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🗣 Informer les jeunes via les réseaux sociaux, retour d’expérience avec Pierre-Adrien Roux

Notes de l’épisode 29 du pOD : pour ce vingt-neuvième épisode, nous échangeons ensemble sur la question de l’information à destination des jeunes via les réseaux sociaux. Retrouvez ci-dessous les principaux éléments abordés durant cet épisode (pour rappel, ce sont des notes 😉), ainsi que différents liens et ressources utiles pour approfondir votre réflexion.


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Avant-propos

Pourquoi est-ce qu’on aborde ce sujet ? Aujourd’hui, les réseaux sociaux sont un vrai carrefour de l’attention.

En effet, (presque) tout le monde a déjà utilisé un réseau social au moins une fois dans sa vie, quel que soit son âge :

  • 80% de la population française est active sur les réseaux sociaux (étude We are social – 2022) ;
  • un jeune sur deux s’informe via les réseaux sociaux (baromètre Kantar – 2021)

C’est pourquoi nous nous sommes dits qu’il y avait un sujet intéressant à creuser. Et pour cet épisode, nous avons invité Pierre-Adrien Roux qui est responsable de la communication et des projets numériques à Info Jeunes Pays de la Loire. Avec son expérience sur le sujet, nous avons forcément pensé à lui pour cet épisode 🙂

Les intervenants sur cet épisode de podcast sont donc :

Axe 1 – Info Jeunes Pays de la Loire : qu’est-ce-que c’est ?

« Info Jeunes Pays de la Loire est une association à mission de services publics. Cela veut dire qu’on a un label d’État : le label information jeunesse. Il nous oblige à produire et à diffuser de l’information en direction des jeunes des Pays de la Loire. » – Pierre-Adrien 

Dans cet épisode, notre sujet s’oriente donc vers l’information des jeunes. Ici, les « jeunes » sont les personnes ayant entre 15 et 30 ans.

L’objectif, c’est de leur parler des sujets qui les intéressent et les concernent, à savoir : l’orientation, la recherche de logement, l’emploi, la mobilité internationale, l’engagement, etc. 

« Nous ne sommes pas des experts de tous les sujets que nous traitons, mais nous sommes un peu comme des médecins généralistes de l’information. » – Pierre-Adrien 

La structure Info Jeunes est présente pour accompagner les jeunes des Pays de la Loire dans leurs recherches d’informations et les guider vers les bonnes personnes ou structures pour solutionner un problème. Ce sont des intermédiaires. 

« Finalement, vous êtes un peu comme une chaîne d’informations à destination des jeunes ? » – Gwen 

La structure ne se considère pas comme un média, même s’ils produisent de l’information. Ils ont un métier très différent des journalistes.

En interne, les documentalistes font de la recherche et produisent de l’information au quotidien. Le label information jeunesse les oblige à diffuser de l’information qui soit exhaustive, fiable et gratuite. La passation d’informations doit également rester anonyme.

« Nous sommes une structure très soutenue par les pouvoirs publics, ce qui fait que nous n’avons pas cette obligation de coller à un besoin de notre clientèle, comme ça peut l’être dans un média. » – Pierre-Adrien 

Axe 2 – Informer les jeunes via les réseaux sociaux : quelle stratégie adopter ?

« Depuis quelques années, nos structures connaissent une baisse de fréquentation physique. En revanche, nous sommes de plus en plus sollicités via les réseaux sociaux. » – Pierre-Adrien 

Afin de solliciter l’aide d’Info Jeunes, il est possible de se rendre dans leurs locaux qui sont ouverts au public. Mais aussi via leur site internet et les réseaux sociaux. 

Mais alors, comment s’organise leur communication sur les réseaux sociaux ? 

1️⃣ La stratégie 

« Notre stratégie s’inscrit dans un travail d’équipe. Je suis responsable de la communication, mais autour de moi il y a différents métiers. » – Pierre-Adrien 

Leur stratégie s’articule autour :

  1. de différents métiers : Les documentalistes font le travail de recherche et de centralisation de l’information. Les informateurs et informatrices jeunesse communiquent les informations. Et le responsable communication pilote l’ensemble.
  2. de la temporalité : Dans l’année il y a différentes temporalités à ne pas manquer.

    💡 Par exemple : entre février et mai, c’est la période de la recherche de job d’été. Ou bien entre mai et août, c’est la période de la recherche de logement.

    Les différents métiers se mettent d’accord sur les temps forts annuels et vont ensuite segmenter les différents sujets pour répondre aux questions que la cible peut se poser. En découle la définition du planning mensuel de publications.
  3. des actualités chaudes : Les équipes de documentalistes vont également recevoir des actualités dites “chaudes” sur des informations importantes et qui viennent de tomber. Ils vont les partager avec les informateurs et informatrices jeunesse afin de les partager rapidement sur les réseaux sociaux.

2️⃣ La cible

« On ne raconte pas la même chose à un jeune qui à 15 ans et à un jeune qui en a 28. » 

Il est important de réfléchir aux différentes façons de diffuser un message lorsque l’on s’adresse à une cible aussi large que celle-ci.

« Quand on s’adresse à un jeune sur le sujet de la recherche d’emploi, par exemple, il va avoir du mal à se projeter en mars sur ce qu’il va faire pendant l’été suivant. Alors que les parents si. C’est pourquoi les cibles connexes sont très importantes avec ce public. » – Pierre-Adrien 

Les cibles connexes ont ainsi une grande importance également. 

Quand on s’adresse à des jeunes de 15 ans, sur ce genre de sujets, très souvent cela passe aussi par les parents et la communauté éducative. Ils font donc indirectement partie de la cible et il ne faut pas les oublier. 

3️⃣ Le choix des réseaux sociaux 

« Un jeune qui a envie de consulter les informations du média Le Monde va plutôt passer par Snapchat que par l’application Le Monde. » – Pierre-Adrien 

Vous vous demandez certainement si Info Jeunes Pays de la Loire est présent sur tous les réseaux sociaux, afin d’être sûr de capter l’entièreté de leur cible ? Et bien, non !

Ils sont présents sur Facebook, car même si ce réseau est un peu délaissé par les jeunes, c’est ici qu’ils vont toucher les cibles connexes (les parents).

De plus, les jeunes reviennent sur Facebook pour :

  1. s’inscrire sur des groupes notamment et recevoir de l’information. Exemple : groupes de recherche de logement ou d’emploi 
  2. contacter les médias, marques et organismes via la messagerie Messenger. 

« Investir un réseau social ça prend du temps. Donc il faut réfléchir et être stratégique ! » – Pierre-Adrien 

Ils sont sur Instagram pour cibler des nantais, résidents à Nantes métropole. 

Ils sont aussi présents sur LinkedIn et Twitter pour des questions partenariales et de réseau national.

Ils sont sur Youtube et Soundcloud car ils espèrent pouvoir développer le podcast à terme.

« Bien sûr on pourrait être présents partout. Mais il faut avoir le temps d’alimenter tous les comptes. Ça ne sert à rien d’être présent sur une plateforme si on n’a pas le temps de s’en occuper ! » – Pierre-Adrien 

Ils ne sont pas sur TikTok et Snapchat. Et c’est parfaitement volontaire.

Snapchat a été testé il y a quelques années. Mais cela n’a pas été concluant pour eux. À l’époque, sur Snapchat la partie information n’était pas aussi développée qu’aujourd’hui.

Ce qui est intéressant, c’est leur approche des réseaux sociaux “refuges”, qui explique aujourd’hui leur absence de Tiktok :

« Personnellement, je pense que les jeunes ont besoin de réseaux refuges. Ils ont déserté certaines plateformes où leurs parents, grands-parents, médias étaient présents et ils apprécient avoir des endroits à eux où ils sont loin de tout ça et entre eux. » Pierre-Adrien 

4️⃣ Le choix des sujets 

« La veille est un travail quotidien ! Les documentalistes sont en veille permanente avec des acteurs experts de chaque sujet que nous traitons. Ces personnes vont nous nourrir en informations. » – Pierre-Adrien 

La structure fait sa propre recherche d’information au quotidien auprès d’experts des différents sujets traités. 

De plus, ils peuvent être sollicités pour partager des sujets qui viennent de paraître, mais ils n’ont aucune obligation de partager des informations s’ils ne le souhaitent pas. 

Pour aller plus loin sur le sujet de la veille, nous vous recommandons d’écouter : « Faire efficacement sa veille sur internet« 

« Nous ne diffusons pas tout notre contenu sur nos réseaux sociaux. Nous retraitons les informations ! » – Pierre-Adrien 

Info Jeunes a beaucoup de supports pour expliquer et illustrer les différents sujets qu’ils traitent. Il faut donc sélectionner et retraiter les informations avant de les partager sur les réseaux sociaux

Les réseaux sociaux sont, pour eux, une bonne porte d’entrée pour capter leur cible et pouvoir entrer en contact avec eux. Ils pourront par la suite échanger plus en profondeur via Messenger ou en physique afin de solutionner leurs problèmes. 

« Si je résume : votre objectif est d’utiliser les réseaux sociaux comme porte d’entrée pour diriger vos cibles vers des contenus plus longs afin d’apporter une information plus détaillée. » – Bryan 

Axe 3 – Conseils et astuces

Nos conseils pour informer les jeunes via les réseaux sociaux :

✅ Analyser et mesurer les performances de nos actions

On le répète dans presque tous nos épisodes (et même nos invités le disent), il faut comparer et analyser ce que l’on fait.

Pour aller plus loin sur le sujet de la veille, nous vous recommandons d’écouter : « Choisir et analyser ses indicateurs de performance sur les réseaux sociaux« 

✅ Être régulier dans sa communication

Être régulier permet de rester présent dans la mémoire de ces cibles. De plus, les algorithmes des réseaux sociaux, privilégient la diffusion des contenus des comptes qui publient régulièrement. 

✅ Essayer d’impliquer les jeunes dans la communication à destination des jeunes 

Qu’est-ce que cela veut dire ? Ils essayent d’impliquer les jeunes qui viennent à Info Jeune pour qu’ils partagent leur expérience et qu’ils parlent de la structure autour d’eux. 

💡 Par exemple : Tourner un témoignage vidéo. 

Il n’y a pas de secret, la communication de pair à pair est toujours beaucoup plus impactante quelle que soit la cible.

✅ Faire attention au ton que l’on emploie

Quand on veut s’adresser aux jeunes, rien ne sert d’utiliser le langage des jeunes. On peut vite se prendre un retour de bâton (expérience vécue par Pierre-Adrien). 

Une structure avec un label d’Etat, qui partage des informations sérieuses ne peut pas se permettre d’adopter un ton qui ne lui ressemble pas. 

N’oublions pas qu’aux yeux de notre cible, c’est la structure qui prend parole sur les réseaux sociaux et pas les Community managers de 24-25 ans qui sont derrière 😉 

À l’inverse, voici les erreurs à ne pas commettre :

❌ Vouloir être partout

Déjà il faut avoir la capacité d’être partout, car c’est un investissement temps non négligeable.

Ensuite, cela peut-être une erreur de vouloir être un peu partout. Car être partout à la fois, pour beaucoup, cela induit de n’y être qu’à moitié.

Il vaut mieux dépenser de l’énergie sur les réseaux sociaux où l’on est déjà présent. Et si cela devient stratégique et que l’on a du temps à y passer, réfléchir à aller sur une nouvelle plateforme. 

❌ Négliger les textes inclusifs

Les jeunes sont assez impliqués sur ce sujet qui est assez naturel pour eux. C’est donc un point à ne pas négliger, au risque de se faire reprendre. 

Attention, il faut aussi penser à l’accessibilité. L’écriture inclusive n’est pas toujours accessible. Notamment sur l’utilisation du point médian, qui n’est pas toujours compréhensible lorsque l’on utilise un assistant vocal. 

Nous ne sommes pas là pour entrer dans le débat sur le point médian. Mais nous vous recommandons d’adopter une rédaction la plus neutre et inclusive possible.

❌ Considérer la communication sur les réseaux sociaux comme « un truc en plus » 

Nous l’entendons très souvent : « Je m’occupe des réseaux sociaux, quand j’ai le temps ». C’est-à-dire : jamais ! 

Si vous vous organisez comme cela, vos contenus et la pertinence de vos messages vont perdre en qualité. 

Et c’est justement ce qu’Info Jeunes défend avec « Les Promeneurs du net ». C’est un dispositif national déployé en France en 2012 dans le but d’assurer une présence éducative sur Internet. 

Pour conclure ce sujet

Les maîtres mots pour conclure

  • Adaptabilité : avec une cible jeune, ça bouge très vite. Il faut donc savoir adapter ce qu’on fait et comment on le fait en permanence. 
  • Anticipation : il est important de s’informer et de réfléchir aux contenus que l’on va valoriser auprès de sa cible.
  • Éducation : ils ont à cœur d’éduquer les jeunes à savoir trouver les bonnes informations et reconnaître les plateformes fiables. 

Transcription de l’épisode

[Gwen] Bonjour et bienvenue sur Le Pod, le podcast qui décortique les problématiques des médias sociaux avec une dose de stratégie proposée par l’agence Ouest Digital. Pendant une demi-heure, parfois plus, nous échangeons ensemble sur les métiers liés à la communication digitale. Savoir-faire, conseils, bonnes ou mêmes mauvaises pratiques du métier, on se dit tout, et on partage nos approches, nos trucs et astuces pour être le plus efficace au quotidien.

Dans l’épisode d’aujourd’hui, je suis accompagnée de Bryan et de Pierre-Adrien, et nous allons vous parler d’informations à destination des jeunes via les réseaux sociaux, quelles plateformes investir et quelles stratégies adopter. Un dernier mot, si ce podcast vous plaît, pensez à vous abonner sur votre plateforme d’écoute préférée pour être sûr de ne rater aucun épisode. Allez, je vous laisse, c’est parti !

Bonjour et bienvenue dans ce 29e épisode du Pod. Alors aujourd’hui, nous allons parler d’informations via les réseaux sociaux. Et pour aborder ce sujet, je suis avec Bryan.

Bonjour Bryan.

[Bryan] Bonjour Gwen. [Gwen] Mais également avec notre invité du jour, Pierre-Adrien, qui est directement concerné par ce sujet, puisqu’il est le responsable de la communication et des projets numériques à Infojeune, pays de la Loire. Alors, avant de poursuivre, Pierre-Adrien, est-ce que tu pourrais te présenter à nos auditeurs ? [Pierre-Adrien] Bonjour, donc Pierre-Adrien Roux. Effectivement, je suis responsable communication à Infojeune, pays de la Loire et responsable des projets numériques de cette association. Grosso modo, je porte la communication de l’activité locale de cette association à Nantes, la communication institutionnelle aussi de cette association sur un territoire régional.

Et puis j’essaye d’impulser des projets d’éducation aux médias et aux pratiques numériques en direction des jeunes. Et j’ai également un volet de formation auprès des professionnels sur le sujet qui nous intéresse aujourd’hui, l’information des jeunes sur les réseaux sociaux.

[Gwen] Très bien. Merci beaucoup pour cette présentation. Bryan, est-ce que tu pourrais nous dire en quelques mots pourquoi est-ce qu’on a choisi d’aborder ce sujet aujourd’hui ? [Bryan] Alors oui, déjà, il faut quand même dire une chose qu’on ressent probablement au quotidien, mais c’est important de le dire. Les réseaux sociaux aujourd’hui, c’est quand même un vrai carrefour. C’est un carrefour de l’attention.

On peut presque dire que tout le monde, à un moment donné, a utilisé au moins une fois un réseau social dans sa vie, quel que soit son âge. D’ailleurs, si on regarde quelques chiffres, on a une étude de Ouïa Social qui sort tous les ans, qui est sortie là récemment en février, qui nous montrait bien qu’à peu près 80% de la population en France était active sur les réseaux. Donc on voit bien que c’est quand même important aujourd’hui dans notre quotidien.

Et puis, au-delà de ça, ça représente quand même presque deux heures par jour sur les réseaux sociaux, donc ce n’est pas négligeable. Et quand on regarde d’un peu plus près, on se rend compte aussi que quasiment un jeune sur deux, ça c’est le baromètre Cantart 2021 qui nous le dit, s’informe via les réseaux sociaux numériques. Donc ça, c’est aussi ce qui fait qu’aujourd’hui, on ne peut pas parler des réseaux sociaux sans parler d’informations sur les réseaux sociaux.

Et d’ailleurs, à fortiori, pour les jeunes. Donc c’est ça qu’on se propose d’aborder aujourd’hui.

[Gwen] Très bien, merci beaucoup pour cette présentation très complète. Du coup, je vous propose qu’on rentre dans le vif du sujet. Donc, Pierre-Adrien, pour qu’on comprenne bien de quoi est-ce que l’on parle dans cet épisode, est-ce que tu pourrais nous présenter rapidement Infojeune ? [Pierre-Adrien] Alors, Infojeune Pays de la Loire est une association. On est une association à mission de service public. C’est-à-dire qu’on a un label d’État, qui est le label Information Jeunesse, et qui nous oblige à diffuser de l’information, à produire et à diffuser de l’information en direction des jeunes des Pays de la Loire.

Alors les jeunes, c’est de 15 à 30 ans, donc c’est très, très vaste. Ça prend du coup différentes facettes, évidemment, les informations qu’on va donner, mais on va essayer de les informer sur des sujets qui les touchent particulièrement dans leur vie quotidienne, que ce soit le logement, l’orientation, l’emploi, mais aussi la mobilité internationale, l’engagement ou encore la santé, qui est une entrée assez importante. Alors, on n’est pas des experts de toutes ces thématiques, je tiens à le préciser tout de suite.

Par contre, j’aime bien cette comparaison, on dit qu’on est des médecins généralistes de l’information. Voilà, on fait un premier diagnostic, des jeunes viennent nous voir, on commence à leur donner les primo-informations et puis après, on va surtout renvoyer vers des acteurs du territoire régional, ou de Nantes, qui sont, eux, spécialistes de cela. Donc, on est une association, on a cette mission-là, mais on a d’autres missions aussi.

On a une mission de coordonner un réseau régional puisque derrière Infojeune Pays de la Loire, il y a une soixantaine de structures, les structures Infojeune, qui sont réparties sur l’ensemble de la région Pays de la Loire et qui ont soit un statut associatif, soit un statut municipal, qui sont des extensions de services municipaux. Cela représente à peu près une centaine de professionnels sur les Pays de la Loire. Donc, on doit coordonner tous ces professionnels, former tous ces professionnels.

Ça, c’est la deuxième mission. Et puis, notre troisième mission, ça va être ce qu’on appelle chez nous l’activité locale, donc tout ce qui se passe à Nantes, puisque nous sommes basés à Nantes, où on a un espace d’accueil. On va informer en direct les jeunes avec ce qu’on aura produit comme information au préalable, alors physiquement, ou justement ce qui va nous intéresser sur d’autres territoires.

On a notamment un site web, infojeune.fr, qui comprend à peu près 80 000 visiteurs par mois, ce qui est assez… Enfin, on est relativement satisfaits de cette audience au regard de la typologie de contenu qu’on a sur ce site. Et puis aussi sur les réseaux sociaux, donc c’est le sujet dont on va parler aujourd’hui.

De plus en plus, évidemment, on nous interpelle sur les réseaux sociaux et on va informer en direct les jeunes. Nos structures connaissent un petit peu, depuis quelques années, une petite baisse de fréquentation physique. Par contre, les sollicitations sur ces espaces-là sont de plus en plus importantes.

Et juste pour finir la présentation d’Infojeune Pays de la Loire, on s’inscrit dans un réseau national, qui est le réseau Infojeune France, qui représente à peu près 1 300 structures sur l’ensemble du territoire national et qui ont tous ce point commun d’être labellisées informations jeunesse avec les missions que je viens de vous décrire.

[Bryan] Concrètement, je suis jeune, j’ai une problématique, je me pose une question sur un sujet qui me concerne nettement. Quand je dis que je suis jeune, c’était il y a plusieurs années. Je ne suis pas dans les 15-30 ans malheureusement.

C’est un état d’esprit. Comment je fais ? Comment je connais Infojeune et comment je me tourne vers Infojeune ?

[Pierre-Adrien] Justement, par le maillage territorial qu’on a, on a des chances d’avoir une structure Infojeune. Je précise, il n’y a encore pas très longtemps, on appelait ça des criches, des piges, des cygnes. C’est une appellation qui est encore un petit peu connue, mais on a changé d’identité récemment.

Il y a un maillage où, normalement, il y a quand même une soixantaine de structures en région Pays de la Loire, donc quand même une présence assez forte dans les communes d’une certaine importance et puis aussi dans les petites communes. Dans les petites communes, c’est vite repéré, en général, il y a de la communication et donc franchir le pas de la porte du pige, c’est aussi lié à un ensemble de propositions en général municipales sur une politique jeunesse qui est développée au niveau municipal. C’est relativement visible.

Donc, vous êtes jeune, tu es jeune, Bryan, tu peux franchir la porte de ces structures, mais également faire des recherches sur le web, nous trouver, nous trouver sur les réseaux sociaux et nous, en l’occurrence, on est présents sur plusieurs réseaux sociaux, donc on nous retrouve assez facilement.

[Bryan] Ok, vous occupez tout le terrain qui est possible et qui peut, du coup, atteindre le public jeune. [Pierre-Adrien] Tout le terrain, non, parce qu’on a aussi des moyens limités et si je reste sur la question des réseaux sociaux, on n’est pas sur tous les réseaux sociaux, on va en parler aussi tout à l’heure sur voilà, est-ce qu’il faut aller sur Instagram, sur Snapchat, sur TikTok, sur voilà, il y a des vraies stratégies qui sont réfléchies peu au coup par coup, mais voilà, on essaye d’être assez présents et de communiquer auprès des jeunes pour se faire connaître tout simplement et faire connaître nos services. [Gwen] Alors moi, je me posais une question, parce que tout à l’heure, tu disais que vous étiez un petit peu des médecins généralistes de l’information. Moi, de ce que tu me dis, j’ai l’impression que vous êtes un peu comme un média ou comme une chaîne d’infos. Est-ce que pour toi aussi ? [Pierre-Adrien] Très bonne question. Moi, j’ai tendance à penser ça. Après, très honnêtement, l’information jeunesse, c’est quelque chose qui existe depuis 50 ans.

Donc, on a un historique, on s’inscrit dans l’éducation populaire, on s’inscrit dans des valeurs, on s’inscrit dans des choses et rares sont les structures information jeunesse qui se perçoivent comme des médias, ceci étant dans les faits, on produit de l’information, on la diffuse, voilà. Et de l’info fiable, sourcée, recoupée ? C’est là où il y a un distinguo à faire, c’est-à-dire qu’on a quatre documentalistes au sein de notre équipe qui vont produire de l’information au quotidien.

Une information, effectivement, ce label d’État nous oblige à ce que ce soit une information exhaustive, fiable, gratuite et qu’on puisse la transmettre aussi de manière anonyme, c’est-à-dire que les échanges qu’on va avoir avec les jeunes dans leur recherche d’information, elle est anonyme. Notamment sur des problématiques de santé où ça peut être très important. Ce sont des documentalistes et moi je vois bien la différence entre ce qu’est un documentaliste avec, par exemple, ce qu’est un journaliste.

La démarche n’est pas la même. Moi j’ai été journaliste pendant dix ans, donc je vois bien le distingo. On n’est pas à prendre un sujet, à choisir un angle et à creuser cet angle.

On est à justement montrer sur un sujet donné toutes les possibilités qui vont s’offrir aux jeunes. On ne va pas valoriser quelque chose plus que d’autres. Il y a toujours des choix.

Même dans les démarches, il y a toujours des choix dans la manière de présenter les choses, dans aussi comment on aborde des thématiques, il y a forcément des choix. Moi, le côté objectif à 100%, je n’y crois pas quel que soit le métier autour de l’information. Néanmoins, la démarche est quand même très différente d’une démarche journalistique.

On n’est pas du tout dans les mêmes objets. Et puis, on est une structure très soutenue par les pouvoirs publics. Donc, pour être très transparent, 80% de nos revenus, de nos financements pardon, pas nos revenus, découlent de pouvoirs publics.

Donc on n’a pas aussi cette obligation de coller à un besoin de notre clientèle, comme ça peut être le cas dans des journaux, dans des radios ou des télés. Donc la démarche intellectuelle en termes de valeur, elle est très différente aussi. Donc oui, dans les faits, on est un média, mais culturellement, ce n’est pas pensé comme ça.

[Bryan] Alors, c’est ça d’ailleurs qu’on trouve intéressant pour aborder le sujet et de te convier. C’est justement cette notion de finalement d’être quand même un média. Alors certes, la façon de travailler n’est pas totalement la même, mais il y a quand même la notion de produire et diffuser l’information, ce qu’on voit d’ailleurs dans beaucoup d’entreprises privées aujourd’hui, qui cherchent aussi à devenir elles-mêmes leurs propres médias.

Et donc, elles vont sûrement se poser les mêmes questions qu’on va aborder aujourd’hui. C’était aussi un des points qui nous plaisait bien.

[Gwen] Alors justement, tu as commencé un petit peu à en parler, mais moi, ça m’intéresse de savoir comment est-ce que vous vous organisez en fait, pour votre prise de parole sur les réseaux sociaux. [Pierre-Adrien] Alors, c’est… C’est un travail d’équipe, déjà. Moi, je suis responsable de communication, mais autour de moi, il y a différents métiers.

Il y a les documentalistes que j’ai évoqués, mais il y a aussi ce qu’on appelle les informateurs et les informatrices jeunesse. Ces personnes qui, justement, sont au contact des jeunes et qui vont devoir les informer. Et donc, c’est avec eux, en fait, qu’on doit travailler.

Ces informatrices jeunesse, techniquement, à Nantes, au Infojeune Pays de la Loire, Nantes, il y en a deux. Et elles ont aussi pour mission d’être présentes sur les réseaux sociaux. Donc, on va élaborer, si je reste sur le cadre de Nantes, je ne parle pas au niveau régional, mais si je reste sur le cadre de Nantes, on va élaborer une stratégie.

Je prends, par exemple, notre compte Instagram, où on va se mettre d’accord sur une planification de publication sur, déjà, le choix des thématiques et des sujets en fonction des temporalités des jeunes. Alors, ça, c’est la première chose. C’est la clé.

On pourrait revenir aussi sur le choix des réseaux sociaux, mais je pense qu’on y reviendra très bientôt. Mais déjà, première chose, après le choix des réseaux sociaux, ça va être le choix des thématiques. On a des temporalités.

En ce moment, par exemple, alors là, on est en mai, au mois de mai, on est beaucoup sur les thématiques de logement, en fait, parce qu’après l’été, les jeunes vont arriver, les étudiants vont arriver, et on a beaucoup de demandes là-dessus. Il y a de février à mars, on est beaucoup sur les thématiques de job d’été, de job pour l’été, de job pour les jeunes, voire de job étudiant aussi, parce qu’aussi, on est identifié sur ces thématiques-là, donc on sait que les jeunes, ils vont nous interpeller là-dessus. Donc, on va choisir déjà les sujets en commun sur lesquels on a envie de travailler.

Après, du coup, on se répartit un petit peu les rôles. On se répartit un petit peu les rôles avec les informatrices jeunesse, je dis informatrices parce que effectivement, ce sont deux femmes qui travaillent avec nous, qui vont effectivement produire des contenus sur les réseaux sociaux. Je vous donne un autre exemple, je vous parlais de logement il n’y a pas longtemps, et d’Instagram.

On a, par exemple, développé toute une semaine d’information, c’était il y a quelques semaines de cela, toute une semaine d’information où on se met d’accord avec les types de contenus que l’on veut produire. Alors, le logement, c’est quoi ? C’est comment on le recherche ?

Comment on le finance ? Qu’est-ce qui se passe en cas de conflit ? Vers qui je peux me retourner ?

Voilà, toutes ces questions-là, on essaye de segmenter un petit peu la thématique, et puis on va se dire, ok, aujourd’hui, on va faire un carousel sur Instagram parce que le format marche bien, et puis parce que le format s’adapte bien à ce sujet-là. Bon, on va le publier plutôt en fin d’après-midi, et puis en début de journée, on aura publié une story qui est un petit peu sur cette sous-thématique-là, mais en le traitant différemment. Donc voilà, on établit un planning, et puis, en fait, tous les mois, on fait ça.

C’est-à-dire qu’on établit une sorte de planning de publication qui reflète les besoins et les temporalités des jeunes sur ces moments-là. En fait, c’est relié, on peut presque considérer que ce sont presque des mois thématiques. Oui et non, parce qu’il y a des mois qui s’y prennent plus que d’autres.

Alors là, je vous ai cité des exemples très forts. Le logement et le job d’été, on est extrêmement attendus là-dessus. A la rentrée, on est attendus sur la découverte de Nantes, par exemple.

Et puis après, on ne reste pas figé sur ces thématiques. On apporte aussi d’autres types de contenus en fonction des actualités que justement l’équipe documentaliste va produire aussi.

[Bryan] En tout cas, ce qui est intéressant dans ce que tu dis, c’est quelque chose d’ailleurs qu’on a dans beaucoup d’échanges sur d’anciens épisodes, même avec des clients. Vous pensez d’abord à qui vous voulez vous adresser et les moments les plus opportuns pour leur adresser le contenu, parce que vous savez que c’est pertinent en mai de parler du logement, parce que c’est là où on se pose la question. Donc, vous vous posez d’abord la question de à qui je m’adresse et ensuite, vous allez définir un plan.

Exactement.

[Pierre-Adrien] On se pose déjà la question de la cible, effectivement, à qui on s’adresse. Mais ce n’est pas le tout de dire qu’on s’adresse à des jeunes de 15-30 ans. Parce que déjà, rien que la cible en tant que telle…

On pourrait avoir des sous-cibles. Voilà, c’est ça. On ne raconte pas la même chose à un jeune qui a 15 ans et à un jeune qui en a 28.

C’est évident. Et puis, au-delà du choix de cette cible principale et de comment on la considère, c’est surtout le choix des cibles connexes, de tous les relais d’information. Parce qu’alors, Bryan, tu évoquais en début de podcast le contexte un petit peu informationnel qu’on a sur les réseaux sociaux.

Moi, je n’irais plus loin. On est dans un contexte de surcharge informationnelle. Ça, ce n’est pas un scoop.

Dans lequel prolifère une désinformation. Voilà. Les exemples ne manquent pas.

Des informations qui ont des vraies conséquences sur notre société. Des vraies conséquences physiques. On peut rappeler le Capitole, on peut rappeler Donald Trump et tout ce qui s’est passé.

Parce que c’est très symbolique comme exemple. Et donc… Et puis, des réseaux sociaux qui sont devenus plus ou moins le premier canal d’information des jeunes.

C’est-à-dire qu’un jeune, s’il a envie, je ne saurais pourquoi, aller consulter les contenus du monde, il va plutôt passer par Snapchat que par l’application du Monde. Donc, on a ce contexte qui est quand même très particulier et très fort. Du coup, j’ai oublié un petit peu la question que tu souhaitais me poser.

[Gwen] Moi, je voulais rebondir sur ce que tu disais. Parce que du coup, tu parlais de votre organisation en planning mensuel un petit peu. Et en fait, ça m’étonne.

Parce que vu qu’on disait tout à l’heure que vous étiez un peu comme une chaîne d’infos, moi, je m’attendais à ce que tu me dises que finalement, vous étiez beaucoup sur du flux tendu, sur de l’info chaude à partager constamment.

[Pierre-Adrien] Il y a les deux. Puisque tu me parlais d’organisation et de comment on s’organise au sein de l’équipe, l’organisation, elle est beaucoup plus poussée, beaucoup plus forte sur des temporalités récurrentes. Mais effectivement, en parallèle, on est aussi sur du contenu chaud qui est produit, je l’ai juste évoqué, mais très rapidement, par notre équipe documentaliste, qui est plutôt réactive à tout ce qui se passe, à l’actualité qui va concerner les jeunes.

Et là, on pousse ces contenus-là sur les réseaux sociaux aussi. Il y a vraiment cette double temporalité. Mais c’est nettement plus structuré, nettement plus un travail d’équipe et de réflexion thématique sur les thématiques récurrentes qui reviennent.

Je voulais juste revenir sur pourquoi je parlais du contexte sur charge informationnelle, etc. Tout ça, c’est des éléments de réflexion sur ce qu’il y a en amont. On parlait du choix des cibles, on parlait des relais d’information.

Les relais d’information sont extrêmement importants puisqu’on a ces jeunes qui, comme les moins jeunes, sont noyés dans cette masse d’informations et de désinformations. Du coup, on sait très bien qu’on ne va pas systématiquement pouvoir les toucher en direct. Et on va aussi passer par un réseau de partenaires.

On va aussi passer par les parents. On va aussi passer par la communauté éducative qui gravite autour de ces jeunes. Et c’est fondamental.

Je vous donnais l’exemple des jobs d’été tout à l’heure. En mois de mars, un jeune a plutôt du mal à se projeter au mois de juillet en se disant « qu’est-ce que je vais faire ?

[Bryan] » Alors que ses parents, si. [Pierre-Adrien] Alors que c’est le moment. C’est le moment d’y aller. C’est le moment où les entreprises recrutent.

Par contre, les parents, oui. Donc, d’où notre présence encore sur des réseaux comme Facebook qui sont plus ou moins délaissés par les jeunes. C’est clair.

Avant de commencer l’épisode, dans ma tête, je me disais ils ne sont pas sur Facebook. C’est pas possible. Bien sûr qu’on est sur Facebook.

Déjà parce que tous les jeunes n’ont pas déserté Facebook. Même si effectivement les chiffres le montrent. Deuxièmement, parce qu’en fait, ils reviennent une fois qu’ils ont passé les 18, 19, 20 ans, ils reviennent un peu à Facebook pour X raisons.

Pour chercher justement un job, des fois. Pour chercher un logement, aussi, des fois. Pour appartenir à des groupes.

Je prends le groupe Facebook des étudiants de Nantes. Il est extrêmement fort, extrêmement important. Il y a beaucoup de monde.

Ils sont présents sur Facebook. Plus ou moins passifs. Même si on redescend dans l’âge, si on prend les pré-ados et les ados, oui, non, ils ne sont pas sur Facebook.

Mais après, ils ont tendance à y être.

[Bryan] On y revient pour d’autres raisons. [Pierre-Adrien] Mais ce qui est important pour nous, c’est d’être sur Facebook. On a réfléchi à tout ça. On s’est demandé, est-ce qu’on le supprime pas ?

Comme ça, on gagne du temps sur autre chose. On compose comme ça. C’est d’intégrer ces groupes Facebook.

C’est d’avoir la messagerie, parce que la messagerie Messenger, là, pour le coup, elle est très, très utilisée. Et puis, c’est surtout de toucher des cibles connexes, et notamment les parents. L’exemple des jobs d’été, effectivement, on va publier des contenus pour annoncer les diverses actions que notre réseau fait sur les jobs d’été dès février, dès mars.

Et qu’est-ce qu’on voit ? On voit des parents qui taguent leurs enfants. C’est assez simple à voir.

C’est le même nom. Mais on voit des parents qui taguent leurs enfants. Et du coup, là, on se dit, OK, c’est bon.

Le relais d’info, il est là. Et sur des sujets aussi peu attrayants que les jobs, le meilleur vecteur, ça va être ce bouche-à-oreille familial qu’on va essayer de susciter à travers Facebook.

[Gwen] OK. Donc, finalement, vous avez une stratégie réfléchie pour les réseaux sociaux. Les missions sont réparties entre, du coup, les documentalistes, toi, les informatrices, les informatrices de jeunesse. [Pierre-Adrien] Tout à fait. [Gwen] C’est réfléchi. Vous avez une partie de contenu froid que vous pouvez anticiper. [Pierre-Adrien] Exactement. Tout à fait. Contenu froid qu’on anticipe. [Gwen] Les temporalités que j’évoquais tout à l’heure. Et les contenus chauds aussi ont une place dans votre communication. Du coup, vous vous adressez aux 15-30 ans. [Pierre-Adrien] Oui. [Gwen] Là, tu nous as parlé des leviers pour réussir à les toucher, les cibles connexes. Et alors, justement, on arrive à la question qu’on contourne depuis tout à l’heure. Où est-ce que vous êtes présent ? [Pierre-Adrien] Sur quels réseaux sociaux ? Après, investir en réseau social, ça ne se fait pas comme ça. Avec un claquement de doigts, vous êtes quand même bien placé pour le savoir.

Si seulement, on n’existerait pas. Donc, nous, on n’est pas présent sur TikTok. Nous, on est très passif sur Snapchat.

On a un compte, mais on ne produit pas d’informations sur Snapchat. Donc, on n’est pas sur ces réseaux sur lesquels on pourrait se dire forcément qu’ils sont sur TikTok. Ils ne sont pas sur Facebook.

Donc, où est-ce qu’on est présent ? On est présent sur Snapchat. Pardon, sur Facebook.

Pour communiquer sur on va dire le flux informationnel des documentalistes, mais aussi, surtout, sur ce qui se passe à Nantes. Notre cible, c’est quand même les jeunes Nantais sur Facebook. Idem sur Instagram, où on va cibler aussi plutôt des jeunes Nantais.

Nantes-Métropole, mais vraiment le secteur un petit peu qu’on va couvrir par notre activité locale. Et après, on est aussi présent sur d’autres réseaux, avec d’autres cibles, LinkedIn, Twitter, pour des questions partenariales, pour des questions aussi de réseau national. Donc, on a investi ces champs-là.

Et puis, bien sûr, qu’on pourrait être partout. Bien sûr, on est aussi sur YouTube. On est aussi sur SoundCloud, parce qu’on espère pouvoir à terme vraiment développer le podcast aussi, parce qu’on est très attiré par ce média-là, comme vous, semble-t-il.

Et puis, on n’est pas présent sur Snapchat et TikTok. Bon, dans l’idéal, si on pouvait être présent partout, on le ferait, bien évidemment.

[Bryan] Mais il faut alimenter après. [Pierre-Adrien] Ça ne sert à rien d’ouvrir des choses. Mais quand même, on se teste, on teste des choses. Donc, il y a cinq ans, moi, quand je suis arrivé dans la structure, on était sur le combo un petit peu classique, Facebook, Twitter, LinkedIn.

Voilà, ça s’arrêtait à peu près ici, et la chaîne YouTube, bien évidemment. Ça s’arrêtait à peu près là. Donc, on s’est dit, Snapchat ou Instagram.

Voilà, on était dans ces prérogatives-là il y a cinq ans, parce que TikTok n’avait pas percé comme TikTok aujourd’hui. Bon, le meilleur moyen de le savoir déjà, c’est d’y aller. Donc, on a ouvert les deux en simultané, tout en se disant, à priori, on ne va pas pouvoir assumer les deux.

Mais déjà, pour voir comment ça pouvait éventuellement matcher, on a cette possibilité, dans l’éducation populaire, un petit peu aussi, de tester des trucs, de voir ce que ça donne, et puis de changer de braquet. Et force est de constater que sur Snapchat, on avait tout de suite eu des difficultés d’identification. On a eu des retours très rapides.

Alors, le côté information n’était pas aussi développé qu’il l’est aujourd’hui sur Snapchat, où je ne sais pas si vous suivez ce que fait par exemple Le Monde, l’équipe ou autres, c’est du travail exceptionnel. Vraiment, cette capacité où même, je pense à Hugo Décrypte, à des médias comme ça, cette capacité à adapter des contenus pour des réseaux comme ceux-ci, pour cibler des ados ou des préados, c’est top.

[Bryan] C’est vraiment un travail exceptionnel. Mais c’est des médias qui vont encore plus loin. En fait, ce n’est pas un journaliste qui produit du contenu, mais après il y a une personne qui décline.

Il y a une personne par réseau qui va prendre une information et qui va la travailler pour Snapchat, pour TikTok, pour Instagram, etc.

[Pierre-Adrien] Exactement, ce n’est pas une information qu’on décline. Par contre, généralement, c’est une thématique ou un sujet qu’on va retrouver. Je pense qu’Hugo Décrypte, beaucoup, comme on sort d’une période de campagne présidentielle où, effectivement, on a vu on pourrait évoquer Twitch aussi, on pourrait évoquer plein de choses, mais on a vu quand même des cartons d’audience, notamment du côté d’Hugo Décrypte et le travail qui a été fait pour alimenter tous ses réseaux.

Il est sur Insta, il est sur Snapchat, il est sur TikTok, il est sur Twitch, il est sur Youtube, je crois aussi. Bien sûr, il est partout. En général, on n’a pas des infos qu’on va décliner, mais c’est quand même des thématiques souvent qu’on va trouver d’un réseau à un autre.

Après, c’est peut-être un petit peu plus personnel. Il y a une manière de concevoir les choses qui fait que je ne sais pas s’il faut, en tant que professionnel jeunesse, on se définit comme des professionnels jeunesse, c’est-à-dire qu’on se définit comme dans notre posture éducative vis-à-vis des jeunes. On fait de l’éducation à l’information depuis 40 ans, 50 ans, dans les réseaux infogènes.

On considère aussi l’exemple de Snapchat, l’anecdote que je vous racontais sur Snapchat, où on recevait des messages en nous demandant « Mais vous êtes qui ? Qu’est-ce que vous faites là ? » m’a conforté dans cette position de penser aussi que les jeunes ont besoin de réseaux refuge.

On quittait Facebook à un moment donné aussi, parce qu’il y avait leurs parents, parce que justement il y avait des informations un peu institutionnelles, parce qu’il y avait peut-être leurs grands-parents aussi, et qu’en fait on a besoin d’un espace de récréation, d’être tranquille entre nous. Alors, ça peut vous faire peur ce qu’on fait entre nous, peut-être, peu importe, mais c’est notre réseau aussi. Et du coup, vouloir absolument et c’est un des pièges, je pense, dans lesquels on peut vite tomber, nous, professionnels jeunesse, c’est de vouloir être partout parce qu’ils sont partout.

Ils ont des comptes sur tous les réseaux, donc allez, on y va, on va sur TikTok, on va sur Snapchat, etc. Je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure des stratégies, déjà, parce qu’on ne peut pas l’assumer en termes de moyens. Ce n’est pas donné à tout le monde de pouvoir être partout et d’alimenter correctement les choses.

Et puis, encore une fois, parce que peut-être qu’on n’y est pas attendu, peut-être que ça aurait l’effet inverse en termes de communication sur notre image aussi que d’investir forcément ces réseaux, de les suivre à la trace. Donc moi, je suis plutôt dans cette idée de dire, il y a une sorte de rue numérique dans laquelle évoluent ces jeunes, qui a un ensemble de pratiques, qui a un ensemble d’usages, qui a un ensemble de plateformes, et à nous de recréer comme une sorte d’espace d’accueil à distance, un peu comme on le fait dans la rue physique, et d’être présents et visibles, sur Instagram, peut-être sur Facebook, peut-être se limiter à deux, trois réseaux, selon nos moyens, mais au moins d’être présents, d’être physiques, et s’ils veulent nous trouver, s’ils veulent notre information, ils sauront nous trouver à cet endroit-là. C’est plutôt la stratégie qu’on adopte.

[Gwen] Ça marche. Par rapport à l’information que vous diffusez, moi, je me demandais si vous travaillez du coup en partenariat, en collaboration, enfin, peu importe, avec des collectivités locales ou des organismes, pour justement récolter vos infos. [Pierre-Adrien] Oui, complètement. Alors là, pour le coup, c’est le travail des documentalistes, qui sont en veille permanente avec tout un écosystème d’acteurs, des acteurs un peu, ceux que j’évoquais, les fameux experts de ces thématiques. On a la chance, à Nantes et en Loire, d’avoir un tissu associatif très fort sur toutes les thématiques que j’évoquais, donc ces gens-là vont nous nourrir.

On est en relation avec eux, on est en veille, des veilles thématiques avec des acteurs associatifs, avec des collectivités. Bien évidemment qu’on a, par exemple, sur notre site et sur notre application mobile, tiltinfojeune.fr, un module de recherche qui s’appelle « À quoi ai-je droit ? », et qui recense 350 dispositifs d’aide et d’accompagnement sur l’ensemble du territoire régional.

On a une personne qui fait que ça. C’est un gros travail de le mettre à jour tout le temps, c’est-à-dire que toutes les informations qu’on va trouver via ce module de dispositifs sont à jour, sont exhaustives, et donc oui, forcément, on est en lien permanent avec la région, avec le département, avec les municipalités, pour être sûr que les informations qui sont sur notre site et notre application sont fiables 365 jours par an.

[Gwen] Mais est-ce que c’est vous qui allez chercher l’information ou est-ce que c’est de l’information qu’on vous envoie, en vous disant « il faut le diffuser » ? [Pierre-Adrien] Alors, la tournure de « il faut le diffuser » peut être un peu impérative, mais très honnêtement, oui, c’est les deux. Très honnêtement, on va chercher l’info. Souvent, on va chercher l’info, quand même.

Et puis, oui, bien sûr que la région, bien sûr que la ville de Nantes nous signale l’existence d’un dispositif. Je faisais le distinguo entre documentaliste et journaliste. Je pense que la différence, elle s’oppose là.

Elle s’oppose clairement là. Un journaliste qui reçoit quelque chose de la région n’aura pas la même attitude qu’une documentaliste. Et encore, les documentalistes ne sont pas non plus des communicants.

On n’est pas là pour valoriser, bien évidemment, la politique de la région ou la politique de la ville de Nantes, etc. On est là pour informer les jeunes, pour relayer sur des sujets qui les concernent. Si on estime que les informations qu’on reçoit de par ses collectivités, par exemple, ne sont pas forcément intéressantes ou relèvent plutôt de la communication, on ne va pas la traiter, on ne va pas la prendre.

Donc, on a aussi cette marge de manœuvre de dire oui, non, désolé. Ça, ça ne nous concerne pas.

[Bryan] Il y a une notion qui est intéressante. On parlait d’une première notion sur l’importance de la pensée accessible. Il y a un deuxième point que tu as dit, et je pense qu’il est important d’avoir l’esprit, quand on veut être présent sur les réseaux sociaux, il nous faut de l’information, mais il faut aller la chercher.

Ce que tu dis quand même, c’est qu’on vous en envoie parfois, mais vous êtes quand même plus souvent à aller chercher l’info. Et ça, c’est quelque chose qu’on a beaucoup dans nos métiers qui oublie beaucoup de marques qui veulent aller sur les réseaux. Quand je dis marques, c’est la même organisation qui pense que ce qu’on va dire sur les réseaux, ça remonte automatiquement du terrain et on n’a rien à faire.

Le plus long, je pense, dans ce travail-là, c’est d’organiser la collecte et la remontée de l’info. Ce n’est pas tant de produire l’information, même si c’est un travail en soi, c’est vraiment ce management pour que ça remonte et que ça soit à disposition en temps voulu.

[Pierre-Adrien] Exactement. La question de la veille informationnelle, elle est fondamentale. Elle est chronophage.

Si on prend tout le process de récolte d’info, de editing et de diffusion, la veille, c’est la moitié, très clairement. Alors la chance qu’on a, c’est que déjà, on est quand même pas mal formé, pas mal rodé à cet exercice depuis, quand je dis on, c’est l’information jeunesse, depuis 40 ans. Donc là, pour le coup, il y a une vraie expertise des documentalistes sur ces techniques-là qui ont réussi aussi, avec les nouvelles manières de faire de la veille sur le web, avec les outils numériques, à rester à jour sur ces techniques-là.

Et puis, notre autre force, c’est le nombre. C’est-à-dire que Infojeune, Pays de la Loire, on est 18. Je ne dis pas qu’on est 18 en veille sur les mêmes choses, mais ce nombre-là, même s’il y a 4 documentalistes et 2 informatrices jeunesse et 1 responsable communication, ce nombre-là finalement fait que chacun va un peu sectoriser sa veille sur telle ou telle thématique, ou sur tel ou tel enjeu de jeunesse, et venir alimenter une sorte de pot commun dans lequel on va pouvoir piocher selon, encore une fois, les temporalités, selon les besoins ou ce qu’on pense être, là c’est le petit côté subjectif, ce qu’on pense être pertinent pour les jeunes à l’instant T. Il faut être vraiment proactif pour faire remonter l’information. Il y a des outils qui automatisent les choses, mais non, la veille c’est un travail quotidien.

Il y a plein d’outils très pertinents, qu’on ne citera pas là, mais c’est un travail très important. Les documentalistes passent plus de temps en veille qu’elles ne le passent à éditer leur contenu.

[Gwen] Du coup c’est intéressant, vous êtes quand même libre de raconter ce dont vous avez envie de parler. Vous n’êtes pas contraint. [Pierre-Adrien] Oui et non. Il y a quand même des choix dans ce qu’on va diffuser, mais mine de rien notre label d’État est le fait qu’on doit être exhaustif. C’est-à-dire qu’à partir du moment où on décide de traiter un sujet, on se doit d’être exhaustif.

Ça veut dire quoi concrètement ? Par exemple, si on prend la thématique de la santé, si on prend un sujet un peu plus précis sur cette thématique-là, on va être dans l’obligation intellectuelle, morale, de présenter l’ensemble des possibilités qui s’offrent aux jeunes sur le territoire donné. L’ensemble des acteurs qui vont pouvoir accompagner un jeune ou une jeune des 18 ans qui a des difficultés de santé, qui rencontre des problèmes.

On se doit d’être le plus exhaustif possible. Si je veux être un petit peu mesuré, le plus exhaustif possible dans la présentation des choix qui se présentent aux jeunes sur ces thématiques-là.

[Bryan] Ça pose quand même une question parce que quand on a une information qui est émise par des collectivités, souvent, ce qu’on nous envoie, c’est des notices de 4-5 pages, des trucs très difficiles à digérer, qui sont exhaustifs. Il n’y a aucun problème par rapport à ça. Mais le problème, c’est que sur les réseaux sociaux, à un moment donné, on ne peut pas tout mettre.

Alors comment on choisit ?

[Pierre-Adrien] Je ne remets pas tout sur les réseaux sociaux. [Bryan] Oui, il y a la notion d’exhaustivité, mais sauf qu’en fait, l’une des contraintes qu’on a sur les réseaux sociaux, c’est d’aller à l’essentiel. [Pierre-Adrien] Notre production d’information, notre production documentaliste, le cœur, ne va pas être les réseaux sociaux. Ça va être notre site web. Et ça va être surtout aussi nos publications print.

On a des guides. Trouver un logement en Pays de la Loire, trouver un job en Pays de la Loire, etc. Qui sont des guides.

Alors certes, qui sont aussi sur notre site web, mais qui sont papiers. On a aussi toute une série de gammes d’éléments print qu’on diffuse aux jeunes. Je fais juste une petite digression sur ce sujet-là, parce qu’en fait, le print est très important pour nous vis-à-vis des jeunes.

Il y a une sorte de validation de l’information qui s’installe quand on donne un document papier. C’est bête, c’est très bête, parce que ça peut être la même information qui sera sur un site web. Mais déjà, il y a un autre trajet de l’information quand elle est sur un support papier.

Le guide, il va se retrouver dans plusieurs mains, il va circuler, il va passer dans la famille. Donc, il y a un autre rapport à l’information que quand on le consomme sur le site et sur les réseaux sociaux, j’y reviens. Mais, voilà, fin de la parenthèse, mais n’oublions pas que l’impact de l’information papier est aussi à un moment donné quand elle est remise de main en main.

Et quand elle est accompagnée. Et voilà. Il y a un peu une forme d’autorité, quoi.

Pas d’autorité, mais en fait, non, c’est pas ça. Pour nous, c’est pratique de donner quelque chose et puis ça permet…

[Bryan] Je me mets à la place du jeune, je reçois une… [Pierre-Adrien] Ouais, de validation, de… Ils ont plus confiance, presque. C’est peut-être un peu exagéré, ce que je dis, mais ils ont plus confiance dans le contenu quand il est…

On a pu le repérer. Je ne sais pas si c’est quelque chose de général, qu’il faut généraliser à la jeunesse ou pas. C’est officiel, quoi.

Mais ouais, il y a un côté officiel, tout à fait. C’est un peu cette idée-là. Donc, on y va avec cette information, en espérant qu’elle ne soit pas erronée.

Mais pour revenir à la question des réseaux sociaux, tout notre contenu, bien sûr, n’est pas diffusé sur les réseaux sociaux. Donc on va se concentrer sur relayer, effectivement, des contenus qu’on va pouvoir développer sur notre site web et du coup renvoyer classiquement sur notre site web, ou alors développer des contenus vraiment purement natifs pour les réseaux sociaux. Je vous évoquais cet exemple parce qu’on en sort de la semaine pour trouver un logement à la rentrée.

C’était intitulé de cette campagne qui a duré une semaine et qui est pleine de contenu, mais uniquement sur Instagram, où là, on va quand même pouvoir bien, bien, bien traiter le sujet sans être aussi exhaustif qu’on pourra l’être. Et par contre, à partir du moment où on va citer tel acteur qui va pouvoir nous informer sur le logement, qui va pouvoir être beaucoup plus expert sur cette thématique, on se doit absolument de citer tous les autres. Et ça, on le fait, y compris sur les réseaux sociaux.

Je vous invite à aller voir les stories à la une qu’on a fait sur la semaine du logement. Si on cite la CAF, par exemple, qui peut nous aider financièrement sur financer un logement, on se doit aussi de citer Action Logement, on se doit aussi de citer d’autres acteurs et d’être vraiment exhaustif là-dessus. Là, pour le coup, on ne présente pas l’exemple.

[Bryan] Donc on a quand même un casse-tête, c’est-à-dire que à un moment donné, on ne peut pas privilégier l’un ou l’autre, c’est tout l’ensemble des acteurs qui doivent être… [Pierre-Adrien] Quand je dis exhaustif, ce qu’on évite de faire effectivement, ça va être de privilégier plutôt un acteur qu’un autre. [Bryan] Les sélections, on n’en fait pas. Ça veut donc dire qu’aujourd’hui, les réseaux sociaux, vous les concevez comme des points d’entrée sur un sujet, une thématique, et que votre objectif derrière, c’est quand même d’arriver vers des formats plus longs, que ce soit sur le site web ou le print dont on parlait tout à l’heure. Oui, complètement. [Gwen] Ok. Moi, je me pose une question depuis tout à l’heure organisationnelle. Tu nous parlais des informateurs tristes et des documentalistes.

Mais du coup, vous prenez tous la parole sur les réseaux sociaux ou est-ce que vous vous organisez avec des personnes qui font de la recherche, des personnes qui retraitent l’information, des personnes qui créent des contenus visuels pour les réseaux sociaux, etc.

[Pierre-Adrien] Ok. Il y a effectivement tout un processus. Mais non, tout le monde ne prend pas la parole sur les réseaux sociaux.

On va vraiment être sur les informatrices jeunesse qui ont parlé de points d’entrée, qui sont les points de contact avec les jeunes. Vraiment, la différence, elle est là. Ces deux personnes qui sont à Nantes sont à peu près les seules de l’équipe à être quotidiennement en contact avec les jeunes, à les avoir, à répondre à leurs questions.

C’est elles qui traînent leur parole. Mais derrière, il y a tout un travail des documentalistes sur amener les contenus, de moi-même sur les éditer aussi. Mais si j’ai bien compris ta question, vraiment l’idée, la vitrine, ce n’est pas péjoratif quand je dis ça, mais ça va être avec les informatrices jeunesse.

Dans les stories que vous allez voir sur Instagram ou ailleurs, c’est elles que vous allez voir.

[Gwen] Donc c’est elles qui gèrent le community management, vraiment. [Pierre-Adrien] C’est partagé. Le community management, on est à trois dessus, on va dire. [Gwen] Ça marche. [Pierre-Adrien] Excuse-moi Bryan, mais tu voulais… [Bryan] C’était exactement la raison que je voulais poser. Est-ce qu’on peut les considérer comme des community managers aussi ? [Pierre-Adrien] C’est une partie de leur mission. Informatrice jeunesse, c’est un référentiel métier qui est accessible très facilement sur le site Info Jeune National. Et la communication est une des entrées de ce référentiel métier parmi beaucoup, beaucoup de choses.

Mais effectivement, c’est intéressant parce que pas plus tard qu’hier, j’étais en train de former les nouveaux informateurs jeunesse des Pays de la Loire à la communication. Ce n’est pas si évident que ça. Quand on arrive dans un réseau en tant qu’informateur jeunesse, ok, je vais informer.

Il faut aussi que vous soyez en mesure de construire une stratégie de com avec des paramètres qui sont par exemple des services de communication des municipalités où il y a tout un écosystème autour des informateurs jeunesse qui est parfois un peu compliqué à manier. Que vous soyez en mesure de créer des visuels. On a fait ce matin même une formation Canva par exemple auprès des informateurs jeunesse pour qu’ils aient des outils.

Donc oui, la communication, c’est une part, une de leur mission.

[Gwen] Profil très atypique rechercheur. [Pierre-Adrien] Profil très atypique. Moi j’admire, je ne suis pas informateur jeunesse en tant que tel, mais j’admire ce métier-là et cette profession-là parce que déjà, c’est quand même des gens qui sont capables de répondre à des jeunes quelles que soient leurs questions. Alors ils n’ont pas la réponse à tout, mais c’est surtout une méthodologie de recherche d’information.

Et c’est là où moi ça me plaît de travailler dans cette structure-là parce qu’en fait, on ne fait pas tant on fait de l’information, on diffuse de l’information, etc. Mais en fait, on fait de l’éducation aux médias et à l’information. C’est-à-dire que notre but, ce n’est pas tant d’informer les jeunes quand ils viennent chez nous, que de les accompagner dans leur recherche d’information.

Et je fais vraiment le distinguo là-dessus parce que derrière, il y a quoi ? Il y a des valeurs. Il y a cette idée qu’en accompagnant les jeunes dans leur recherche d’information, là je parle dans nos espaces d’accueil, eh bien on va leur permettre aussi de se construire.

On va leur permettre de se construire leur citoyenneté. Je veux dire, quelqu’un qui sait s’informer, c’est quand même un citoyen déjà un petit peu plus aguerri. Donc c’est à toute cette dimension-là aussi que je trouve passionnante dans ce métier d’informateur de la NES.

[Gwen] Ça marche. Maintenant, j’aimerais bien te demander, à chaque fois j’aime bien demander des conseils ou des astuces plutôt mises en pratique. Aujourd’hui, on est sur le sujet d’informer via les réseaux sociaux.

Est-ce que tu aurais des bons conseils à nous donner pour réussir justement à informer via les réseaux sociaux ?

[Pierre-Adrien] Je reste sur mon axe jeunesse quand même, sur ce que je connais le mieux, si ça va. Je pense qu’il y a trois écueils vraiment à éviter déjà. C’est pas des conseils, c’est plutôt des erreurs.

C’est des conseils quand même.

[Gwen] Tu me coupes l’herbe sous le pied. [Bryan] On en aurait parlé, donc on peut commencer par ça. [Pierre-Adrien] On va commencer par les écueils, mais c’est toujours bien de commencer je pense par ce qu’il ne faut pas faire plutôt que ce qu’il faut faire. Le premier, c’est ce que j’exprimais tout à l’heure, c’est de vouloir être partout. Si on veut être partout, c’est qu’on a les moyens de le faire.

De l’univers dans lequel j’évolue professionnellement, d’éducation populaire et d’information jeunesse, je connais pas de structure à part au niveau national, et encore, où ils ont la capacité d’être partout et d’alimenter les raisons. Donc plutôt que de vouloir être partout et de vouloir absolument suivre les dernières tendances des jeunes, maintenant ils sont sur Snapchat, il faut aller sur Snapchat, là ils sont sur TikTok, il faut aller sur TikTok. Non, restons, creusons notre sillon peut-être sur des réseaux qui apparaissent un peu à la croisée des chemins, comme Instagram qui est beaucoup brisé par les informateurs jeunesse.

Croiser des usages, croiser des âges aussi sur ce réseau social-là qui est intéressant quand on travaille sur les 15-30 ans. Donc voilà, le premier écueil à mon avis, c’est de se dire il faut absolument investir tous les réseaux. Le deuxième écueil, ça va être dans la manière de prendre la parole sur les réseaux sociaux, ça va être dans le ton à employer.

Nous sommes des professionnels jeunesse. On a ce côté et particulièrement à Nantes, puisqu’on est peut-être de réseau, un petit peu institutionnel aussi. Et donc, d’employer…

Je vous parlais d’une rue numérique tout à l’heure. La rue numérique, elle a son langage, elle a sa culture, elle a ses sphères d’influence, elle a ses acteurs. Néanmoins, de vouloir absolument employer le langage jeune, attention, attention.

Sinon, ça finit en OK Boomer en 2 secondes 30. C’est pas parce que tu t’adresses aux jeunes qu’il faut parler comme eux. Là, personnellement, je me suis pris deux-trois claques là-dessus très clairement.

J’ai pas l’impression d’être si vieux que ça. Et je me dis, OK, c’est un langage que je peux employer aussi, mais en fait, quand c’est dans la bouche d’une structure, entre guillemets, ben non, ça colle pas du tout. C’est un exemple ?

J’ai pas d’exemple précis. Je reviens à l’exemple, il faudrait que je réfléchisse deux secondes, mais je reviens à l’exemple quand on a investi Snapchat. Qu’est-ce que vous faites là ?

Alors, on aurait pu peut-être ne pas s’arrêter à ça et poursuivre un petit peu plus. Mais bon, c’est des petites claques qu’on se prend. en tout cas, je pense, on a souvent…

Je me bats contre des images négatives qu’on a de la jeunesse, des fois, et puis de se dire ouais, ils sont dans leur bulle, ils sont dans leur langage, ils sont dans leur truc. Ouais, OK. Mais en fait, ils aiment bien aussi, je pense, je suis à peu près convaincu, la sincérité et l’honnêteté dans la manière de prendre la parole.

Et ça sert à rien de vouloir faire du jeunisme, entre guillemets, c’est peut-être un peu fort, mais sur les réseaux sociaux, si on ne l’est pas. Quand on est un média culturel nantais tenu par des jeunes, OK, allons-y. On a un ton qui est le nôtre, en fait, mais il est sincère.

Quand on s’appelle Info Jeune Pays de la Loire et qu’on a un label d’État et qu’on doit diffuser une information qui est quand même sérieuse et pas toujours très fun, ça sert à rien de l’envoyer, à mon avis, en envoyant des paillettes et du langage qu’on n’assumerait pas dans la vie.

[Bryan] Le ton doit être fidèle à son identité, même si on va adapter la forme du langage, parce qu’on est plus familier que d’autres, on a le droit d’être familier, tout en ayant un discours un peu plus institutionnel. Enfin, un ton institutionnel. [Pierre-Adrien] C’est un équilibre. C’est un équilibre qui est par soi compliqué à trouver. Je vous donne un exemple.

La question du vouvoiement et du tout-voiement. C’est tout bête, comme question. Pendant longtemps, on a vouvoyé les jeunes, parce qu’avec cet argument de dire qu’il n’y a pas de raison qu’on les infantilise.

Ils ne sont pas tous des adultes, mais en tout cas il y a une forme de respect dans le vouvoiement. Et puis aujourd’hui, on est en train de se dire que sur les réseaux sociaux, ce n’est pas possible. On ne peut pas ne pas tutoyer, c’est quand même une base.

Donc ça, c’est cool. On a des réflexions à mener, mais on est sincère quand on fait ça. C’est-à-dire que si un jeune vient physiquement dans notre espace d’accueil, on va le tutoyer.

[Bryan] Est-ce que vous tutoyez déjà les jeunes ? [Pierre-Adrien] En fait, il y avait une sorte de dichotomie entre je les tutoie en physique et je les vouvoie sur les réseaux. [Bryan] Alors là, vous êtes aligné avec ce que vous faites ? [Pierre-Adrien] Là, on est aligné sur ce qu’on fait. On a du coup toute notre masse informationnelle qui a un vouvoiement sur notre site web, mais peut-être que ça va évoluer. Et puis toute la partie com, réseaux sociaux où là, on va être sur du tutoiement.

Donc il y a encore ce double truc. Il y a une autre réflexion en ce moment qui est assez complexe à mener chez nous. C’est la question de l’écriture inclusive.

Voilà. On nous renvoie beaucoup ça.

[Bryan] Les mêmes problématiques. [Pierre-Adrien] Bien sûr. Mais tout le monde. Les jeunes nous renvoient beaucoup ça.

Ce serait pas mal de ne pas parler qu’au masculin des fois aussi. Oui, bien sûr. Avec nos valeurs qu’on prône, évidemment.

Après, concrètement, c’est pas facile de la mettre en œuvre. Est-ce que c’est vraiment si inclusif que ça parfois ? Il faut penser aussi à notre mission où l’information doit être accessible pour tous.

Donc quelqu’un qui est dyslexique, est-ce qu’il s’est retrouvé avec le point médian ? Là-dedans, là-dessus, on est en réflexion comme je pense beaucoup de structures.

[Bryan] Mais c’est clair. Je pense qu’en fait, il ne faut pas niger la notion d’accessibilité. Parce que des personnes qui sont dyslexiques ou même qui sont juste malvoyantes.

Malvoyante, ça ne veut pas dire être aveugle. Ça veut dire juste je ne vois pas bien les choses. Il y en a beaucoup plus qu’on ne pense.

Je crois qu’il y a à peu près 1,7 ou 2 millions de malvoyants en France. Il faut pouvoir en tenir compte. Ça veut dire qu’ils sont des assistants qui vont lire certains passages.

Le point médian, ça pose des problèmes aux assistants.

[Pierre-Adrien] Alors, après, je ne suis pas assez calé sur l’écriture inclusive. Mais il n’y a pas que le point médian dans l’écriture inclusive. Il y a plein de formes différentes. [Bryan] Il y a plein de manières d’être inclusif. [Pierre-Adrien] On va se réfugier un petit peu aussi derrière les prérogatives nationales d’État. La belle d’État, on a ce devoir d’accessibilité. On a un cadre un petit peu qui fait qu’on reste un petit peu sur nos positions.

Et puis, on a tenté des trucs. Une ou deux fois, j’ai fait un ou deux postes en écriture inclusive parce que le sujet était tel que je ne me voyais pas faire autrement. Et j’ai eu vraiment des retours.

J’ai eu vraiment des commentaires de gens qui me disaient « Arrêtez, le point médian, ce n’est pas possible.

[Bryan] » C’est très clivant. Le point médian est très clivant. Au-delà de l’accessibilité, il est très clivant. [Pierre-Adrien] Il ne faut pas résumer l’écriture inclusive au point médian. Exactement. [Bryan] On peut être inclusif dans ses contenus sans utiliser le point médian. Mais c’est bien, du coup, de se poser cette question-là. Il ne suffit pas de cliquer les doigts. [Pierre-Adrien] Et puis, on porte quand même des valeurs, comme vous aussi, mais on se doit quand même, à un moment donné, dans le discours qu’on a, d’être effectivement inclusif, de penser à toutes les parts de la société, à toutes les jeunesses. 15-30 ans au pays de la Loire, ça ne veut rien dire. 16 ans dans le quartier Malakoff, et 18 ans je ne sais pas, à la montagne, ou 35 ans à Angers.

Non, 35, j’ai dépassé un peu. Mais 28 ans à Angers. Les réalités concrètes n’ont rien à voir.

L’accès à l’information n’a rien à voir. Donc, on se doit d’être dans cette réflexion et dans ces valeurs d’accès à l’information pour tous. Et donc, l’écriture inclusive nous pousse quand même à y aller et en même temps, ne nous pousse pas à y aller.

On ne sait pas trop. Donc on réfléchit. Et puis on va voir comment on traite ça.

[Gwen] Ça marche. [Pierre-Adrien] Je parle beaucoup. [Gwen] Du coup, c’était tes erreurs à ne pas commettre là ? [Pierre-Adrien] Non. J’en ai d’autres. C’est très classique.

Je pense que vous êtes bien placés pour avoir ce genre de retour. Mais c’est de faire les choses en plus de tout le reste. Je vous disais que les informateurs jeunesse, ils ont plein de missions.

Dont la mission de communication. Si celle-ci est pensée et réfléchie après tout, juste une valorisation d’une animation ou d’un événement qu’on a fait avec une story ou un post, ça ne va pas le faire. Ça ne va pas le faire en termes de qualité de contenu.

Ça ne va pas le faire en termes de pertinence de contenu. Bien évidemment que c’est une stratégie qui s’amorce avant. Une fois qu’on a dit ça, il y a quelques jours, j’ai formé les nouveaux informateurs jeunesse des pays de la Loire à la communication.

Je vois bien que leur problématique, ce n’est pas forcément la communication. Ce n’est pas leur premier problème. Ça passe en deuxième.

Ils ont des emplois du temps très chargés, surchargés. Parfois, ça passe à la trappe. Des fois, il vaut peut-être mieux que ça passe à la trappe.

Je me fais un peu l’avocat du diable.

[Bryan] On m’a dit de le faire. Je le ferai à la va-vite. On le rencontre très souvent aussi.

C’est ce qu’on appelle mettre les réseaux sociaux en bout de chaîne. Il faut qu’on mette sur les réseaux. On a déjà tout ça à faire.

Si on a un peu de temps, on mettra des choses sur les réseaux sociaux. Très classique. C’est le truc à ne pas commettre.

Il faut l’intégrer directement dans son plan de communication et avoir une ressource affectée à ce sujet-là. Une ressource, ce n’est pas forcément une personne. C’est juste peut-être 10-20% du temps qui est fléché sur les réseaux sociaux.

Dit comme ça, ça parait très facile. Mais la réalité, c’est que souvent, les réseaux sociaux, ça arrive à la fin. Effectivement, il vaut mieux ne rien faire plutôt que de le faire à la fin.

[Pierre-Adrien] Il y a des dispositifs qui existent au niveau national, notamment un, si vous me permettez de faire un peu la lumière dessus, qui s’appelle les promeneurs du net, qui est un dispositif qui est piloté au niveau national par la CNAF et au niveau départemental par les CAF, qui choisissent un opérateur technique et nous, Infos Jeunes Pays de la Loire, on va coordonner les promeneurs du net, le réseau des promeneurs du net de Loire-Atlantique.

Les promeneurs du net, c’est quoi ? C’est des professionnels de jeunesse, qui ne sont pas forcément des informateurs de jeunesse. Ça peut être des éduqués, ça peut être un agent d’accueil dans une mission locale.

Bref, une série de métiers, de gens qui sont au contact des jeunes au quotidien et qui ont pour objectif d’échanger, de créer une sorte de relation éducative avec ces jeunes. Ces gens-là, typiquement, ils sont dans la situation qu’on évoquait avant, c’est-à-dire qu’ils voient bien la pertinence d’aller sur les réseaux sociaux et de valoriser ce qu’ils font, il n’y a pas de soucis là-dessus. Mais c’est pensé à la fin, c’est pensé en bout de chaîne, comme tu as bien dit.

Les promeneurs du net, c’est un dispositif qui fait que, en l’intégrant, les professionnels bloquent tant de temps de leur semaine sur une… Alors, on n’est pas sur de la communication pure, mais sur une présence éducative en ligne. Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire quand même produire de l’information en direction des jeunes, diffuser de l’information en direction des jeunes, notamment sur les réseaux sociaux. Je dis notamment parce qu’il y en a qui partent sur des jeux vidéo en ligne, il y en a qui partent sur d’autres supports. Ça, c’est des dispositifs qui sont, je pense, extrêmement intéressants pour les métiers dans lesquels j’évolue, dans lesquels on évolue, puisque ça vient parfois légitimer des pratiques déjà existantes, mais surtout les encadrer.

Les encadrer vis-à-vis des collègues, les encadrer vis-à-vis des hiérarchies, de dire, écoute, je suis sur les réseaux sociaux, mais je ne suis pas en train de trier des lentilles, je suis en train de travailler, et je vais y passer 30 minutes, 1 heure, 2 heures. Et ce dispositif-là qu’on coordonne, ça veut dire qu’on forme aussi ces professionnels à ça, permet de cadrer cette situation. Voilà, c’était juste une petite parenthèse sur les premiers ordinateurs.

Mais c’est fléché, ça fait partie de la mission. Et ça fait partie de la mission, voilà. Parfois, ça légitime des trucs déjà existants, mais souvent, ça impulse cette question de la communication et des réseaux sociaux au sein des projets de structure, au sein des équipes, en termes à la fois de réflexion et en termes d’organisation pure entre les membres de l’équipe.

C’est très intéressant. Là-dessus, attention, ça ne fait pas des professionnels, des communicants. C’est juste que ces professionnels qui ont des missions particulières vont les dématérialiser sur les réseaux sociaux.

Voilà. Typiquement, un informateur ou une informatrice jeunesse à Nantes, les personnes dont je parle depuis le début de ce podcast, vont peut-être être fermer 2 heures l’accueil par semaine pour passer 2 heures sur les réseaux sociaux. Elles font le même métier, mais sur un territoire qui est différent.

[Bryan] On connaît ça. Mais c’est… Ça reste le nerf de la guerre, c’est d’avoir vraiment un temps qui est dédié. [Pierre-Adrien] Du coup, une hiérarchie qui accepte que son salarié passe 2 heures de sa semaine près après. 2 heures à faner sur Facebook, c’est beau. 2 heures à faner sur Facebook ou plutôt à danser sur TikTok. [Bryan] Ça dépend des professionnels. [Pierre-Adrien] Quand je vois les missions locales, par exemple, qui sont de plus en plus sur TikTok et qui font des choses super sur TikTok, beaucoup sont dans ce dispositif premier ordinateur. Je pense que ce dispositif a permis de dégager du temps de réflexion, du temps de veille, du temps de formation et du temps de réalisation. Et moi, je trouve ça super. [Gwen] Très bien. Est-ce que tu as d’autres conseils à nous partager ? [Pierre-Adrien] Il y en a plein. Des conseils qu’on n’aurait pas forcément en tête. Je pense que on a évoqué le côté collectif, le côté s’organiser, organiser sa veille en collectif.

Je ne vais pas revenir là-dessus. Le corollaire, c’est aussi analyser ce qu’on fait à un moment donné. On peut faire les mêmes bêtises pendant des années.

Il n’y a pas de soucis si personne ne nous dit que ce n’est pas bien. C’est analyser, c’est regarder les stats, c’est faire ce qu’on a fait, ce que j’évoquais tout à l’heure entre Snapchat et Instagram, voir ce sur quoi on pense qu’on va être un peu plus attendu et ce sur quoi on aura plus de facilité à partir. C’est analyser les statistiques, ces choses-là.

Après, très classique, la question de la régularité des contenus, de la manière dont on a alimenté les contenus de manière régulière, ça c’est important. Je voulais rajouter peut-être quelques éléments vraiment sur les contenus en tant que tels. Nous, on a à cœur d’essayer d’impliquer les jeunes dans la communication en direction des jeunes.

Ça, c’est aussi un vaste chantier, ma foi. Mais on a tous dans nos structures un faux jeune. C’est un peu moins vrai à Dante parce qu’on est beaucoup plus institutionnels, comme image, mais des jeunes qui vont fréquenter un peu plus assidûment nos structures.

Et on essaye de faire en sorte de les impliquer. Ça veut dire quoi, par exemple ? Ça veut dire, OK, t’as bénéficié de telle aide pour trouver ton logement ou de tel dispositif pour accéder à un job étudiant.

Vas-y, témoigne. Face caméra, plan fixe, on essaye d’être dans les codes du moment pour que ça colle au story avec du texte dessus, etc. Des montages courts, avec les moyens du port.

On ne dit pas qu’on fait extrêmement bien les choses, mais cette idée de communication de paire à paire, pour nous, avec le public qu’on a, elle est à mon avis fondamentale.

[Bryan] La communication de paire à paire, on peut presque la rapprocher de la communication UGC que nous utilisons beaucoup pour les clients. On voit bien, quand c’est un client qui parle d’un produit, ça a beaucoup plus d’impact que quand c’est la marque qui présente son produit. Et du coup, on retrouve un peu cette notion d’impliquer finalement notre cible dans la communication. [Pierre-Adrien] C’est pas si… C’est pas tant qu’on l’a dit que c’est facile. [Bryan] Là aussi, ça paraît hyper facile, comme on s’est dit. La mise en oeuvre, elle est beaucoup plus complexe, mais en tout cas, ça reste effectivement une pratique qui fonctionne très bien sur les réseaux. [Pierre-Adrien] C’est pour ça que moi j’incite aussi à des structures comme les nôtres à nous rapprocher aussi, d’écoles de communication, de structures un petit peu comme celle-ci, et c’est un peu le cas sur certains territoires. Parce qu’on aura des jeunes qui vont aussi maîtriser un petit peu les codes déjà des réseaux sociaux, les derniers codes, et puis aussi qui ont une réflexion sur la communication. Donc du coup, c’est pour nous un vivier, entre guillemets, intéressant, forcément, pour impliquer les jeunes dans notre communication.

Tu veux encore des conseils ? Moi j’en ai plein, mais… C’est toi qui vois, sinon…

Un dernier pour la route, c’est la question du ton qu’on évoquait tout à l’heure. Le ton à employer, c’est pour nous un vrai casse-tête des fois, c’est un équilibre entre les codes du réseau social, qui est envisagé, évidemment, quelle que soit la cible, on ne parle pas de la même manière sur TikTok et sur LinkedIn, sur ce qu’on est, la sincérité de ce qu’on est et l’honnêteté de notre identité, et ça je pense que c’est un élément clé qui est important chez les jeunes et souvent sous-estimé, et puis les usages de notre cible. La manière dont elle fonctionne, la manière dont elle s’exprime aussi, donc il y a une sorte d’équilibre à trouver et ça, moi je le répète souvent aux informateurs jeunesse, il ne faut pas avoir peur de se planter. Il ne faut pas avoir peur de se planter et de se prendre un ou deux murs comme ça pour régler rapidement quand même, mais régler le ton et adopter le ton dans lequel vous êtes à l’aise, c’est important, et dans lequel va se retrouver bien évidemment la cible jeunesse.

[Gwen] Ça marche. Eh bien écoute, je vais te demander maintenant je ne sais pas si tu as pu y réfléchir, à une anecdote professionnelle que tu as vécue, qui illustre bien en fait l’importance du sujet du jour. [Pierre-Adrien] Oui, j’y ai pensé, effectivement. Alors c’est un petit peu décalé, parce que c’est une anecdote que je n’ai pas vécue dans le cadre de ma mission Info-jeune Pays de la Loire, mais plutôt dans des missions un peu connexes, qui m’a fait comprendre l’importance aussi d’être précis sur les réseaux sociaux et de ne pas prendre à la légère cette question de l’information sur les réseaux sociaux, même si j’en étais déjà convaincu. Je vous plante un petit peu le décor, classe de quatrième dans un territoire, une commune rurale pas très loin d’ici, classe de quatrième avec un atelier que je portais autour du journalisme.

Comme je vous l’ai dit, j’ai eu une petite expérience sur la matière. Et on, inévitablement, dans la conversation, je ne sais plus dans quel type d’animation, on s’est mis à parler des attentats de Charlie Hebdo. On s’est mis à parler des attentats de Charlie Hebdo et en face de moi, j’avais trois jeunes, quatrième, petit, pas très grand, qui étaient persuadés que Charlie Hebdo était l’auteur des attentats.

Parce qu’à force d’entendre les attentats de Charlie Hebdo, ils ont associé ce truc-là. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que ils ont une perception extrêmement surfacique, très rapide de certains éléments.

Et d’autant plus quand ça sature l’espace médiatique. Moi, je suis convaincu de ça. Quand ça sature l’espace médiatique, je pense que les jeunes y passent assez rapidement, dessus, en fait.

Et puis bon, on est quand même sur un truc très particulier. Mais, waouh, je me suis pris ça un peu en pleine tête. Je leur parlais, et moi-même, j’employais le terme, l’expression les attentats de Charlie Hebdo, sans me rendre compte qu’en fait, j’étais en train de dire quelque chose qui n’était pas juste.

Les attentats à Charlie Hebdo. Oui, bien évidemment. C’est juste un mot.

Un mot. Deux lettres. Mais qui ont des conséquences quand même assez folles.

Quand ces gamins m’ont dit Charlie Hebdo, il a commis les attentats en 2015. Oula, oula. Voilà.

Petite anecdote qui est un peu décalée par rapport à ce dont on parle, mais quand même, c’est la question de informer, c’est bien. Accompagner à la recherche d’informations, c’est encore mieux. Et moi, je suis persuadé que l’éducation aux médias et l’information, c’est un enjeu capital, capital pour nos sociétés aujourd’hui.

[Gwen] Très bien. Très bon exemple. Merci.

Eh bien, est-ce que tu pourrais conclure l’épisode du jour avec une conclusion en trois mots ou en trois phrases à retenir ?

[Pierre-Adrien] En trois actes. Thèse, antithèse, synthèse. Déjà, merci beaucoup de m’avoir invité dans ce podcast.

C’était un moment très sympathique. Trois mots. Trois mots.

Je vais enfoncer deux portes ouvertes. Adaptabilité, évidemment. On est sur une cible jeune, donc ça bouge très, très vite.

Mais ça bouge très vite, quelles que soient les cibles aussi, mais particulièrement sur cette cible qui a plus d’agilité à partir sur d’autres territoires et sur d’autres réseaux. Ça va très vite. Effectivement, il y a trois ans, TikTok, ok, on voyait le truc arriver, mais ça n’a rien à voir avec ce que c’est aujourd’hui.

La preuve, je crois que 100% des candidats aux présidentielles étaient sur TikTok, ont communiqué sur TikTok. Alors, on pourrait parler de la qualité de cette communication-là, c’est pas la question, mais si ils y sont, c’est quand même que… Donc, adaptabilité, anticipation, très bête, organisation, anticipation.

Mais surtout, je pense que le troisième terme, je vais revenir sur cette question de web-citoyenneté et, encore une fois, d’éducation médiatique à l’information, un jeune, et un adulte, c’est pareil, une personne plus âgée, c’est pareil, qui est en capacité de faire le tri de ces informations, qui est en capacité de discerner que l’information qui est envoyée sur Instagram par Info Jeune Pays de la Loire ou par un média d’information avec un travail derrière, elle est quand même beaucoup plus fiable que l’information qui est envoyée par Lulu44 ou autre, sur Twitter. C’est très schématique, ce que je vous dis, mais c’est un enjeu de société énorme pour nos démocraties, pour la société, et on est en train, des petites gouttes d’eau dans des océans, on est bien conscients de ça, mais on essaye en tout cas de construire la citoyenneté de ces jeunes à travers cette question de l’information. C’est bien de terminer par ça.

Ouais, c’est ça. C’est une bonne conclusion. Merci.

[Gwen] Merci beaucoup à toi d’être venu. Merci beaucoup. Merci à toi aussi, Bryan, d’être toujours à mes côtés.

Et puis, du coup, je te dis à bientôt, peut-être ?

[Pierre-Adrien] À très bientôt, et merci pour ce que vous faites. Merci pour tout. [Gwen] Bonne fin de journée, et à bientôt pour un prochain épisode du Pod. Quelques mots avant de se quitter. Tout d’abord, vous pouvez retrouver cet épisode sur le blog de l’agence www.keepitsimple.fr, rubrique podcast, ou sur nos réseaux sociaux. Ensuite, n’hésitez pas à nous faire vos retours sur le Pod en nous écrivant à l’adresse podcast.Ouest.digital. Nous serions ravis de savoir ce que vous aimez, ce que nous pourrions améliorer, les thématiques qui vous intéressent, ou les invités que vous voudriez entendre. Merci beaucoup pour cet échange. Je vous dis à très bientôt pour un nouvel épisode du Pod.
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