupés, le committee manager à l’invite de Nantes, ça veut aussi dire potentiellement qu’on vit dans la Nantes ou dans la métropole, qu’on vit la vie nantaise par ailleurs. C’est aussi de trouver des moyens pour essayer d’échapper de tous les sujets nantais pour éviter qu’ils nous rappellent un peu le travail.C’est aussi pas mal voyager, en tout cas, aller voir ailleurs, aller ailleurs qu’à Nantes. Et puis, s’évader pour aller véritablement chercher d’autres choses pour se vider la tête et pour partager d’autres choses que la vie nantaise qui est passionnante, mais qui dépend aussi beaucoup d’énergie et de charge mentale. Mine de rien, vu que tout ce qui s’y passe c’est tout ce qui fait notre métier.
Un autre point aussi, comme on a aussi mis en place le télétravail pas mal au sein de la collectivité, depuis la crise sanitaire, depuis le début de la crise, avoir un vrai lieu chez soi pour travailler et bien couper du reste pour… C’est un des cas pour beaucoup de monde et on l’a beaucoup dit pendant la crise sanitaire, mais c’est vrai que c’est assez essentiel d’avoir un lieu où on la définit pour travailler et qu’il ne soit pas un lieu dans lequel on vit véritablement au quotidien pour ne pas mélanger un peu trop le pro et le perso. Parce que avec le télétravail, forcément, le pro s’immisce un peu dans le perso chez soi, on va dire physiquement.
Donc voilà, c’est un peu les conseils que je pourrais… les astuces un peu.
[Gwen] C’est vrai que dans les métiers du numérique, en général, ça peut vite être compliqué de couper. Et puis, comme tu dis, avec le télétravail, tout le monde n’a pas… ne peut pas avoir un endroit dédié pour travailler, mais après pour d’autres métiers, ça peut aussi être éteindre son ordinateur et ne pas le laisser entre ouvert ou en veille ou je ne sais pas.Ou comme Bryan, mettre son téléphone pro rangé dans un tiroir.
[Bryan] Le vendredi soir, je rentre chez moi, le premier truc que je fais, c’est que je ouvre mon tiroir, je mets mes clés de voiture et je mets mon téléphone. Je ne dirai pas quel tiroir du coup, parce que sinon, je suis chez moi. Et le simple fait de ne pas avoir mon téléphone, en fait, je ne pense pas du tout au travail.Je ne suis pas tenté même de regarder s’il y a quelque chose. C’est des actions qui paraissent symboliques, mais c’est vrai que ça joue beaucoup aussi sur l’équilibre.
[Alexandre] Nous, c’est vrai que c’est véritablement le travail un peu patient de sa vie qui fait qu’on est souvent reconnecté en fait, même si on est déconnecté. Ça vient à nous parce que l’actualité nantaise fait que ça va nous faire penser à un événement, va nous faire penser à je ne sais pas, une action de communication qu’on a faite la semaine dernière. Et donc, effectivement, c’est véritablement essayer de couper par rapport à ça et trouver un équilibre, surtout, entre la vie qu’on a à Nantes, perso, et la vie pro, et de ne pas essayer de mélanger un peu, trop en tout cas, et d’avoir cette distinction. [Gwen] Très bien. Est-ce que, à l’inverse, tu aurais des erreurs à ne pas commettre, des travers qu’on a vite fait de faire et qui nous empêchent, justement, de déconnecter ? [Alexandre] Administrer avec ses comptes persos, les comptes de la ville, par exemple. Moi, je l’ai fait pendant des années, et effectivement, le travail, symboliquement, en fait, dans un fil d’actu, dans un fil sociaux, les postes pro, on se mélange avec le perso. Enfin, tout est la veille aussi, ça se mélange, et trouver, du coup, un moyen d’administrer ses comptes de manière vraiment pro, et d’éviter, du coup, sur ses comptes persos d’avoir ses comptes pros.Je pense que c’est quelque chose, en tout cas, qu’on a mis en place, une fois que l’équipe était vraiment structurée, avec les derniers recrutements et tout, parce que je voyais bien qu’au bout d’un moment, ça déborde, quoi. Enfin, on est perdus dans les notifs, perdus dans les… Enfin, voilà, il y a un mélange qui est assez difficile, du coup, après, au quotidien.
Donc, voilà, un exemple de notifs.
[Bryan] C’est intéressant ce que j’ai dit, parce que ça me fait penser à un autre débat qu’on a eu en interne chez nous. Alors, c’était pas trop un débat, c’était plutôt des moqueries envers moi, envers ma personne, évidemment. La dernière fois, Marlène me faisait remarquer que je ne suivais pas nos clients sur les réseaux sociaux.Alors, je disais, bon, tout ne m’intéresse pas forcément. J’adore nos clients, mais tout ne m’intéresse pas forcément. Et surtout, moi, ça me permet aussi de me préserver, quoi.
Enfin, sur mon fil, j’ai que les choses qui m’intéressent et qui me ramènent pas forcément sur le pro. Enfin, voilà. Donc, effectivement, je pense qu’il y a une des erreurs, aussi, que beaucoup de CM peuvent peut-être être amenées à commettre, c’est de suivre leur propre compte, ou le compte de leur client.
Bon, voilà.
[Gwen] En fait, si ça t’intéresse vraiment à titre perso… [Bryan] Moi, j’ai des clients que je suis parce que ça m’intéresse à titre perso, mais voilà, c’est OK, quoi. C’est volontaire, mais par contre, nos clients, je n’ai pas forcément d’intérêt pour le sujet, même si dans le boulot, ça me plaît, mais à titre personnel, moins, et du coup, je ne les suis pas. Je pense que ça, aussi, ça peut être aussi un bon moyen d’arriver à couper, de ne pas systématiquement tout suivre de ce que font les clients. [Alexandre] Ou de s’actualiser en se disant LinkedIn, je suis le pro, et c’est ma veille, et voilà, sur Insta, je vais faire autre chose, et essayer d’avoir comme ça une distinction, aussi, par réseau. Voilà, ça peut être aussi une solution, quoi. [Gwen] C’est vrai que moi, LinkedIn, quand je suis en week-end ou en vacances, je n’ouvre jamais. Twitter, aussi, d’ailleurs. [Alexandre] Et pourtant, nous, on voit, justement, que beaucoup de gens ne déconnectent pas, parce que sur LinkedIn, on a une audience qui est assez forte le week-end, sur des sujets qui sont quand même parfois techno, pas forcément très grand public, souvent quand même assez engageants, parce qu’on est sur LinkedIn, donc on a un positionnement qui est quand même lié, aussi, à des sujets où, voilà, on sollicite, aussi, notre communauté pour qu’elle s’engage sur les différentes thématiques, mais on voit qu’on a beaucoup d’audience le week-end, alors qu’effectivement, on se dit comme ça, spontanément, que c’est plutôt du lundi au vendredi, que les gens sont sur LinkedIn. [Bryan] On a la même chose, nous, au mois d’août, de plus en plus, on observe, pour nos clients, une audience quand même assez conséquente au mois d’août. Alors, ça pose quand même question, parce que ça veut justement dire qu’il y a beaucoup de personnes qui n’arrivent pas à couper, parce que le mois d’août, c’est quand même le mois où la plupart des Français prennent des vacances, et souvent, on dit à nos clients, bon, il faut lever le pied, mais pas totalement arrêter, et même si on lève le pied, on se rend compte qu’il y a quand même encore de la performance au mois d’août. C’est un point, quand même, qui est pas négligeable. [Gwen] Est-ce que tu aurais une anecdote professionnelle à nous raconter, en lien avec le sujet du jour ? [Alexandre] Alors, une anecdote, c’est un moment assez fort d’équipe, justement. Comme beaucoup de monde, ça a été la dernière révolution un peu pro-perso, ça a été la crise sanitaire et le premier confinement. Et du coup, nous, on a eu la mise en place, tout d’un coup, d’une organisation qui a un peu bouleversé notre quotidien, et puis, tout d’un coup, on n’avait plus de sujet puisque tout s’est arrêté, donc tous les sujets de la collectivité étaient un peu mis en stand-by, c’était le focus sur la crise sanitaire, l’information usagée urgente liée au confinement, et globalement, voilà, le sujet de santé publique et tout.Et donc, il a fallu tous rentrer chez soi, télétravailler, s’organiser, télétravailler, nous n’étions pas mis en place, on avait des outils, mais rien n’était encore trop structuré pour travailler tous à distance. Donc, on a dû s’organiser, et en fait, on a passé beaucoup de temps à s’organiser, beaucoup de temps à communiquer à distance, et en fait, pris dans le quotidien, les premiers jours, on a tous travaillé énormément, véritablement, et en même temps, il fallait organiser sa vie perso. Et en fait, c’est là où moi, j’ai vraiment…
Ça a été un peu la sonnette d’alarme, en disant qu’il va falloir… On ne sait pas combien de temps ça va durer, déjà, et là, il va falloir véritablement s’organiser. C’est pas comme le week-end où, de temps en temps, tu vas avoir tes mails, ou tout.
Là, concrètement, il va falloir vraiment distinguer la vie pro et la vie perso, s’organiser pour accorder du temps à sa vie perso, parce qu’on a les enfants à la maison, parce que tout le monde est à la maison, et qu’il faut que la vie continue. Et en même temps, la vie pro est en chantier, là, en fait. Il y a tout à mettre en place.
C’est vrai que me retrouver à 22h, encore sur mon ordi ou sur mon téléphone, avec des collègues, sur des groupes WhatsApp, à un moment donné, sur les premiers jours, on s’est tous dit, c’était vraiment la sonnette d’alarme, je me suis dit, là, il va falloir couper et s’organiser, et trouver un rythme qui soit tenable, viable, dans le temps. Donc là, c’était la coupure nette pour moi. Et après, on a échangé avec les collègues pour que les personnes, parce qu’en fait, on avait des personnes qui étaient référentes, chez nous, sur la crise, et donc les rôles, comme ça a été défini.
Et en fait, on a trouvé cette organisation-là pour après, que les autres puissent souffler, parce qu’on a beaucoup mis la contribution, on a eu énormément de questions sur les réseaux sociaux, forcément, ça a été un avalanche de commentaires, de messages privés, de cas personnels, en fait, où on devait trouver des solutions. Donc concrètement, on a essayé de trouver une organisation qui a bien fonctionné, au final. Mais effectivement, le départ, je me souviens, le lundi, l’histoire quand on est rentrés chez nous tous, moi j’ai dû travailler jusqu’à minuit avec beaucoup de choses à faire.
Et jour suivant, après, ça s’est mis en place. C’était une période, là, l’enjeu de la déconnexion a été hyper fort.
[Bryan] C’est là où on voit que ça se prépare, ça s’organise, ça se structure. Il ne s’agit pas juste d’appuyer sur un bouton en disant maintenant vous allez tous déconnecter et vous allez tous prendre l’habitude de ne pas travailler en dehors de vos horaires de boulot. Ce n’est pas juste une déclaration comme ça.Il y a vraiment toute une organisation à mettre en place.
[Alexandre] Quand on a un travail qui nous tient à cœur, dans lequel on s’investit beaucoup, c’est vrai que c’est difficile de lâcher. C’est difficile de partir en vacances en ayant pas mal fait son travail, mais en tout cas en sachant que tout n’est pas parfait et que les collègues vont devoir prendre la main et qu’ils vont être galérés. Alors nous, encore une fois, on en revient à l’équipe, mais c’est vrai que c’est important pour nous tous au sein de l’équipe de bien transmettre les infos, qu’il y ait une continuité de service qui se fasse sans qu’il y ait la moindre accro.Donc ça, effectivement, c’est assez primordial aussi sur la charge mentale et le droit de couper. Et quand il y en a un qui a un coup de mou ou qui a des problèmes perso ou pro, les autres sont là aussi pour prendre la main. Et après, c’est vrai que c’est hyper important d’être outillé et de pouvoir partager et d’anticiper.
C’est vrai que c’est primordial.
[Gwen] Ça marche. Eh bien, je crois que c’est l’heure de la conclusion. Est-ce que tu pourrais conclure ce sujet en trois mots clés à retenir ou trois phrases importantes pour conclure ce sujet? [Alexandre] Alors, peut-être, ouais, des mots clés… Moi, j’avais pensé à équilibre parce que pour moi, après, chaque cas peut être potentiellement différent. Je parlais de travail et passion.Après, il faut trouver un juste milieu. Mais en tout cas, il faut réfléchir à cet équilibre. Et là où on place le curseur de ce qui est acceptable ou pas, de voir cet équilibre aussi avec les collègues, la hiérarchie, son entourage, que ce soit partagé parce que des community managers qui sont un peu seuls à comprendre tout ce qu’ils font au quotidien et à ne pas partager avec le reste parce qu’on a l’impression que les autres ne comprennent pas trop ce qu’on fait.
C’était souvent le cas sur le métier de community manager. Ils passent leur temps sur Facebook et Instagram. Ils ne travaillent pas.
Et du coup, c’est important de partager ça, de placer ses limites et de les communiquer. Le deuxième mot, ça serait respiration. Vous trouvez vraiment des moments de respirer en dehors des réseaux, même avec les réseaux, de trouver des moments, des espaces où le travail, on le laisse de côté et on respire, on fait autre chose, on s’évade.
C’est important d’avoir ces temps-là pour mieux revenir et d’être toujours motivé. Parce que sinon, on risque l’overdose, on risque d’être saturé et d’être hyper focus tout le temps sur ça. Personnellement, l’épanouissement peut être un peu compliqué sur la durée.
Attention à l’épuisement au quotidien. Et puis, le dernier mot, je l’ai pas mal dit, équipe. On parlait des contributeurs, c’est pas forcément une équipe réseau-sociaux ou une équipe même de communicants, mais de partager avec d’autres collègues les enjeux, les contraintes et de partager la charge aussi.
Aujourd’hui, les réseaux sociaux, c’est plus comme avant, c’est plus, comme il y a 10 ans, juste l’affaire d’experts ou de jeunes, ou du stagiaire qui est le seul à comprendre ce qui se passe. Aujourd’hui, c’est collectif, c’est véritablement des médias. Et puis en plus, il y a beaucoup de compétences qui peuvent être associées au réseau.
Donc c’est bien de partager toute la charge que ça entraîne. Pas simplement avoir que quelques experts ou un expert au sein de l’entreprise ou de la collectivité ou de l’agence.
[Bryan] C’est hyper intéressant la notion d’équipe. On y a beaucoup revenu et c’est vrai que ce que tu dis, c’est ce qu’on dit aussi beaucoup à nos clients, nos prospects, c’est qu’en fait, quand on va prendre en main les réseaux sociaux d’une marque, d’une collectivité, peu importe, on en devient son porte-parole. Donc à une époque, on le fait toujours, on forme les portes-paroles qui vont à la télé.Pourquoi on ne formerait pas et on ne prendrait pas avec sérieux les gens qui vont prendre la parole sur les réseaux sociaux quand on sait que c’est une caisse de résonance qui est quand même assez importante.
[Alexandre] Oui, et puis que ce soit, on pense souvent à l’animation, mais l’irréputation par exemple, et le contact et la proximité se fait beaucoup amener à la modération. Le bénéfice en fait, parce que l’animation, elle peut être souvent targuée aussi de communication un peu descendante, ou alors même quand on fait des publications un peu engageantes, on dit que c’est pour quelque chose d’un peu gratuit, ils veulent susciter du like, du commentaire, et puis c’est tout, c’est pas très sincère en tout cas. Alors que la modération, c’est sincèrement ce qu’une marque ou ce qu’une collectivité peut faire de plus sincère.Et puis ça lui permet aussi de pousser des contenus, de mettre en avant des idées, des engagements, et effectivement, ça c’est un travail collectif. Ça ne peut pas être le travail d’une seule personne qui va connaître l’entreprise par cœur, ou la collectivité par cœur, et qui va pouvoir répondre du tac au tac. Ça se construit, effectivement, et ça se partage pour aussi trouver des nouveaux angles, potentiellement, des manières de communiquer qui viendraient de quelqu’un qui n’a rien à voir avec les réseaux sociaux et qui a dit, ah, moi j’ai pensé à ça.
Pour répondre, on pourrait pousser tel ou tel sujet. Et nous, ça nous arrive aussi souvent quand même, d’avoir des réponses apportées aux internautes, qui ne sont pas simplement le fruit de l’équipe réseau social et tout, c’est un travail avec les services, avec le cabinet, et on construit ça un peu collectivement. Parce que c’est effectivement, comme tu dis, c’est aussi la voie de la collectivité, et un commentaire, une réponse peut être reprise très largement.
Ah, ils ont répondu ça, vous avez vu. Ah, ils prennent position. Bien sûr.
C’est pas négligeable.
[Gwen] Très bien. Eh bien, merci beaucoup à toi. [Alexandre] Merci à vous de nous avoir accueillis. [Gwen] C’est toi qui nous as accueillis aujourd’hui. [Alexandre] Oui, c’est vrai. [Gwen] Dans tes bureaux. Merci beaucoup à toi de nous avoir invités. je vais te dire peut-être à bientôt pour un prochain épisode du POD, on sait jamais. [Alexandre] Avec plaisir en tout cas. [Gwen] Pour un prochain sujet. Bonne journée à toi aussi Bryan. [Bryan] Bonne journée à tous les deux. [Gwen] Et puis, à bientôt pour un prochain épisode du POD. Nous sommes ravis de savoir ce que vous aimez, ce que nous pourrions améliorer, les thématiques qui vous intéressent ou les invités que vous voudriez entendre. Merci beaucoup pour cet échange, je vous dis à très bientôt pour un nouvel épisode du POD.